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[archive] Le baccalauréat 2008
Discours - Xavier Darcos - 03/06/2008

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Alors que le système éducatif célèbre cette année le bicentenaire du baccalauréat, Xavier Darcos a exposé aujourd'hui les nouveautés de la session 2008. Ces nouveautés concernent les épreuves elles-mêmes mais également le calendrier du baccalauréat qui a été modifié permettant une « reconquête du mois de Juin » pour les élèves et leurs enseignants. De plus, ce discours a été l'occasion pour Xavier Darcos d'exposer les objectifs et les principes de la réforme du lycée général et technologique qui sera menée à son terme en 2012.

Seul le prononcé fait foi

Mesdames et messieurs,

Entre le 16 juin, date du début des épreuves pour les filières générales et technologiques et le 11 juillet, date de la fin de la session, les candidats au baccalauréat 2008 vont vivre un moment doublement important :

- Cette période est, bien entendu, décisive pour eux car ils vont affronter des épreuves auxquelles ils se préparent depuis de longs mois. Passer le bac est un moment important dans une vie et nous savons tous l'appréhension que peuvent ressentir les lycéens de première et de terminale à quelques jours du début des épreuves. Je veux d'emblée leur adresser mes vœux de réussite les plus sincères. Je veux également leur dire que le travail fourni depuis le début de l'année est le meilleur gage de leur réussite à venir.

- Cette période est également particulière pour le système éducatif lui-même, qui célèbre, cette année, le bicentenaire du baccalauréat.

Les premiers candidats de l'histoire du baccalauréat auraient sans doute bien du mal à reconnaître l'examen d'aujourd'hui, enrichi par deux siècles de mutations et d'adaptations progressives. Mais les auteurs du décret impérial du 17 mars 1808 seraient sans doute fiers de constater qu'à travers deux empires, autant de monarchies et plusieurs républiques, le baccalauréat a su rester un symbole d'unité nationale, de continuité de l'Etat et d'excellence universitaire, tout en incarnant la démocratisation de l'accès au savoir.

Là où 31 candidats avaient obtenu leur diplôme en 1808, ce sont plus de 500 000 lycéens qui ont réussi leur baccalauréat l'an passé. L'allongement progressif de la durée de la scolarité obligatoire ainsi que la création du baccalauréat de l'enseignement technique en 1968 et du baccalauréat professionnel en 1985 ont rythmé l'élargissement progressif du cercle des bacheliers.

Celui-ci s'est également accompagné d'un accroissement continu du nombre de bachelières. Tout le monde sait que Julie Daubié fut la première bachelière en 1861, après être parvenue à vaincre les réticences masculines, y compris ministérielles. En revanche, on sait moins qu'il a fallu un siècle pour atteindre, dans le courant des années 1960, la parité entre bacheliers et bachelières. Depuis, les jeunes filles n'ont cessé d'être majoritaires, notamment parmi les bacheliers de la filière générale.

Vous le voyez, mesdames et messieurs, le baccalauréat est un véritable lieu de mémoire, mais il ne faut pas pour autant oublier que l'Education nationale et tous les candidats lui offrent, chaque année, une nouvelle jeunesse.

En 2008, 615 625 élèves de Terminale se présentent au baccalauréat, soit une baisse de près de 1% par rapport à la session 2007. Plus de la moitié d'entre eux, 53 % exactement, sont candidats à l'obtention d'un baccalauréat général ; 27 % se présentent au baccalauréat technologique et 20 % au baccalauréat professionnel.

A ces candidats inscrits en classe de Terminale, il convient d'ajouter les 482 939 élèves de 1èreinscrits aux épreuves anticipées et dont le nombre est également en régression par rapport à la session 2007, effet de la variation démographique des effectifs scolaires dont personne ne saurait contester la réalité.

Cette année, ce sont plus de 4 800 sujets qui ont été élaborés pour les différentes sessions, en métropole, outre-mer et dans les centres à l'étranger. Ils donneront lieu à environ 4 millions de copies. Au total, ce sont près de 150 000 correcteurs et examinateurs qui vont être mobilisés dans plus de 3 800 centres d'examen pour évaluer les candidats.

La session 2008 comprend également quelques nouveautés dont je veux vous dire un mot. Deux d'entre elles me semblent particulièrement importantes :

1. Pour la première fois, une épreuve orale facultative de Langue des signes française (L.S.F.) est proposée aux élèves de Terminale des séries générales et de la série technologique « Hôtellerie ». Cette année, un peu moins de 200 candidats ont choisi de se présenter à cette épreuve, qui sera proposée, l'an prochain, aux élèves de toutes les séries technologiques. En valorisant l'apprentissage de la langue des signes, l'Education nationale souhaite donc prolonger les actions engagées en faveur de l'accueil et de l'accompagnement des jeunes handicapés à l'école : elle apporte également sa contribution à l'effort national en faveur de l'intégration des personnes handicapés.

2. L'autre nouveauté, c'est l'évolution du baccalauréat professionnel qui propose désormais treize nouvelles spécialités. Neuf d'entres elles correspondent à des rénovations qui prennent acte des mutations professionnelles contemporaines. Les quatre autres sont des créations nouvelles destinées à répondre aux besoins nouveaux de notre économie, dans des domaines comme le nucléaire ou l'aérospatiale.

Voici donc, mesdames et messieurs les chiffres clés et les principales nouveautés du baccalauréat 2008. Vous le voyez, année après année, le baccalauréat ressemble étrangement au rêve verlainien : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Mais en 2008, la conférence de presse consacrée au baccalauréat ne saurait se limiter à l'exposé du nombre de candidats par filière et par série. Elle ne peut non plus se borner à l'énoncé des nouvelles épreuves proposées aux lycéens de première et de terminale.

En effet, cette traditionnelle conférence de presse prend une dimension particulière car, au-delà même du bicentenaire de l'examen, la session 2008 du baccalauréat est doublement originale.

  • elle s'accompagne d'abord de l'expérimentation d'une nouvelle organisation de l'examen qui permettra de rendre aux lycéens le temps d'apprentissage dont ils étaient privés en raison du déroulement des épreuves au sein même des établissements.
  • elle fait suite à un important mouvement de lycéens qui ont exprimé, au cours des dernières semaines, leur insatisfaction et leur inquiétude devant la façon dont le lycée actuel les prépare à cet examen et aux études supérieures dont il est la porte d'entrée.

Reconquête du mois de juin

Je voudrais tout d'abord, revenir sur ce qu'on a appelé la « reconquête du mois de juin ». Jusqu'à présent, l'organisation des épreuves au sein même des lycées ou des cités scolaires se traduisait par la diminution, voire l'arrêt des cours, dans ces établissements dès le début du mois de juin, voire la fin du mois de mai. Pour les lycéens, c'est une perte d'un mois d'enseignement chaque année, soit l'équivalent d'un trimestre sur la durée du lycée. Pour les enseignants, cette situation entraîne une contrainte intenable pour achever les programmes scolaires dans les temps. Et pour le système éducatif, c'est près d'un milliard d'euros de dépenses qui ne sont pas directement utiles aux élèves. J'ai voulu montrer qu'on pouvait s'organiser autrement pour rendre ce temps d'enseignement aux élèves et à leurs professeurs.

La session 2008 a donc été retardée d'une semaine par rapport au calendrier habituel pour allonger, partout en France, le temps d'apprentissage de nos élèves.

En outre, en 2008 ce sont donc les conditions d'organisation de l'examen elles-mêmes qui évoluent avec l'expérimentation du dispositif de reconquête du mois de juin menée dans 15 départements pilotes, ceux des académies de Rouen, Dijon, Amiens, Besançon ainsi que les départements du Vaucluse et de la Lozère.

Cette expérimentation, dont les modalités varient en fonction des contextes locaux, est guidée par quatre principes directeurs :

1. Les locaux d'examen sont choisis de manière à éviter la fermeture des établissements et ainsi à faciliter la poursuite des cours.

2. La surveillance des épreuves est assurée par des personnels non-enseignants ou des vacataires afin de permettre aux enseignants d'assurer leurs cours jusqu'à la fin de l'année.

3. La rémunération liée à la correction des copies d'examen est substantiellement revalorisée afin d'être réellement à la hauteur du travail fourni par les professeurs en plus de la poursuite de leur activité d'enseignement. Elle passe ainsi de 1,06€ ou 1,32€, après abattement, à plus de 5€.

4. Les indemnités versées aux personnels de direction et aux gestionnaires d'établissements, à l'occasion des opérations du baccalauréat dans les centres d'examen, sont majorées de 100%.

Annoncée en décembre dernier, cette expérimentation a fait l'objet d'un travail en profondeur depuis six mois dans chacun des départements concernés. Si elle permet d'atteindre les résultats que nous en attendons, elle sera généralisée pour la session 2009 du baccalauréat.

Réforme du lycée

Et puis, bien sûr, comment parler du baccalauréat sans parler du lycée lui-même ? Depuis un an, vous m'avez souvent interrogé sur une éventuelle réforme du bac. Je vous ai systématiquement répondu que le baccalauréat devait demeurer cet examen national consacré par l'histoire, ce premier grade universitaire auquel le système éducatif a réussi à faire parvenir de plus en plus d'élèves, cette charnière essentielle entre le cycle secondaire et l'enseignement supérieur.

Je veux préciser aujourd'hui ma pensée. S'obstiner à vouloir réformer le baccalauréat, c'est s'empêcher de réformer efficacement le lycée. Or le problème de notre système éducatif n'est pas le baccalauréat, qui reste un examen de bon niveau, mais le problème du lycée, dont les anciens élèves redoublent, dans près d'un cas sur deux, au cours des deux premières années de l'enseignement supérieur. Ne brisons pas une icône dont nous avons perdu le sens, et tâchons plutôt de redonner au lycée sa vocation de préparation aux études supérieures, dont le baccalauréat marque d'ailleurs le début.

Le Président de la République a eu l'occasion de préciser, hier, quels étaient les enjeux de cette réforme du lycée. Nous l'avons déjà amorcée avec la réforme de la voie professionnelle qui, avec le cursus unifié en trois ans et le maintien du BEP, donnera accès au baccalauréat dans les mêmes conditions que les filières d'enseignement général et technologique même si j'ai entendu et répondu positivement à la demande des lycéens de mettre en œuvre un dispositif de soutien pour les élèves les plus faibles - ceux qui d'ailleurs quittaient généralement le lycée avant d'avoir obtenu le baccalauréat.

A la rentrée 2008, l'expérimentation se poursuit avec un accroissement du nombre des baccalauréats en trois ans. La rentrée 2009 marquera, quant-à elle, la mise en place du cycle de référence en 3 ans pour tous les baccalauréats professionnels. Elle verra également, en accord avec les organisations lycéennes et le CNVL, la création d'une session de rattrapage pour le baccalauréat professionnel. Ainsi, l'égalité entre tous les candidats au baccalauréat sera enfin obtenue.

Un immense chantier s'ouvre devant nous avec la réforme du lycée d'enseignement général et technologique, dont le Président de la République a rappelé les objectifs : sortir du cloisonnement actuel entre les différentes filières, offrir aux lycéens la possibilité d'acquérir une forme d'autonomie en composant plus librement leur parcours scolaire, aller vers une forme d'excellence que le lycée actuel a cessé d'incarner. Vous le voyez, la question des évolutions qui pourront être apportées au baccalauréat ne se posera qu'après, une fois que nous aurons achevé notre réflexion sur la réorganisation des filières.

Cette réforme devra être menée, sur la base des orientations définies par le Président de la République, par la discussion la plus ouverte et la concertation la plus large. C'est pour cette raison que j'ai confié à Monsieur Jean-Paul de Gaudemar, recteur de l'académie d'Aix-Marseille, la mission de préparer, avec l'ensemble des partenaires concernés, l'élaboration du nouveau lycée général et technologique dont notre pays a besoin. Je lui ai, notamment, demandé de dégager de ses consultations les grandes lignes d'un diagnostic partagé et d'un projet d'ensemble recueillant le consensus le plus large possible.

A mon sens les objectifs de la réforme du lycée sont au nombre de quatre :

1. Le premier, c'est de garantir la poursuite d'études dans l'enseignement supérieur. En effet, aujourd'hui, près de 50 % des étudiants sont en difficulté dans le premier cycle du supérieur et près d'un étudiant sur trois ne parvient pas à obtenir une licence. Valérie Pécresse travaille sur cette question avec le plan licence, mais il faut bien voir que cet échec est aussi celui du lycée qui prépare insuffisamment ses élèves à réussir dans le supérieur. Une réforme du lycée est donc nécessaire pour atteindre l'objectif de 50% d'une classe d'âge diplômée de l'université.

2. Le second objectif, c'est d'assurer la réussite scolaire de tous les lycéens. En effet, le taux de redoublement, qui est aujourd'hui de 15% en classe de seconde est beaucoup trop élevé. Il faut donc réduire le poids des déterminismes sociaux et venir en aide aux élèves les plus fragiles.

3. Le troisième objectif, c'est de permettre à chaque élève de mieux choisir son orientation. J'ai la conviction profonde que le lycée doit devenir le lieu d'une réelle liberté pour les lycéens, ce qui suppose de leur offrir des parcours plus souples et plus diversifiés, qui évitent l'enfermement précoce dans des filières dont la sélectivité n'a guère de rapport avec les choix d'orientation qu'elles entraînent.

4. Le quatrième et dernier objectif de la réforme, c'est de donner de nouvelles marges d'autonomie aux établissements afin de leur donner les moyens de s'adapter véritablement aux particularités de leur public et d'offrir à leurs élèves l'accompagnement et l'autonomie auxquels ils aspirent.

A ces quatre objectifs répondent quatre principes directeurs que je veux exposer devant vous :

1. Il nous faut d'abord concevoir une nouvelle approche de l'organisation des études pour les lycéens. Cela suppose de passer un nouveau contrat entre le lycée et ses élèves afin d'aider ces derniers à devenir à terme des étudiants. Cela suppose aussi d'imaginer un nouveau cadre de travail plus personnalisé, qui différenciera plus nettement le temps consacré aux cours, de celui voué au travail sur projet ou à l'approfondissement et enfin du temps dégagé pour l'accompagnement éducatif. Cela suppose enfin de concevoir de nouvelles modalités pour la remise à niveau qui aura pour but d'éviter au maximum le redoublement.

2. Il nous faut aussi imaginer une nouvelle organisation des parcours scolaires au lycée. Pour y parvenir, il sera donc nécessaire d'établir de nouveaux parcours qui devront également être ajustables aux aspirations, aux besoins et aux capacités des élèves. Il sera également nécessaire de veiller à la mise en place de passerelles pour faciliter les réorientations en cours de parcours.

3. Il nous faut ensuite nous accorder sur une nouvelle conception du métier d'enseignant qui permette de conforter la nécessaire liberté pédagogique, d'installer des relations nouvelles avec les élèves et de développer le travail en équipe disciplinaire et interdisciplinaire. Il m'apparaît également important que des liens plus forts soient noués avec l'enseignement supérieur afin de mieux préparer l'avenir de nos élèves.

4. Enfin, il nous faut définir une modernisation du fonctionnement des établissements, qui passe d'abord par une répartition équitable des options et de l'offre éducative. Cela passe ensuite par la délimitation précise de la capacité d'auto-organisation des établissements.

Vous le voyez, mesdames et messieurs, la tâche est immense mais exaltante car il s'agit de donner à notre pays le lycée qu'il mérite et d'assurer la réussite de tous nos lycéens.

Mon objectif est de mettre en place la nouvelle classe de seconde à la rentrée 2009. Elle sera suivie en 2010 de la nouvelle première et en 2011 de la nouvelle terminale. Au total, et le Président de la République l'a rappelé hier, la réforme du lycée général et technologique aura été menée à son terme en 2012.

Au terme de cette réforme, je suis convaincu que le baccalauréat sera très largement renforcé en sa qualité de premier grade de l'Université car les lycéens seront mieux préparés à affronter les défis qui les y attendent.

Pour le moment, à quelques jours du début des épreuves du baccalauréat 2008, je tiens à renouveler mes vœux de succès à tous les candidats. J'adresse également des encouragements sincères à leurs familles car je sais que cette période est difficile pour elles aussi. Je remercie enfin les enseignants, les chefs d'établissement et tous ceux qui, au sein de l'Education nationale, ont travaillé d'arrache-pied, pour que le baccalauréat puisse se dérouler, cette année encore, dans les meilleures conditions possibles. Bon bac à tous !

Je vous remercie !

 

Mise à jour : décembre 2009

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