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[archive] Xavier Darcos à l'École supérieure de l'Éducation nationale (ESEN)
Discours - Xavier Darcos - 28/01/2008

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Le 28 janvier, à l'École supérieure de l'Éducation nationale, Xavier Darcos a insisté sur le rôle grandissant de l'évaluation dans le système éducatif et du travail des enseignants. Le ministre a rappelé certaines priorités aux corps d'inspection : la réorganisation du temps scolaire, la rénovation de l'enseignement professionnel, la revalorisation du métier d'enseignant.

Madame la Directrice de l'encadrement,
Monsieur l'Inspecteur général, directeur de l'ESEN,
Mesdames et Messieurs les personnels d'encadrement stagiaires de l'Education nationale,
 
Peu d'observateurs du système scolaire se posent cette question pourtant essentielle : que serait une administration de plus d'un million de fonctionnaires, accueillant chaque jour près de douze millions d'usagers, sans la présence d'un encadrement efficace et dévoué ?

Que deviendrait la liberté pédagogique des enseignants, à laquelle je suis très attaché, s'ils n'avaient pas la possibilité d'être évalués régulièrement par des inspecteurs spécialistes de leur discipline ?
Serions-nous aussi attachés à l'autonomie des établissements si nous ne pouvions compter sur la capacité des personnels de direction et des inspecteurs chargés de la vie scolaire ?

Où se perdraient les impulsions ministérielles sans le relais indispensable des services déconcentrés de l'Education nationale ?
Et que saurait le ministre de l'état du terrain, en dehors de son expérience personnelle, s'il ne pouvait compter sur la vigilance de ses recteurs et de ses inspecteurs d'académie ?

Vous qui avez choisi de devenir inspecteurs d'académie, inspecteurs de l'Education nationale ou conseillers d'administration scolaire ou universitaire, vous connaissez l'importance et la difficulté des fonctions que vous occuperez lorsque vous aurez achevé votre formation à l'ESEN.

Je suis venu vous dire qu'elles seront encore plus décisives au cours des mois et des années à venir, car mon intention n'est pas seulement de faire en sorte que l'Education nationale fonctionne bien, ou un peu mieux, mais qu'elle redevienne la clé de tous les progrès de notre société.

Je ne peux pas me résoudre à ce que, chaque année, des rapports officiels et des enquêtes internationales pointent du doigt l'incapacité de notre école à endiguer l'échec scolaire et son recul dans les classements internationaux. L'école française ne devrait avoir de place qu'au premier rang !
Je ne peux pas me résoudre à ce que l'école ne soit plus présentée comme le rempart à tous les déterminismes, mais comme un lieu de reproduction des injustices sociales. Là n'est pas le projet scolaire auquel nous sommes tous attachés !
Je ne peux pas me résoudre à ce que, pour 150 000 élèves chaque année, dix années de scolarité obligatoire s'achèvent par un échec, malgré tout le dévouement des personnels chargées de leur formation et de leur orientation. L'échec scolaire n'est pas une fatalité !

Parce que nous voulons tous la réussite de l'école, et avant tout celle des élèves, nous ne devons pas avoir peur de la voir évoluer, revoir ses priorités, changer ses pratiques, lui fixer de nouvelles ambitions.
Car l'institution scolaire n'est pas cette grande masse immobile que se plaisent à décrire tous ceux qui ne connaissent pas sa formidable capacité à se transformer pour répondre aux attentes de la société. Mais elle a connu trop de réformes d'un jour, trop d'élans vite retombés, trop de circulaires répétant des circulaires identiques, pour ne pas être vigilante sur la portée réelle des intentions de ceux qui la dirigent.

Aujourd'hui l'école est au cœur d'un projet de société, porté par le Président de la République, qui veut réconcilier l'égalité des chances, le mérite et l'excellence. C'est une nécessité pour permettre à chaque Français, quelle que soit sa place dans la société, de pouvoir tirer parti de la globalisation des rapports humains et de ne pas rester à l'écart de la société de la connaissance qui requiert des qualifications toujours plus élevées.

Pour relever ces enjeux, la politique que je conduis a trois grandes priorités : redonner à la scolarité obligatoire un sens et une cohérence, pour que chaque élève maîtrise parfaitement les connaissances et les compétences fondamentales qui lui seront nécessaires tout au long de sa vie ; donner à chaque élève les mêmes chances d'acquérir une qualification reconnue dans l'enseignement professionnel ou dans l'enseignement supérieur ; rétablir l'égalité des chances entre tous les élèves, quelle que soit leur origine sociale ou leur condition physique.

La période de la scolarité obligatoire fait peser sur nous un véritable impératif de réussite, car c'est elle qui détermine la performance globale de notre système éducatif. A mesure que les niveaux de qualification s'élèvent, la persistance d'un taux d'échec scolaire fort à l'issue de l'école primaire devient encore plus alarmante.

Que deviendront les 40% des élèves qui ne maîtrisent pas parfaitement la lecture et l'écriture au terme de cinq années d'école primaire et les 15% des élèves qui ne les maîtrisent quasiment pas, dans une société de technologie avancée, où la moindre production industrielle suppose la maîtrise de logiciels de commandes numériques ?
Quelle chance de progrès laissons-nous à ceux qui sortent de l'école avec si peu de vocabulaire, et tant de lacunes grammaticales, qu'ils ne parviendront pas à exprimer correctement leurs pensées, leurs attentes, leur colère aussi d'avoir été laissés sur le bord du chemin ?

C'est la raison pour laquelle je souhaite que nous fassions porter nos efforts en priorité sur l'école primaire, comme l'a indiqué le Président de la République à l'occasion de sa conférence de presse de janvier 2008. Je veux mettre fin à ce curieux paradoxe d'une école primaire qui a l'un des volumes horaires annuels les plus élevés au monde pour des résultats qui se situent à peine dans la moyenne des pays développés. Je présenterai très prochainement les détails de mon plan pour l'école primaire, mais je veux dès aujourd'hui vous en présenter quelques axes directeurs.

Dès l'année prochaine, l'organisation des cours se déroulera du lundi au vendredi et les cours du samedi matin seront supprimés pour laisser aux familles le temps partagé qu'elles réclamaient depuis des années. L'allègement du volume horaire des élèves permettra ainsi à la France de se rapprocher de la moyenne européenne tout en dégageant un potentiel d'heures qui seront réutilisées pour apporter une aide individualisée en français et en mathématiques pour les élèves qui rencontreraient des difficultés dans l'apprentissage de ces disciplines.
Les modalités de report de ces heures sur le reste de la semaine font actuellement l'objet de discussions avec les syndicats enseignants, qui en ont d'ores et déjà acté le principe dans un protocole de discussion signé de façon majoritaire au mois de novembre.
A cela s'ajouteront des stages de remise à niveau qui seront proposés aux élèves en difficulté pendant les congés scolaires. Ces stages d'une semaine se mettront en place dès les congés de printemps 2008 ainsi que pendant les grandes vacances et seront assurés par des enseignants volontaires payés en heures supplémentaires.

Dans ce cadre horaire plus rationnel, les enseignements suivront des programmes rénovés qui seront plus clairs, plus précis, plus détaillés. Ces programmes, qui entreront en vigueur dès la rentrée 2008, traduiront un niveau d'exigence élevé mais réaliste, en accord avec le socle des fondamentaux.
Ils constitueront une véritable aide pour les maîtres avec, en français et en mathématiques notamment, une progression très claire du CP au CM2.

Je veux mettre fin aux clivages et aux affrontements idéologiques qui suivent habituellement toute nouvelle édition des programmes scolaires, pour rétablir un consensus très large autour des connaissances qui doivent être transmises par l'école.

Ce consensus doit pouvoir s'appuyer sur des évaluations objectives, régulières, transparentes, des résultats obtenus par les élèves. Je souhaite mettre en place une double évaluation, pour les classes de CE1 et de CM2, qui aura lieu en milieu d'année. Ces évaluations permettront de voir comment chaque élève se situe par rapport aux objectifs définis dans les nouveaux programmes et de remédier, le cas échéant, aux difficultés constatées. Les résultats obtenus par chaque école seront mis en ligne sur Internet pour permettre aux parents d'en avoir connaissance.
Ces évaluations, dont nous effectuerons une synthèse nationale, nous permettront aussi de ne plus dépendre des seules études internationales pour juger des progrès accomplis par notre école.

Naturellement, j'attends beaucoup des inspecteurs de l'Education nationale pour accompagner les professeurs des écoles dans la mise en œuvre de ces nouveaux programmes et des évaluations qui les accompagnent. Je souhaite que vous vous exprimiez et que vous trouviez des relais dans les médias quand le débat sur les programmes scolaires du primaire va s'ouvrir.
Il ne faut pas qu'on entende dans ce débat uniquement la voix de ceux qui font profession de nier les ambitions de l'école.

Je suis persuadé que les progrès que nous ferons accomplir à l'école primaire rendront caduque la question du collège unique. Car si le collège doit aujourd'hui faire face à une telle hétérogénéité des niveaux scolaires, c'est bien parce que les élèves qui sortent de l'école primaire sont loin d'être égaux dans leur maîtrise des connaissances et des compétences fondamentales ! Naturellement, je poursuivrai et j'approfondirai la logique des programmes personnalisés de réussite éducative, créés par la loi Fillon sur l'avenir de l'école, qui apportent une vraie valeur ajoutée aux élèves en difficulté.

Au terme de la scolarité obligatoire, chaque élève doit pouvoir s'orienter vers une voie qui lui permettra de préparer efficacement son entrée dans l'enseignement supérieur ou dans le monde du travail.

Le monde du travail a considérablement évolué depuis 1985, date de la mise en place de notre structure de formation professionnelle. Il s'appuie sur des niveaux de qualification beaucoup plus élevés qu'autrefois et privilégie la formation au plus près des réalités du terrain. Nous devons prendre acte de ces évolutions pour réduire le décalage qui s'est créé entre les caractéristiques de notre offre de formation et celle de la demande sur le marché du travail. Nous ne pouvons plus ignorer, par exemple, que le marché du travail ne peut accueillir chaque année que 75 000 jeunes titulaires d'un diplôme de niveau 5 alors que nous en formons 125 000. Nous ne pouvons pas nous satisfaire non plus que moins d'un élève sur deux poursuive dans une filière de préparation au baccalauréat professionnel après son BEP, alors que ce devrait être le cas pour une très large majorité d'entre eux.

C'est la raison pour laquelle je veux renforcer l'attractivité, la lisibilité et l'efficacité de notre offre de formation professionnelle. Je veux d'abord améliorer la qualité de l'information dont disposent les élèves pour effectuer leurs choix d'orientation.

Dès la rentrée 2008, des parcours de découverte des métiers seront mis en place à partir de la classe de cinquième. Ils seront complétés par l'option de découverte professionnelle qui sera proposée dans tous les collèges en classe de troisième.

Parallèlement à cela, j'ai souhaité que tous les élèves de quatrième visitent un lycée général et technologique, un lycée professionnel et un centre de formation d'apprentis.

Je ne veux plus que l'orientation soit synonyme de relégation ou d'obligation, mais qu'elle rime avec adhésion !
Je souhaite que les futurs inspecteurs de l'Education nationale-enseignement général/enseignement technique (IEN-ET/EG) et les inspecteurs de l'Education nationale chargés de l'information et de l'orientation (IEN-IO) qui sont parmi vous soient à l'avant-garde de ce regard nouveau posé sur la voie professionnelle et sur les filières de l'enseignement technologique.

J'ai également indiqué que je souhaitais donner une nouvelle impulsion à l'expérimentation du baccalauréat professionnel en trois ans qui est conduite depuis 2001, qui a montré son efficacité puisque 80% des élèves engagés dans ce cursus ont présenté le diplôme au bout de trois ans une proportion qui est le double de celle observée aujourd'hui avec le dispositif en quatre ans.
Tout en veillant à réaffirmer la place du CAP comme diplôme d'insertion professionnelle, je souhaite donc que le baccalauréat professionnel en trois ans après la classe de troisième devienne la référence pour l'obtention d'un niveau IV de formation. Bien entendu, il sera toujours possible d'obtenir un BEP rénové au cours de ce cursus en trois ans.

Je mesure l'ampleur des changements que cela implique, et c'est pourquoi je souhaite que la généralisation du baccalauréat professionnel en 3 ans n'intervienne qu'à la rentrée 2009, afin que nous puissions définir ensemble les modalités de son application tout au long de l'année 2008.
Comme vous le savez, j'ai signé le 18 décembre dernier un protocole d'accord avec les syndicats majoritaires de l'enseignement professionnel, qui nous permettra d'aborder de manière constructive l'organisation pédagogique des nouveaux cursus et la place des diplômes de niveau 5 au sein de cette voie professionnelle rénovée. Naturellement, je veillerai à associer à notre réflexion les commissions professionnelles consultatives.

Les élèves des lycées d'enseignement général et technologique doivent avoir toutes leurs chances de réussir leur parcours universitaire lorsqu'ils ont obtenu le baccalauréat. Or si le taux d'accès au baccalauréat a fortement progressé au cours des deux dernières décennies, le taux d'échec au cours du premier cycle universitaire reste lui aussi très élevé puisqu'il concerne près d'un étudiant sur deux.
Aussi, le mot d'ordre de faire parvenir « 80% d'une classe d'âge au baccalauréat » reste-t-il un objectif flatteur pour le lycée, mais trompeur pour l'enseignement supérieur qui voit chaque année cette réussite apparente se muer en échec.

Je souhaite que nous ayons une réflexion sans tabou sur le déséquilibre qui s'est créé entre les différentes filières du baccalauréat, accentuant le fossé qui sépare l'enseignement secondaire de l'enseignement supérieur que tout, pourtant, devrait contribuer à rapprocher. Le rôle des filières du lycée n'est pas de constituer des classes d'élite, comme c'est aujourd'hui le cas avec la filière scientifique, mais de donner aux élèves le goût, les connaissances et les méthodes des études qu'ils pourront entreprendre par la suite.

Il ne s'agit pas naturellement de procéder à une présélection des élèves dès le lycée, mais de rétablir une cohérence qui s'est progressivement perdue, à l'avantage exclusif des élèves des séries scientifiques. Je veux, au contraire, que toutes les filières du lycée soient des voies d'accès aux filières d'excellence du supérieur.

Alors naturellement, votre rôle sera essentiel dans la mise en œuvre de ces réformes que je crois justes et nécessaires car l'Education nationale a besoin de cadres pour mener et accompagner le changement. Ces évolutions doivent être pour vous autant d'opportunités de faire évoluer vos pratiques et vos carrières et je serai vigilant à ce que vous y soyez constamment associés.

Ce changement, les conseillers d'administration scolaire et universitaire le connaissent mieux que quiconque puisque leur métier se transforme, donnant naissance aux administrateurs de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur. Je veillerai à ce que l'affectation de votre promotion, qui sera la dernière du corps des CASU, se passe dans les meilleures conditions possibles et je sais pouvoir compter pour cela sur le concours de la direction de l'encadrement en lien avec les académies. Vous pouvez être confiants dans vos perspectives de carrière au sein de l'Education nationale : le renforcement de l'encadrement administratif à côté de l'encadrement pédagogique est indispensable pour prendre en charge les responsabilités renforcées liées à la déconcentration et à la recherche de performance du système éducatif.

J'attends aussi beaucoup des corps d'inspection dont le rôle d'évaluation, d'animation, de formation et d'expertise sera essentiel dans la conduite du changement. Je sais naturellement que le travail d'un IEN n'est pas celui d'un IA-IPR, que les contraintes territoriales des uns ne sauraient être confondues avec les difficultés disciplinaires des autres, mais je sais aussi que les uns et les autres partagent la même capacité d'impulsion, la même déontologie rigoureuse, la même exigence intellectuelle faite d'une expertise régulièrement entretenue et actualisée au contact du terrain.

Vos responsabilités sont d'ailleurs renforcées et les évaluations qui rendent compte de votre performance tous les 3 à 5 ans permettent de mesurer la qualité du travail accompli sur le terrain.

Votre rôle sera d'autant plus important que l'évaluation à l'école est à l'aube de grands changements. Il y a naturellement la question de l'évaluation globale du système, à laquelle se consacrent les deux inspections générales du ministère avec lesquelles vous travaillerez de façon quasi-quotidienne. Mais nous devons surtout redéfinir la façon dont nous évaluons le travail des enseignants. Cette réflexion, qui touche au cœur du métier d'inspecteur, a d'ailleurs été engagée dans le cadre de la commission Pochard sur la redéfinition du métier d'enseignant.

Il existe actuellement deux pistes de réflexion. La première est liée au plan primaire mais la dépasse largement : il s'agit de tirer toutes les conséquences de la liberté pédagogique que je souhaite garantir aux enseignants. J'ai toujours dit que je préférais évaluer les résultats plutôt que d'inspecter la conformité des méthodes employées aux injonctions ministérielles.

Cela suppose de réorienter l'évaluation vers les acquis et la progression des élèves. Il s'agit d'une révolution copernicienne, qui suppose que l'inspecteur soit face à la classe pour en observer les réactions. Nous allons ouvrir prochainement une réflexion sur les modalités de mise en œuvre de cette réforme et je souhaite que les stagiaires de l'ESEN puissent y apporter toute leur contribution.

Dans le second degré, je veux réfléchir au rôle respectif de l'IA-IPR et du chef d'établissement dans le processus d'évaluation, afin que celle-ci prenne en compte non seulement la qualité disciplinaire des enseignants, mais aussi leur capacité à animer une équipe pédagogique, à conduire des projets avec des élèves, à s'impliquer dans la vie de l'établissement. Je veux que les enseignants soient récompensés de leurs efforts et nous devons pour cela croiser les regards de l'inspecteur responsable de leur discipline comme du chef d'établissement chargé du bon fonctionnement de l'équipe pédagogique.

Mesdames et Messieurs,
Comme vous le voyez, l'Education nationale a plus que jamais besoin d'être pilotée vers la performance du système et la réussite des élèves. C'est à cette tâche, difficile mais passionnante, que vous prépare l'Ecole supérieure de l'Education nationale. Je souhaite qu'elle vous apporte tout le soutien nécessaire, comme vous pourrez compter sur le mien lorsque vous aurez rejoint vos fonctions.

Je vous remercie.

Mise à jour : février 2010

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