Aujourd'hui, environ 15 % des élèves qui quittent l'école primaire connaissent de graves lacunes dans les domaines de la lecture, de l'écriture et des mathématiques. Cette proportion est d'autant plus préoccupante qu'elle souligne une forme d'exception française : dans l'enquête internationale PIRLS, dont les résultats ont été publiés fin novembre, la France se classe en dessous de la moyenne des pays comparables de l'O.C.D.E. et en dessous de la moyenne européenne, alors même qu'elle est l'un des pays où le nombre d'heures de cours est le plus élevé et la scolarité la plus précoce.
Cette situation peut être expliquée par la conjonction de trois facteurs :
La lutte contre l'échec scolaire doit être le premier objectif de l'école primaire. Les mesures proposées par le ministre de l'Éducation nationale visent un objectif précis : diviser par trois le nombre d'élèves en difficulté au cours des 5 prochaines années. Cela suppose de poursuivre trois grands axes :
Les programmes scolaires du primaire sont en cours de réécriture afin de donner à l'école des programmes clairs, lisibles par tous, favorisant la liberté pédagogique des maîtres tout en définissant avec précision des objectifs d'apprentissage pour chaque année scolaire. Ces nouveaux programmes seront présentés dans le courant du premier trimestre de l'année civile 2008.
Depuis la rentrée des vacances de la Toussaint , un dispositif original d'accompagnement éducatif est proposé aux collégiens volontaires inscrits dans des établissements relevant de l'éducation prioritaire.
Quatre jours par semaine, pendant une durée de deux heures après les cours, ces collégiens disposent, sur la base du volontariat, d'un temps consacré aux devoirs sous la direction d'adultes compétents, à l'exercice d'activités culturelles ou artistiques ou à une pratique sportive.
Pour assurer le succès de ce dispositif qui permet de réconcilier le temps de l'école et le temps des familles et contribue activement à la réduction des inégalités sociales, 140 millions d'euros lui sont consacrés par le projet de loi de finances 2008, 120 millions sont inscrits sur le budget de l'Éducation nationale et 20 sur celui du Centre national pour le développement du sport (C.N.D.S.).
Le bilan de cette première étape est très positif :
Les initiatives locales ont déjà permis l'extension du dispositif :
Le succès de cette opération et les initiatives locales constituent une invitation à accélérer l'extension du dispositif pour assurer la réussite de tous les élèves :
Le droit de grève reconnu aux enseignants est un droit fondamental, qui doit être reconnu et garanti. Mais la défense des intérêts professionnels, dont la grève est un des moyens, ne saurait cependant remettre en cause le droit des familles de poursuivre leur activité professionnelle lorsque leurs enfants n'ont pas cours.
Dans les établissements du second degré, les personnels d'encadrement organisent l'accueil des élèves durant les jours de grève. Les élèves peuvent donc, ces jours-là, fréquenter normalement leur établissement scolaire. La situation, cependant, est différente pour les écoles primaires, pour lesquelles l'opportunité de la mise en place d'un accueil est laissée à l'appréciation des municipalités et des équipes enseignantes.
Il existe par conséquent une très forte variété de situations sur le territoire français, dont résulte une très forte inégalité entre les familles qui bénéficient d'un service minimum d'accueil pour leurs enfants, et celles qui doivent assurer elles-mêmes leur garde ces jours-là, parfois au détriment de leur vie professionnelle.
En prévision du mouvement de grève du 20 novembre dernier, Xavier Darcos avait demandé aux recteurs de veiller, en liaison avec les services départementaux de l'Éducation nationale et les collectivités locales, à ce que les familles disposent de l'information la plus rapide et la plus complète sur l'état de fonctionnement de l'école ou de l'établissement scolaire de leur enfant. Il avait également indiqué le souhait qu'une solution d'accueil des enfants soit mise en place, chaque fois que possible.
Pour la rentrée 2008, Xavier Darcos souhaite rendre possible un service minimum d'accueil dans les écoles. Pour cela, le ministère de l'Éducation nationale engagera, au cours des prochaines semaines, une discussion avec les représentants des collectivités locales, des familles, et les partenaires sociaux, pour définir les modalités de ce service minimum
Ces discussions porteront notamment :
Afin que la mise en place du service minimum d'accueil ne coûte ni aux contribuables, ni aux collectivités locales, tout ou partie des retenues sur salaires opérées les jours de grève pourront être reversées aux communes volontaires qui participeront à l'organisation de ce service minimum d'accueil.
L'assouplissement de la carte scolaire décidé en juin 2007 a permis de rompre avec un système obsolète et inique. Grâce à cet assouplissement, près de 13 500 dérogations supplémentaires ont pu être accordées au collège et 8 500 au lycée par rapport à la rentrée 2006.
Le dispositif mis en uvre en juin 2007 n'a cependant constitué qu'une première étape puisqu'à la fin du mois de mai toutes les familles n'avaient pas encore conscience des enjeux de cette nouvelle liberté.
Par ailleurs, les nouveaux critères ne se sont appliqués qu'à un tiers des demandes de dérogation puisque près de 50 000 dérogations avaient déjà été attribuées avant la fin du mois de mai 2007 selon l'ancien système d'attribution.
Seconde étape vers la suppression de la carte scolaire, l'année 2008 permettra donc de mettre pleinement en uvre cette nouvelle liberté offerte aux familles tout en améliorant la mixité sociale des établissements.
Pour la rentrée 2008, une fois satisfaites les inscriptions dans les établissements de leur secteur , les recteurs et les inspecteurs d'académie auront pour instruction de répondre favorablement à toutes les demandes de dérogation à la carte scolaire dès lors qu'il y aura de la place dans l'établissement souhaité.
Si, dans un établissement donné, les demandes excèdent le nombre de places effectivement disponibles, les inspecteurs d'académie devront, pour assurer la mixité sociale, attribuer les dérogations selon les critères suivants :
Pour assurer le succès de cette seconde étape :
Les moyens des collèges qui ont perdu, en 2007, entre 5 et 10 % de leurs effectifs d'élèves entrant en 6ème en raison de l'assouplissement de la carte scolaire seront maintenus améliorant ainsi l'encadrement pédagogique dans l'établissement.
Les 30 établissements, généralement de banlieues, qui ont perdu plus de 10 % d'élèves entrant en 6 ème du fait de l'assouplissement de la carte scolaire, cumulent le plus souvent difficultés scolaires et difficultés sociales.
Ces 30 établissements bénéficieront d'un plan spécial d'attribution de 300 adultes supplémentaires à la rentrée 2008 (enseignants mais aussi infirmières scolaires s'ils n'en ont pas, assistants d'éducation, etc.) pour qu'ils puissent construire des projets d'établissement ambitieux. Cet effort sera poursuivi, si nécessaire jusqu'à diviser par deux le nombre d'élèves par professeur, mais devra s'accompagner d'une profonde modification des pratiques pédagogiques pour ramener l'excellence au cur des quartiers.
Mais si les résultats et le climat social de ces collèges ne s'améliorent pas de façon significative d'ici trois ans, des opérations de fermeture-reconstruction pourront être envisagées comme cela a été fait avec les logements dans le cadre des opérations de l'Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU).
L'enseignement professionnel scolarise aujourd'hui 30 % des lycéens. Avec les voies générale et technologique, elle constitue une filière à part entière du lycée : c'est la raison pour laquelle depuis 1985 elle conduit, elle aussi, à l'obtention d'un diplôme de niveau IV, le baccalauréat professionnel (bac pro) qui s'obtient en quatre ans (deux années de préparation à l'issue du B.E.P.), au lieu de trois ans pour les filières de l'enseignement général et technologique.
Force est de constater, cependant, que l'organisation du lycée professionnel est davantage tournée vers l'obtention des certifications de niveau V (C.A.P. et B.E.P.) plutôt que vers celle du bac pro. Aujourd'hui, moins d'un élève sur deux (46 %) s'oriente vers la préparation d'un baccalauréat professionnel après l'obtention d'un B.E.P , alors même que les perspectives d'insertion professionnelles sont meilleures après un bac pro qu'après un B.E.P.
Or les niveaux de qualification requis par le marché du travail sont souvent supérieurs à ceux de 1985. De plus en plus de secteurs professionnels exigent un niveau minimal de qualification équivalent au baccalauréat. C'est notamment le cas dans le tertiaire administratif et commercial, mais aussi dans de nombreux secteurs industriels.
La voie professionnelle doit donc être rénovée, à la fois pour clarifier l'offre de formation et pour multiplier les chances de réussite des élèves. Selon l'âge, la motivation et les difficultés des élèves, la voie professionnelle rénovée offrira la possibilité d'un parcours de formation en deux, trois, ou quatre années, soit un système plus souple que le palier actuel qui intervient au terme des deux années de formation :
L'année 2008 sera consacrée à l'extension de l'expérimentation des baccalauréats professionnels en trois ans dans les lycées professionnels. Les recteurs détermineront, en étroite collaboration avec les régions et les branches professionnelles les lieux et les secteurs où cette extension est souhaitable.
La mise en place des baccalauréats professionnels rénovés se fera en concertation avec les branches professionnelles afin de respecter les spécificités et les besoins particuliers de chacune d'entre elles.
Le calendrier scolaire s'étend, normalement, du début du mois de septembre à la fin du mois de juin. Or, dans les lycées et parfois même dans les collèges des cités scolaires qui sont centres d'examen pour le baccalauréat, l'année scolaire s'arrête souvent dès la fin du mois de mai pour permettre l'organisation des épreuves. Les conseils de classe, qui scellent l'avenir des élèves, interviennent alors avec un mois d'avance sur le calendrier prévu.
Cette situation entraîne la perte d'un mois de scolarité par an :
Ce temps scolaire doit être rendu aux élèves et aux enseignants. Dès cette année, treize départements pilotes (les académies de Rouen, Amiens, Dijon, Besançon et le département du Vaucluse) vont expérimenter une organisation différente du déroulement des épreuves du baccalauréat.
Les solutions mises en place seront différentes pour chaque académie, mais elles auront en commun les principes suivants :
Il convient d'ajouter que la structure et le contenu du baccalauréat ne sont absolument pas modifiés. Seule est concernée l'organisation matérielle de l'examen.
Comparaison des calendriers du baccalauréat
Dates | Session 2007 | Session 2008 selon le calendrier habituel | Session 2008 avec reconquête du mois de juin |
|---|---|---|---|
1er jour de la session | Lundi 11 juin | Jeudi 12 juin | Lundi 16 juin |
Epreuves de français | Mardi 12 juin | Vendredi 13 juin | Vendredi 20 juin |
Derniers jours des écrits du baccalauréat général | Vendredi 15 juin | Mercredi 18 juin | Vendredi 20 juin |
Derniers jours des écrits du baccalauréat technologique | Mardi 19 juin | Vendredi 20 juin | Mardi 24 juin |
Publications des résultats du 1 er groupe d'épreuves | A compter du lundi 2 juillet | A compter du jeudi 3 juillet | A compter du vendredi 4 juillet |
Publication des résultats définitifs (hors session de remplacement de septembre) | Lundi 9 juillet | Jeudi 10 juillet | Vendredi 11 juillet |
Mise à jour : décembre 2007

Voir la vidéo de la conférence de presse de Xavier Darcos du 11 décembre 2007

Programme de travail et d'action pour le second trimestre de l'année scolaire 2007/2008
Discours de Xavier Darcos