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[archive] Clôture des « Assises de la relation école-entreprise »
Discours - Xavier Darcos - 22/11/2007

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Xavier Darcos a participé le jeudi 22 novembre 2007 à la clôture des premières assises de la relation école-entreprise au salon Educatec. Le ministre poursuit trois objectifs : faire connaître le monde professionnel, valoriser les formations à caractère professionnel et renforcer les relations avec le monde économique.

Mesdames et messieurs,

Je suis très heureux de participer à la clôture des « Assises de la relation école-entreprise » et je tiens à remercier les organisateurs du salon Educatec d'avoir accepté d'accueillir cette rencontre. Je me réjouis d'autant plus d'être avec vous ce matin que depuis le mois de mai dernier, chaque rencontre, chaque lecture et surtout chaque déplacement sur le terrain m'a conforté dans l'idée que les formations techniques et professionnelles ne doivent pas être à la marge mais au cœur d'un système éducatif qui ambitionne d'assurer le succès de tous ses élèves.

Le constat que je dresse est à la fois lucide et préoccupant : chaque année 160 000 jeunes quittent le système éducatif sans qualification. S'il existe donc des jeunes sans qualification et souvent sans métier, il existe aussi des métiers sans jeunes et des emplois qui ne trouvent pas preneur par manque de personnel qualifié. Faire ce constat, c'est mesurer l'ampleur du défi qui nous fait face.

Ce défi, je suis déterminé à le relever car je ne saurais me résoudre à accepter l'inacceptable, c'est-à-dire voir tant de jeunes rater leur sortie du système scolaire et leur entrée dans la vie professionnelle faute de l'avoir suffisamment préparée.

Aujourd'hui, je veux vous présenter les grandes lignes de la politique que j'ai conçue et mise en œuvre dès mon arrivée à la tête du ministère de l'Education nationale. Trois axes de travail sont parallèlement explorés. J'ai tout d'abord engagé un effort important pour faire découvrir aux élèves le monde professionnel et les aider à choisir leur voie. Par ailleurs, je poursuis la mise en œuvre du plan de valorisation des formations à caractère professionnel qui a été lancé au moment de la rentrée scolaire. Enfin, je tiens à renforcer et à infléchir les relations entre l'école et le monde professionnel.

Faire connaître le monde professionnel

J'ai tout d'abord engagé un vaste plan pour faire découvrir aux élèves le monde de l'entreprise tout en rénovant les structures de l'enseignement professionnel.
Je souhaite tout d'abord favoriser la rencontre avec les formations et la sphère économique dès le collège. C'est pour cette raison que j'ai voulu qu'à la rentrée 2008 soient introduits, à titre expérimental, des parcours de découverte des métiers dès la classe de 5ème. Ces parcours seront organisés en « étapes métiers » qui feront l'objet d'un suivi tout au long du collège. Des visites d'information pourront être organisées dans des administrations, des entreprises ou tout organisme permettant de découvrir un secteur d'activité et ses acteurs. Dans ce cadre, les collèges auront la possibilité de nouer des partenariats avec des associations qui visent à faire connaître l'entreprise, ses acteurs et ses règles aux jeunes adolescents.

Pour que les collégiens soient parfaitement informés et libres de leur choix, j'ai voulu que l'option de découverte professionnelle trois heures proposée aux élèves de 3ème soit implantée dans tous les collèges. Au sein des lycées professionnels, la durée du module est portée à six heures.

Je veux également développer mais aussi mieux encadrer les stages que les élèves effectuent en entreprise. Pour cela, ils devront s'inscrire dans un projet pédagogique cohérent construit en partenariat entre les enseignants et le monde économique.

L'ensemble de ces initiatives visent à permettre aux élèves de choisir leur orientation en toute connaissance de cause. C'est aussi dans ce but que les élèves de 4ème vont se voir offrir la possibilité de passer une journée en lycée général ou technologique, en lycée professionnel ou en centre de formation des apprentis. Cette innovation, qui a obtenu l'approbation du Président de la République et du Premier ministre, entrera en vigueur dès la rentrée 2008. De même, les élèves inscrits en classe de 1ère pourront se rendre dans une université ou un IUT afin de se familiariser avec les différentes formes de l'enseignement supérieur et de se préparer à choisir la voie qu'ils emprunteront après le baccalauréat.

Valoriser les formations à caractère professionnel

Vous le voyez, mesdames et messieurs, je n'entends pas limiter mes efforts au seul collège. Je tiens en effet à rénover et à valoriser l'image de la voie professionnelle. Je souhaite en particulier promouvoir le baccalauréat professionnel qui peine encore à attirer les élèves. En effet, seuls 46 % de ceux qui obtiennent un BEP poursuivent leur scolarité par un bac pro, alors même qu'ils sont engagés dans la voie qui y mène.

Pour mettre fin à cette situation pour le moins paradoxale, je veux clarifier la place du baccalauréat professionnel au sein du dispositif global de formation. Il s'agit d'un véritable bac, je tiens donc à ce qu'il soit préparé en trois ans comme ses homologues technologique et général. Je veux parallèlement accroître le niveau de qualification des jeunes en augmentant de 40% le nombre de ceux qui atteignent le stade du bac pro.

Pour atteindre cet objectif ambitieux, j'ai adopté une méthode tout aussi raisonnable qu'efficace. Dans un premier temps, je souhaite inciter davantage d'élèves à s'engager dans la voie du bac pro trois ans. Ainsi, dès la rentrée 2008, je veux faire passer le nombre des entrants de 4 000 à 40 000. Dans un second temps, à compter de la rentrée 2009, les bacs pro en trois ans seront progressivement généralisés. Parallèlement, pour tenir compte des rythmes d'acquisition des savoirs et des pratiques, je veillerai à ce qu'une qualification intermédiaire de niveau V puisse être obtenue à l'issue de la seconde année du cursus. Par ailleurs, le CAP sera renforcé comme diplôme d'insertion de niveau V. Enfin, pour que les choix d'orientation ne soient pas irréversibles, j'ai le souci constant de développer les passerelles entre les différentes formations.

Vous le voyez, mesdames et messieurs, la réforme de l'enseignement professionnel est largement engagée et je compte sur le soutien de l'ensemble des acteurs pour la mener à bien. Il est d'ailleurs prévu que la définition de ces nouveaux cursus soit précisée dans le cadre des travaux des commissions paritaires de consultation qui associent l'Education nationale et des représentants des branches professionnelles.

Renforcer les relations avec le monde économique

Aider tous les jeunes qui le souhaitent à décrocher des qualifications et à réussir leur entrée dans la vie professionnelle implique nécessairement le développement de relations étroites avec la sphère économique. Après avoir été longtemps marquées par l'indifférence ou la méfiance, elles se sont en effet transformées en profondeur depuis une vingtaine d'années.

Nos liens et nos échanges avec le monde professionnel se caractérisent aujourd'hui par une confiance retrouvée et par une sincère volonté de travailler en commun, dans le respect de l'identité et des prérogatives de chacun. Ce climat nouveau est d'ailleurs nécessaire pour que la centaine de conventions et accords cadre de partenariat noués au niveau national puisse porter ses fruits. Pour donner tout leur sens et leur pleine extension géographique à ces relations nouvelles, je compte explorer deux directions inédites au cours des mois à venir :

  • Je veux tout d'abord développer la culture économique et la connaissance du monde professionnel au sein du système éducatif. En effet, les enseignants peuvent jouer un rôle important pour faire connaître l'entreprise. C'est pour cette raison que je souhaite qu'ils puissent effectuer des stages en entreprise au cours de leur formation initiale mais également au-delà. Des expériences tout-à-fait intéressantes ont déjà permis à des enseignants de sciences économiques et sociales de mieux connaître le secteur privé et je souhaite qu'elles puissent s'amplifier à l'avenir.

  • Je veux aussi donner plus de visibilité aux acteurs de terrain et renforcer l'ancrage local des partenariats et des dispositifs existants. C'est pour cette raison qu'un chargé de mission « école-entreprise » a été nommé dans chaque académie. Chargé de contribuer à la mise en place et au lancement d'un portail numérique national destiné à présenter l'ensemble des actions engagées, il a aussi pour responsabilité, de coordonner, de développer et de valoriser les actions entreprises localement. Il devra notamment veiller à ce que chaque collège et chaque lycée noue un partenariat local avec les acteurs du monde du travail.
    Pour mener à bien ce programme ambitieux, les chargés de mission seront aidés par des correspondants école-entreprise qui devraient être prochainement désignés dans chacun des bassins d'éducation du territoire national.

Aujourd'hui, vous le voyez, l'ère de la méfiance réciproque est révolue. Les préjugés et les préventions réciproques sont véritablement désarmés et le dialogue entre l'école et l'entreprise est bel et bien engagé. Je souhaite qu'il s'approfondisse encore et s'inscrive dans la durée afin que ces deux mondes, qui se sont longtemps ignorés, apprennent à se comprendre. Pour assurer la pérennité de ces relations nouvelles, une convention va d'ailleurs être signée entre l'Education nationale, les fédérations de parents d'élèves et les organisations interprofessionnelles, professionnelles et économiques. Destinée à favoriser la découverte des métiers et des professions dans le cadre du collège, elle pourra être rejointe ultérieurement par d'autres signataires.
J'attache beaucoup d'importance à cette convention car elle devrait s'avérer décisive pour rompre avec l'orientation par l'échec qui a trop souvent prévalu jusqu'ici.

Donner à nos élèves les moyens de s'engager dans la voie qu'ils auront choisie, c'est assurer la réussite de chacun d'entre eux, c'est le but que je poursuis, c'est le but que nous poursuivons tous !

Je vous remercie.

En savoir plus
Page à consulter

Dossier de presse

  • Des partenariats multiples au service de la relation école-entreprise

  • Un partenariat école-entreprise multiforme : des exemples d'action
    L'information, l'orientation et la découverte des métiers
    La formation et l'insertion professionnelle
    Le développement de nouvelles compétences

  • L'Onisep, partenaire du dialogue école-entreprise

Mise à jour : novembre 2007

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