Mieux équiper les écoles pour développer les usages en classe des technologies de l'information et de la communication
Si la plupart des élèves ont aujourd'hui accès aux ordinateurs et à internet, il est indispensable que l'école joue son rôle éducatif et n'abandonne pas ce domaine à la société et au groupe de pairs. Tous les élèves doivent recevoir une « éducation numérique ». A l'école primaire, là où tout se joue, les élèves doivent apprendre le bon usage des technologies de l'information et de la communication sous l'égide d'un enseignant compétent, c'est-à-dire formés aux T.I.C.E.
En outre, l'école ne peut pas être coupée des évolutions profondes de la société, sous peine de perdre sa légitimité auprès de nombre de ses publics.
Les T.I.C.E sont aussi un outil indispensable pour faciliter les apprentissages et le travail des enseignants.
Pour ces raisons, la maîtrise des technologies usuelles de l'information et de la communication est l'une des sept composantes du socle commun de connaissances et de compétences. L'Education nationale a donc l'obligation de former et d'évaluer tous les élèves des écoles primaires dans ce domaine.
Mais, si tous les élèves doivent avoir acquis les connaissances, capacités et attitudes exigées par le B2i école (brevet informatique et internet) en fin de cycle 3, force est de constater qu'un très grand nombre d'écoles ne sont toujours pas en mesure d'assurer cette obligation.
L'audit de modernisation sur le rôle des TICE dans la modernisation du système éducatif, publié au printemps 2007, a relevé que le premier degré était le « parent pauvre » pour les équipements.
L'école primaire, avec un ordinateur pour 12,5 élèves, est en retard :
- par rapport aux autres niveaux d'enseignement (8,5 pour le collège et 5 pour le lycée) qui disposent d'un acteur local puissant et unique (problèmes des communes rurales, de la petite taille des établissements notamment)
- par rapport aux autres écoles européennes (un ordinateur pour 10,5 écoliers).
De plus, on observe de fortes disparités entre les écoles et le matériel, de façon générale, est très hétérogène voire vétuste, ce qui rend sa fiabilité plus aléatoire.
Vis-à-vis des parents comme des collectivités locales qui attendent de l'Education nationale qu'elle accompagne le développement des équipements et rende effective leur utilisation, l'action du ministère en faveur de la généralisation des usages des T.I.C.E doit se renforcer.
Les objectifs généraux de l'action du ministère de l'Education nationale pour le 1er degré sont les suivants :
Pour créer les conditions nécessaires à leur réalisation, le ministère de l'Education nationale lance un plan d'équipement des écoles pour 2008 qui se décompose en deux grandes actions.
1) L'équipement de 1000 écoles à la rentrée 2008 avec des solutions de visioconférences permettant aux élèves de dialoguer avec un locuteur natif de langue anglaise.
2) Le lancement d'un plan d'équipement numérique des écoles au printemps 2008.
L'équipement de 1000 écoles en visioconférences pour l'apprentissage de l'anglais à la rentrée 2008
Le ministère de l'Education nationale souhaite impulser l'usage de la visioconférence pour faciliter l'apprentissage de l'anglais. La mise en place des dispositifs technique et pédagogique adéquats doit permettre de créer des situations de communication réelle avec un interlocuteur de langue maternelle anglaise.
L'opération d'impulsion, soutenue par le ministère, vise à équiper 1000 écoles primaires à la rentrée 2008.
L'opération se déroulera en deux phases.
- Phase 1 : identification de 20 projets-pilotes reflétant toute la diversité des solutions pédagogiques et techniques qui pourraient être proposées aux écoles et aux collectivités locales (communes et E.P.C.I). Ces 20 projets-pilotes seront déterminés en janvier 2008 à l'issue d'un appel à propositions dont le lancement a lieu la semaine d'Educatice. Ces projets-pilotes seront sélectionnés de préférence parmi les écoles qui ont déjà une certaine pratique de l'enseignement des langues à l'aide des T.I.C.E, de façon à expérimenter rapidement les solutions et à en évaluer les usages pédagogiques et les caractéristiques (technique, économique, etc.). Les projets-pilotes serviront ensuite de modèles possibles pour les projets de la seconde phase.
- Phase 2 : lancement d'un appel à proposition au printemps pour sélectionner les 980 autres écoles qui bénéficieront du soutien de l'Education nationale pour s'équiper en solution de visioconférence. Les résultats de cette sélection seront publiés avant l'été 2008.
Tous les projets devront associer dispositifs techniques et pédagogiques (en particulier, un ou des locuteurs de langue anglaise pour dialoguer en mode synchrone parfaite avec les élèves).
Ils seront présentés par les académies et devront s'appuyer sur un accord passé entre la collectivité et l'inspection académique précisant les engagements respectifs de chacun des partenaires.
Le ministère de l'Education nationale, par l'intermédiaire notamment des équipes académiques placées auprès du conseiller T.I.C.E du recteur, offrira une assistance technique au montage des projets.
Les critères de sélection des projets porteront notamment sur le projet pédagogique, l'expérience en matière d'enseignement des langues, la mise en uvre et l'accompagnement pédagogiques, le dispositif d'évaluation prévue.
La sélection sera effectuée par une commission réunissant les différents acteurs de l'Education nationale (Inspection générale, direction générale de l'enseignement scolaire, sous-direction des T.I.C.E, inspecteurs de l'éducation nationale, conseillers du recteur pour les T.I.C.E).
Un plan national d'équipement numérique des écoles pour la rentrée 2008
Deux volets composent ce plan d'équipement
La clé U.S.B pour les enseignants néotitulaires, intitulée "Une clé pour démarrer », met à disposition des enseignants un ensemble de ressources gratuites et payantes, ces dernières en accès gratuit (pendant deux ans). L'ensemble des ressources (logiciels, outils, documents, etc.) est validé par les inspections générales.
Cette généralisation se fera en deux vagues :
En février 2008, les nouveaux enseignants des disciplines histoire-géographie, sciences physiques, sciences de la vie et de la terre et mathématiques, ainsi que tous les nouveaux titulaires du 1er degré recevront une telle clé.
Près de 18 000 clés seront ainsi distribuées.
En septembre 2008, l'ensemble des enseignants néotitulaires du 1er et du 2nd degré recevra cette clé, ce qui correspondra à une distribution de 25 000 clés.
Pour la réalisation des 43 000 clés nécessaires en 2008, le ministère de l'Education nationale dépensera 1,6 million d'euros.
Pour le premier degré : Le Robert Junior, Le Louvre version éducation, Orsay version éducation, Objectif Lire, l'Encyclopaedia Universalis Junior, etc.
En histoire-géographie : Encyclopaedia Universalis, Egypte ancienne, Le Louvre, Orsay, Images de guerre, Archives de guerre, Jalons pour l'historie (INA), l'encyclopédie de l'Etat du monde, des atlas, des fonds de cartes, des liens vers des sites de référence, etc.
En mathématique : liens vers des ressources académiques mutualisées
produites par des enseignants ("micro-ressources" validées par l'inspection générale), des ressources éditoriales reconnues d'intérêt pédagogiques tels que Cabrilog, Géoplan, des collections d'animations de mathématiques (Paraschool et Edumédia, des logiciels libres tel que Tracenpoche (Sesamath et Génération 5) ou Dmath, des ressources transversales de type dictionnaires.
Le ministère de l'Education nationale souhaite lancer à la rentrée 2008 une expérimentation du manuel numérique dans une cinquantaine de classe de 6ème.
Cette expérimentation, annoncée lors de la conférence de presse du ministre sur le « poids du cartable » le 24 octobre 2007, permettra de tester l'usage d'un « e-book », un support de quelques centaines de grammes contenant les principaux manuels de la classe de 6ème.
En partenariat avec les éditeurs scolaires qui le souhaiteront, plusieurs solutions de manuel numérique seront expérimentées. Différents formats peuvent être proposés (A4, A5, double page A5, etc.). Ces manuels numériques devront être en couleur ; ils pourront également offrir des outils pédagogiques utiles aux élèves (dictionnaires) et du son pour l'apprentissage des langues vivantes.
Les partenaires industriels seront associés à cette expérimentation qui contribuera sans aucun doute au développement d'une nouvelle activité économique.
Ce nouveau support, qui préfigure le manuel du futur, fera de la France un pays pionnier.
Le support livre électronique ou e-book est désormais prêt à devenir un produit de masse : c'est un terminal de lecture léger, d'une qualité de lecture identique à celle du papier, garantissant la protection des droits des éditeurs, participant au développement durable et d'un coût en très forte réduction.
Les e-books existants sont en noir et blanc mais les industriels annoncent la disponibilité de supports en couleur pour le milieu de l'année 2008.
Parallèlement au lancement de l'expérimentation, une étude de réalisation du manuel numérique sera menée, en relation avec les partenaires, afin d'en examiner les enjeux techniques (supports, fonctionnalités, standard, autonomie, robustesse) et pédagogiques. Les résultats de cette étude seront disponibles pour la fin du mois de février.
Un comité de pilotage du projet associera la Direction générale de l'enseignement scolaire(D.G.E.S.C.O), l'inspection générale ainsi que des représentants des éditeurs scolaires et des collectivités locales.
Le financement du projet sera pris en charge par le ministère de l'Education nationale.
Les technologies de l'information et de la communication au service des élèves en situation de handicap : rendre les ressources numériques accessibles à tous
Dans les classes, les élèves utilisent de plus en plus les nouvelles technologies et les ressources numériques ; or, celles-ci ne sont pas encore vraiment accessibles aux élèves en situation de handicap.
Par ailleurs, il est nécessaire d'aider les enseignants qui, dans le cadre d'une classe ordinaire, doivent enseigner à des élèves à besoins spécifiques.
Pour garantir les mêmes conditions d'enseignement à tous les élèves sans exception, le Ministère de l'Education nationale lance une série de mesures destinées à favoriser l'accessibilité aux ressources numériques.
Mesure 1 : rendre accessible aux malvoyants et aux malentendants les dix démarches les plus utiles
à la scolarité
Sur le site education.gouv.fr, les dix pages les plus consultées concernant la scolarité ainsi que les pages les plus utiles aux parents d'élèves handicapés seront accessibles pour les déficients visuels et traduites en langue des signes pour les déficients auditifs au printemps 2008.
Mesure 2 : identifier avec les experts les ressources numériques existantes les plus utilisées (logiciels, documents) et mettre en uvre leur adaptation aux élèves en situation de handicap
Grâce aux TICE, de nouveaux domaines d'enseignements deviennent réellement accessibles aux élèves déficients visuels (géométrie par exemple, avec le produit Cabrigéomètrie).
Le Ministère de l'Education nationale apportera son concours financier à ces adaptations.
Mesure 3 : créer un Observatoire des ressources numériques adaptées permettant de recenser tous les produits existants et d'identifier tous les besoins non encore couverts
Sous l'égide de l'Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés (INS HEA) de Suresnes, un catalogue dressera l'inventaire de toutes les ressources numériques existantes, y compris celles réalisées dans des établissements, et mettra en évidence les manques importants.
Cet Observatoire produira ses premiers résultats au printemps.
Mesure 4 : mettre en place un plan de soutien financier à la production de ressources numériques spécifiques
Dans le cadre d'un appel à propositions lancé au printemps par le ministère, un certain nombre de projets spécifiques seront soutenus, et plus particulièrement ceux qui répondront aux besoins identifiés par l'Observatoire. Par ailleurs, l'accessibilité des ressources deviendra un critère de sélection pour tous les projets soutenus ou labellisés d'intérêt pédagogique par le ministère de l'Education nationale.
Mesure 5 : créer un portail de ressources, d'information et d'échanges destiné à faciliter les enseignements et les apprentissages avec des ressources numériques adaptées
Ce portail s'intitulera : ecolepourtous.education.fr
Destiné aux enseignants, aux parents et aux élèves, ce portail
- rassemblera en un lieu unique les informations concernant les ressources numériques accessibles et leurs usages, indiquera tous les liens utiles vers ces ressources ;
- proposera un certain nombre de ressources pédagogiques ;
- offrira un espace d'échanges et de mutualisation pour tous les enseignants, et notamment, ceux qui intègrent des élèves handicapés dans leur classe ;
Ce portail sera lancé pour la rentrée de septembre 2008.
Ces mesures, dont le coût avoisinera les 500 000 euros, seront mises en uvre par le ministère de l'Education nationale (sous-direction des T.I.C.E, D.G.E.S.C.O) et ses institutions rattachées (C.N.D.P, I.N.S H.E.A).
Il s'agit d'un CD-ROM d'information et de formation concernant les phénomènes de dysphasies et dyslexies, destiné à tous les personnels de l'Éducation nationale et aux parents d'élèves. Des exemples vidéos viennent illustrer le propos et permettent un premier repérage des difficultés. La réalisation a été pilotée par le Centre National d'Étude et de Formation de l'Enfance Inadaptée (CNEFEI), devenu aujourd'hui, Institut National Supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes Handicapés et les Enseignements Adaptés (INS HEA).Ce CD-ROM est gratuit et disponible.
Pour accompagner et faciliter l'accueil des enfants handicapés mentaux à l'école, une opération de sensibilisation a été initiée à la rentrée de septembre 2006, sur initiative de l'union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (U.N.A.P.E.I). L'U.N.A.P.E.I est une fédération de 750 associations qui animent 2700 établissements et services spécialisés. Elle représente 60.000 familles.
L'opération s'appuie sur un DVD-ROM, intitulé « L'école ensemble », qui propose aux enseignants et aux élèves des ressources documentaires et un kit pédagogique.
Un site Internet vient en appui du DVD-ROM : http://www.lecole-ensemble.org
Le DVD-ROM est gratuit et distribué à toute école, ou tout I.U.F.M qui en fait la demande via le site précité ou auprès de l'U.N.A.P.E.I. Les contenus sont libres de droits.
En novembre 2007, l'état des lieux de la diffusion est le suivant : 23 625 écoles ont commandé le DVD ainsi que 21 IUFM, pour 14 100 exemplaires. Le DVD a été distribué aux inspecteurs de l'Education nationale du premier degré (IEN), notamment les inspecteurs de l'éducation nationale chargés de l'adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves handicapés (I.E.N.-A.S.H.).
Les commandes se poursuivent au rythme d'environ 150 exemplaires par mois.
Ce projet est piloté par l'Institut National Supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes Handicapés et les Enseignements Adaptés (I.N.S H.E.A), établissement public situé à Suresnes (92).
Il s'agit de concevoir, réaliser et diffuser un DVD d'apprentissage de la lecture et de l'écriture adapté aux publics d'élèves sourds ou malentendants. L'application développée s'appuiera sur des textes authentiques de la littérature de jeunesse, grâce à des conventions passées avec des éditeurs privés. Elle utilisera tous les moyens de communication employés par les enfants sourds ou malentendants, Langue des Signes Française (L.S.F), Langue Française Parlée Complétée (L.F.P.C), lecture labiale et audition pour ceux qui ont une capacité auditive résiduelle suffisante.
L'Institut National de Jeunes Sourds de Paris (I.N.J.S.-Paris), est partenaire du projet.
Ce prototype sera présenté en janvier 2008, pour une sortie à l'été 2008.
Mise à jour : novembre 2007