Toute l'actualité

[archive] Une école solidaire pour la réussite de tous

Partager cet article
  • Envoyer à un ami
  • Facebook
  • Twitter

Le plan d’actions issu des recommandations du rapport Delahaye "Grande pauvreté et réussite scolaire", remis à la ministre en mai 2015, a donné une nouvelle impulsion à la loi de refondation de l’École de la République. Des pratiques pédagogiques et un accompagnement attentifs aux besoins de chaque élève, des moyens financiers et humains en forte augmentation, une plus grande attention apportée aux conditions de vie des familles : la communauté éducative se mobilise sur le long terme. La Trousse à projets, première plateforme solidaire de financement participatif des projets des enseignants et de leurs élèves expérimentée dans cinq académies, ouvre le 13 mars 2017.

Une école solidaire pour la réussite de tous

 

L’École de la République accueille tous les enfants, sans distinction. Elle leur ouvre ses portes, et une fois qu’ils franchissent le seuil de ce lieu de connaissances, ils deviennent toutes et tous des élèves. Mais la situation particulière de ses élèves, elle, ne s’arrête pas, par magie, sur le seuil d’un établissement. Il serait illusoire de ne pas tenir compte des conditions dans lesquelles ils vivent. Ce sont des élèves, certes, mais comment ne pas voir que sur la scolarité de certains, vient peser le poids des déterminismes économiques et sociaux. Les inégalités ne sont pas des abstractions, mais des réalités bien concrètes. La devise qui orne le fronton de nos établissements, "liberté, égalité, fraternité", nous impose une exigence : celle de donner plus à ceux qui ont moins ; celle de ne pas se réfugier derrière le succès de quelques-uns, mais de nous préoccuper de l’égalité réelle, en recherchant la réussite du plus grand nombre.

Le rapport que Jean-Paul Delahaye m’a rendu en mai 2015 rendait visible – et même sensible – la réalité endémique des effets de la pauvreté sur les parcours scolaires. Tout en saluant l’implication des équipes éducatives, des collectivités et des associations, il nous invitait par ses recommandations à franchir une nouvelle étape de la refondation en renforçant notre mobilisation pour vaincre les inégalités et permettre la réussite de tous les élèves, en particulier les plus vulnérables.

Oui, l’École est une chance immense, ce qui nous oblige à agir pour que tous les élèves aient les moyens de s’en emparer pleinement. Donner plus à ceux qui ont moins, tenir compte de la singularité des situations, aussi bien celle, personnelle, de l’élève, que celle des territoires, telles sont les convictions qui m’ont guidée et qui continuent de le faire. Nourrie de ses convictions et des propositions du rapport de Jean-Paul Delahaye, j’ai ainsi réformé l’allocation des moyens, avec une meilleure prise en compte du critère économique et social ; j’ai contribué à la diffusion et au soutien des pratiques pédagogiques favorables à la réussite de tous ; j’ai augmenté les moyens humains et financiers pour l’action sociale, et j’ai voulu qu’une plus grande attention soit apportée aux conditions de vie des familles.

Beaucoup a déjà été accompli, qu’il s’agisse des modalités pédagogiques, de l’action sociale au sein de nos établissements, des relations avec les familles. Avec intelligence, la communauté éducative s’est engagée dans des évolutions à la fois discrètes et profondes. C’est une nouvelle avancée que j’ai voulue aujourd’hui, en augmentant de 25 % les bourses accordées aux collégiens pour un montant de 45 millions d’euros et en lançant l’expérimentation de la Trousse à projets dans cinq académies ; il s’agit de la première plate-forme solidaire de financement participatif des projets des enseignants et de leurs élèves pour favoriser des actions innovantes au service des publics les plus fragiles. La pauvreté, les inégalités, ne sont pas des fatalités : nous pouvons agir, et nous continuons à le faire, avec à la fois la conscience que cela demande une mobilisation collective sur le long terme, mais aussi avec le sentiment, toujours renouvelé, qu’il s’agit d’une véritable urgence, parce qu’il en va de l’unité de notre pays, de notre société, de notre République.

 
Najat Vallaud-Belkacem
Ministre de l’Éducation nationale,
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
 

Des pratiques pédagogiques et un accompagnement attentifs aux besoins de chaque élève

Faire réussir tous les élèves avec la loi de refondation de l’École et la refondation de l’éducation prioritaire

Pour relever le défi de la réussite de tous les élèves, quelles que soient leur origine et leur situation sociales, l’École doit prendre en compte la situation de pauvreté économique de certaines familles. C’est dans une approche inclusive et d’accompagnement de chaque élève, à laquelle la loi de refondation de l’École de la République a donné une nouvelle impulsion, que tous les acteurs de l’École doivent agir pour la réussite scolaire et ainsi favoriser la promotion sociale des individus.

Le premier article du code de l’éducation, complété par la loi de refondation, formule explicitement les objectifs de l’École en la matière : le service public de l’éducation "reconnaît que tous les enfants partagent la capacité d’apprendre et de progresser. Il veille à l’inclusion scolaire de tous les enfants, sans aucune distinction. Il veille également à la mixité sociale des publics scolarisés au sein des établissements d’enseignement. Pour garantir la réussite de tous, l’école se construit avec la participation des parents, quelle que soit leur origine sociale. Elle s’enrichit et se conforte par le dialogue et la coopération entre tous les acteurs de la communauté éducative.".

Éclairé par le rapport de 2015 de Jean-Paul Delahaye "Grande pauvreté et réussite scolaire", le ministère a conçu et déploie, au niveau national, des académies et dans les établissements, des plans d’actions visant à lutter contre les effets spécifiques de la grande pauvreté pour favoriser la réussite scolaire.

La politique d’éducation prioritaire a elle aussi changé afin que les exigences (le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, les programmes) y soient les mêmes qu’ailleurs même si le contexte social et économique est différent.

La politique d’éducation prioritaire refondée se traduit par :

  • un travail en réseau pour les enseignants du premier et du second degré afin de partager leurs compétences pour une action pédagogique et éducative cohérente et durable jusqu’au brevet des collèges ;
  • une refondation pédagogique avec un référentiel élaboré à partir de l’expérience des personnels, des apports de la recherche et de l’expertise des inspections générales pour constituer une base solide et validée de savoirs sur les principes d’action les mieux adaptés aux besoins des élèves ; 
  • des indemnités revalorisées et des conditions de travail des personnels qui ont évolué : dans les REP+, le temps enseignant intègre maintenant le temps de la formation et du travail collectif ;
  • la formation de près de 250 formateurs académiques pour l’éducation prioritaire venus renforcer les personnes-ressources ;
  • des moyens prioritairement affectés dans les écoles et établissements de REP et de REP+ : dispositif plus de maîtres que de classesscolarisation des moins de trois ans, déploiement de nouveaux personnels sociaux et de santé.

Faire réussir tous les élèves, quelle que soit leur origine sociale, nécessite prioritairement de développer des pratiques pédagogiques qui s’adressent à tous en prenant en compte dans l’ordinaire des classes les besoins des élèves les moins familiers de l’univers scolaire. Ces élèves peuvent peiner à comprendre le sens réel des activités menées, se méprendre sur ce qu’il s’agit d’apprendre au-delà de ce qu’il s’agit de faire. Des compétences essentielles à la réussite, semblant "aller de soi" mais en réalité socialement construites restent insuffisamment enseignées. C’est pourquoi "enseigner plus explicitement", c’est-à-dire s’attacher à clarifier les enjeux des tâches scolaires, à enseigner les compétences et les procédures qui permettent de réussir et d’apprendre, est indispensable.

L’enjeu de la réduction des écarts entre l’éducation prioritaire et le reste du système éducatif est bien sûr primordial pour les élèves et leur famille, il l’est tout autant pour le système éducatif dans son ensemble.

Intégrer dans la formation initiale et continue une connaissance concrète de la grande pauvreté et les approches pédagogiques favorables à la réussite de tous

Désormais, dans le cursus de formation des personnels d’enseignement et d’éducation, est intégré un temps d’activité en zone urbaine ou rurale permettant une connaissance concrète des conditions de vie des enfants des milieux défavorisés. Il s’agit par exemple d’encadrement d’activités extra-scolaires, d’aide aux devoirs en liaison avec l’Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV), d’appui aux actions d’un Dispositif de réussite éducative (DRE), d’actions d’aide à la parentalité, de lutte contre l’illettrisme, etc, ce temps d’activité associative étant validé dans le cursus de formation.

À noter la progression significative en trois ans de cette thématique dans le cadre de la formation initiale. Désormais plus de la moitié des ESPE s’emparent de la question sous des modalités variées : journées thématiques, options, modules d’enseignement.

Sensibiliser les équipes à l’accompagnement au travail personnel des élèves, veiller à la mise en œuvre effective de l’accompagnement personnalisé au collège et au lycée

Chaque élève apprend à son rythme, sa réussite dépend du respect par l’enseignant de ce rythme dans un cadre collectif et rigoureux. L’observation des élèves au travail est donc une phase indispensable et préalable pour analyser comment chaque élève apprend et comprend les activités scolaires et mettre en œuvre des pratiques pédagogiques adaptées. Des activités ludiques introduisant des savoir-faire à l’école maternelle, des activités positionnant l’élève dans les apprentissages, à l’école élémentaire comme au collège, sont autant de modalités qui permettent, après analyse, de projeter les élèves dans une démarche appropriée.

Egalement fondés sur ces observations, qui contribuent aux évaluations diagnostiques, les programmes personnalisés de réussite éducative, concourent à fixer les démarches à mettre en œuvre. Ils aident à suivre les résultats produits et, partant de là, à encourager l’élève à poursuivre ses efforts. Des moments de valorisation doivent être prévus.

Depuis la rentrée 2016, l’accompagnement personnalisé concerne tous les élèves du collège et prend en compte les besoins de chacun d’entre eux. Il soutient leur capacité à apprendre et à progresser,
notamment dans leur travail personnel. Il peut prendre la forme d’un approfondissement ou d’un renforcement des connaissances, d’un travail sur les méthodes, etc. Trois heures y sont consacrées en 6e, une à deux heures en 5e, 4e, 3e.

En parallèle, les petits groupes permettent aux enseignants d’interagir davantage avec les élèves et
d’apporter des réponses à leurs besoins. Dans ces petits groupes, les élèves sont davantage sollicités, questionnés, mis en activité. L’hétérogénéité des groupes encourage la coopération entre pairs et la progression des élèves. Les collèges bénéficient de nouveaux moyens d’enseignement pour faciliter ces démarches.

Le ministère a engagé une réflexion sur le travail personnel de l’élève, que ce soit dans la classe ou à l’extérieur de l’établissement, car il est source et illustration d’importantes inégalités sociales. Une première conférence d’orientation a été organisée à Lyon en octobre 2016, autour des problématiques suivantes : la motivation et les processus d’apprentissage ; les pratiques enseignantes et les organisations scolaires ; les alliances éducatives ; l’usage des outils numériques. Sur cette base, des orientations seront données aux équipes pédagogiques.

Assurer un meilleur suivi pédagogique de tous les élèves avec le livret scolaire unique

Le livret scolaire unique (LSU) est déployé depuis l’automne 2016. Il offre à tous les types d’établissements de la scolarité obligatoire (de 6 à 16 ans) un outil numérique performant capable à la fois d’appréhender toutes les formes d’évaluation, d’assurer un suivi et la restitution des acquis scolaires sans rupture, du premier au second degré et quel que soit le parcours personnel et scolaire des élèves (changements d’établissements ou d’académies). Ces ruptures de suivi du parcours et des acquis scolaires des élèves sont tout particulièrement préjudiciables aux élèves des familles défavorisées.

L'application propose des modèles normés de bilans périodiques, de bilans de cycles et des attestions officielles délivrées par le MENESR. Pour cela le LSU propose une application simple et lisible par tous, qui permet la restitution synthétique de l’évaluation des compétences du socle commun de connaissances et de culture simultanément à l’évaluation codée.

Tout enfant de famille itinérante et de voyageur (EFIV) scolarisé disposera d’un livret scolaire LSU afin de lui assurer un suivi pédagogique. De façon plus générale, ce sont toutes les scolarités complexes qui seront prises en compte (Cned, AEFE, MLF, enseignement agricole, CEF, Monaco, lycées de la Défense).

Des moyens financiers et humains en augmentation

Mieux utiliser les fonds sociaux qui ont augmenté de plus de 85%

Le montant des crédits consacrés aux fonds sociaux des établissements scolaires atteint 65 millions d’euros en 2017 au lieu de 35 millions d’euros en 2012.  Rien qu’entre 2015 et 2016, les crédits versés aux collèges et lycées au titre des fonds sociaux ont augmenté de 11 %.

Cette hausse permet de faire face à l’accroissement du nombre de familles touchées par des difficultés économiques, notamment en favorisant l’accès à la restauration scolaire des élèves de familles défavorisées, l’accueil en internat, l’achat des matériels scolaires, la participation à des sorties scolaires ou d’autres activités pédagogiques, etc. Cette dotation permet également de prendre en charge les changements de situation des familles en cours d’année scolaire. Afin d’établir précisément les situations permettant aux élèves de bénéficier de ces fonds sociaux, une circulaire sera préparée pour la rentrée prochaine, en s’appuyant notamment sur les propositions d’un groupe de travail associant des représentants des services académiques.

Réduire le non recours aux bourses et poursuivre l’augmentation de leurs montants

Les bourses qui sont accordées aux lycéens d’origine modeste ont été revalorisées, et c’est la 1ère fois depuis 1992, de 10% à la rentrée 2016. Cette augmentation porte leur montant à 697 euros par an en moyenne par jeune et représente un effort budgétaire de 28 millions d’euros par an.

À la rentrée 2017, ce sont les bourses accordées aux collégiens d’origine modeste qui seront à leur tour revalorisées de 25%, les portant ainsi à 105 euros (au lieu de 84 euros) par an pour une bourse échelon 1, à 289 euros (au lieu de 231 euros) par an pour une bourse échelon 2 et à 450 euros (au lieu de 360 euros) par an pour une bourse échelon 3.

L’augmentation des bourses de collège de 25% correspond à un effort de 15 millions d’euros pour 2017 (effet à partir du 1er septembre) et 45 millions d’euros en année pleine, donc en 2018.

Une bourse destinée aux raccrocheurs de 16 à 18 ans est versée à ceux qui reprennent leurs études après une interruption scolaire d’au moins cinq mois et sont éligibles à une bourse nationale de lycée au moment de la reprise des études. Il s’agit d’un complément de la bourse de lycée d’un montant de 600 euros, permettant ainsi au boursier de bénéficier d’un montant annuel supérieur à 1 000 euros dès le premier échelon de bourse.

Poursuivant une démarche de simplification pour les familles et de cohérence globale des modalités d’attribution des différentes bourses nationales, du collège à l’enseignement supérieur, le nouveau régime des bourses du secondaire est entré en vigueur à la rentrée 2016.
Pour répondre aux attentes des parents d’élèves du secondaire, de l’enseignement public et privé sous contrat, deux simulateurs de droit à l’obtention d’une bourse dans le second degré ont été créés. Ils s’adressent aux parents de collégiens et de lycéens, ainsi qu’aux jeunes pouvant bénéficier du droit au retour en formation sous statut scolaire, et ils sont accessibles sur :

En quelques clics, les parents peuvent désormais savoir s’ils sont éligibles et obtenir l’estimation du montant de la bourse, alors que précédemment, ils devaient le calculer à partir de tableaux d’auto-évaluation.

Les délais de dépôt des dossiers de bourses de collège ont été allongés de deux semaines depuis la rentrée 2015 pour permettre au maximum des familles y ayant droit de formuler des demandes de bourses et d’être accompagnées pour cela. La généralisation à la rentrée 2017, à toutes les académies, du téléservice de demande de bourse libère du temps qui sera mieux utilisé par les services gestionnaires pour contacter et accompagner les familles dans les demandes de bourses. Au lycée, les délais de la campagne complémentaire de demande de bourse ont été étendus, dans toutes les académies, jusqu’à la mi-octobre, ce qui permet de prendre en compte les changements de situations familiales qui ouvrent droit aux bourses.

Déployer les infirmiers dans les zones urbaines et rurales défavorisées

Sur la période 2012-2017, 220 emplois d’infirmiers et 25 emplois de médecins ont été ou vont être créés. Aux rentrées 2013-2017, la répartition entre académies a tenu ou tiendra compte des besoins de l’éducation prioritaire, pour permettre un suivi continu des élèves dans les écoles et les collèges des zones urbaines et rurales défavorisées. Les collèges en REP et REP+ disposent désormais tous d’un infirmier.

L’évaluation de politique publique (EPP) dans le cadre de la Modernisation de l’action publique (MAP) de 2016 sur la médecine scolaire est actuellement en cours d’exploitation : l’identification des besoins prioritaires et le ciblage des moyens (visites médicales) selon les territoires et les publics sont au cœur des objectifs poursuivis, en s’appuyant notamment sur un groupe de travail avec des acteurs académiques.

Augmenter le nombre d’assistants sociaux dans les écoles en zones urbaines et rurales défavorisées

Sur la période 2012-2017, 295 emplois d’assistants de service social ont été ou vont être créés, dont 95 à la rentrée 2017. À la rentrée 2016, 9 emplois ont été spécifiquement alloués aux académies qui expérimentent l’intervention dans le premier degré. Un bilan de ces expérimentations dans les académies de Guadeloupe, Lyon, Rennes, Reims et Versailles est actuellement en cours.

Son analyse permettra d’établir pour la rentrée 2017 une circulaire sur les missions des assistants sociaux qui donnera toute sa place au conseil social dans les écoles des REP+.

Une plus grande attention apportée aux conditions de vie des familles

Faire des demandes raisonnables de fournitures scolaires

Tous les parents ont à cœur d'assumer leurs responsabilités de parents d'élèves en procurant à leurs enfants le matériel scolaire demandé dans la liste des fournitures scolaires. En conséquence, les écoles et les établissements doivent impérativement s'attacher à produire des listes de fournitures raisonnables et éviter les prescriptions inutiles ou trop coûteuses susceptibles de pénaliser les familles les plus fragiles.

Afin d’assurer l’effectivité de ces principes, la circulaire du 13 avril 2016 relative à la liste des fournitures individuelles pour l’année scolaire 2016-2017 rappelle, comme le fera la circulaire en préparation pour la rentrée 2017, que l'élaboration de la liste des fournitures scolaires doit résulter d'une large concertation de façon à prendre en compte les préoccupations des différents acteurs de la communauté éducative, notamment les représentants des parents d'élèves.

Cette circulaire incite également les directeurs d’école et les chefs d’établissement à mettre en œuvre tous les moyens à leur disposition pour soutenir les actions d'achats groupés permettant de diminuer les frais engagés par les familles.

Permettre à tous les élèves de participer aux sorties scolaires

Dès lors qu’elles sont conçues pour répondre à des objectifs pédagogiques définis, les sorties scolaires contribuent à rendre les enseignements plus concrets et à leur donner du sens. En cela, elles favorisent la réussite des élèves et participent pleinement de la mission éducative des écoles et des établissements.

Les élèves en situation de pauvreté sont encore trop souvent écartés de ces projets pour des raisons financières subissant ainsi une "double peine" : celle de ne pas partir avec les autres et celle d’être stigmatisés.

Afin que les sorties scolaires ne contribuent pas à creuser davantage les inégalités scolaires, le ministère a engagé un travail de refonte des textes (l’un pour les écoles, l’autre pour le second degré) présidant à leur organisation. Ces directives, dont la publication est prévue pour le mois de mars, rappelleront l’objectif fixé à l’institution scolaire par la loi du 13 juillet 2013 pour la refondation de l'École de la République, de faire bénéficier chaque élève d’au moins un séjour de découverte au cours de sa scolarité obligatoire. En outre, elles fixeront comme préalable à l’organisation de toute sortie scolaire, la nécessité d’y faire participer l’ensemble des élèves de la classe et de prendre en compte les ressources des familles dès l’élaboration du projet. Sous l’impulsion des directeurs d’école et des chefs d’établissement, l’information des parents et la diversification des sources de financement grâce à une anticipation suffisante seront également renforcées.

Les circulaires insisteront également sur la variété des financements mobilisables par les écoles et les établissements en vue de réduire le montant des participations des familles défavorisées.

Coopérer utilement avec les parents : les espaces parents, les mallettes des parents et le dispositif "ouvrir l’école aux parents pour la réussite des enfants"

La loi pour la refondation de l’École de la République renforce la coopération entre les parents et l’école à travers différents articles. Il en est ainsi de l’article L111.1 du code de l’éducation qui stipule : "l’école se construit avec la participation des parents, quelle que soit leur origine sociale".

Avec les parents, qui peuvent se sentir écartés et illégitimes face à la culture scolaire, l’école doit patiemment bâtir et entretenir une relation qui assure une meilleure connaissance mutuelle, en s’abstenant de tout jugement. L’élève doit pouvoir vivre sa scolarité sereinement à l’abri de conflits de loyauté douloureux. Il doit pouvoir compter sur l’alliance de ses deux univers, familial et scolaire, qui participent tous deux à sa construction et à son développement.

La circulaire interministérielle du 15 octobre 2013 relative au renforcement de la coopération avec les parents les plus éloignés de la culture scolaire et l’école au sein des territoires, précise ainsi les leviers d’actions à privilégier.

Des pratiques se développent, appuyées sur les dispositifs nationaux suivants :

Les espaces parents

Dans les établissements scolaires, les espaces parents sont créés pour rapprocher l’école des familles qui en sont les plus éloignées. Afin d’accompagner leur mise en œuvre dans les établissements, ont été réalisés :

  • un guide d’accompagnement de la mise en œuvre des espaces parents, destiné aux directeurs d’école et aux chefs d’établissement ;
  • une plaquette d’information destinée aux familles.

Un effort de formation est également conduit avec des séminaires nationaux sur les espaces parents en mars 2016 et 2017 et avec la création d’un parcours Magistère pour les référents académiques parents d’élèves.

Les mallettes des parents et le site dédié

La mallette des parents est mise en place à des moments importants de la scolarité : en CP, en sixième et en seconde. Elle est destinée à améliorer le dialogue entre les parents d’élèves et l’École en proposant des outils que les équipes éducatives utilisent pour animer la discussion avec les familles lors d'ateliers-débats, en leur rendant plus compréhensibles le sens et les enjeux de la scolarité de leur enfant, ainsi que le fonctionnement de l'institution scolaire.

Pour les CP, les écoles de l’éducation prioritaire ont expérimenté la mallette dès la rentrée 2012. En 2016-2017, 30 000 exemplaires de la mallette des parents en CP sont proposée aux équipes volontaires.

Les débats organisés autour des outils contenus dans la mallette portent sur ce que signifient apprendre à lire, aider son enfant à être élève, être bien à l’école. Les enseignants expliquent aux parents comment se déroulent les apprentissages et comment ils peuvent aider leurs enfants à réussir. Avant les débats, les parents sont invités à assister à une séance de classe, selon des modalités définies localement.

En sixième, l’expérimentation a été lancée en 2008 dans l'académie de Créteil et en 2016-2017, 10 000 exemplaires de la mallette des parents pour la classe de sixième sont proposés aux équipes volontaires.

Les ateliers-débats abordent essentiellement le fonctionnement du collège, l'accompagnement à la scolarité, le temps des devoirs, les résultats scolaires, l'accompagnement éducatif, des questions générales sur la parentalité, l'autorité et la préadolescence, le développement de l'autonomie, etc.
Les établissements peuvent choisir d’aborder d’autres thèmes, comme la santé, l’égalité filles-garçons ou les discriminations.

Les supports des mallettes des parents CP et sixième ont fait l’objet d’une actualisation et d’une réédition en janvier et en mars 2016.

Le 1er septembre 2016 un site dédié "mallette des parents", intégrant des ressources sur l’ensemble de la scolarité y compris l’entrée en seconde, a été mis en ligne mallettedesparents.onisep.fr, construit avec l’Onisep. Pour l’année 2017, l’objectif est de compléter les rubriques "construire la confiance" et "agir avec les parents".

"Ouvrir l'école aux parents pour la réussite des enfants"

Depuis 2009, l'opération "Ouvrir l'école aux parents pour la réussite des enfants" (OEPRE) est conduite en partenariat avec le ministère de l'Intérieur.

Le dispositif s’adresse à l’ensemble des parents allophones grâce aux financements conjoints du ministère de l’Éducation nationale (un million d’euros) et du ministère de l’Intérieur. Cette opération entend aider les parents à accompagner la scolarité de leurs enfants, par une meilleure connaissance de l’institution scolaire, un apprentissage de la langue française et une meilleure compréhension des principes, des valeurs et des usages de la société française.

Aujourd’hui, le dispositif a pris une ampleur nationale. En 2015/2016 plus de 7 000 parents ont suivi un atelier OEPRE, dans deux tiers des académies. Les retours montrent une adhésion croissante.

Une circulaire co-signée par les deux ministères va paraître prochainement pour simplifier le circuit de financement et relancer la dynamique du dispositif. A cette fin, il est également prévu de diffuser début 2017 un guide du formateur.
Enfin, des ressources, destinées aux parents et mises à leur disposition sur le site Éduscol, ont été traduites dans différentes langues et en "facile à lire et à comprendre" (FALC).

Promouvoir les partenariats avec les associations solidaires et de parents

Avec des associations humanitaires (ou solidaires) : ATD Quart-Monde, Secours Populaire, AFEV, etc.

  • le renforcement du lien école-familles en développant des outils et de la formation au service du dialogue entre les parents en grande pauvreté et l'école ;
  • l’accompagnement éducatif en lien avec les écoles et établissements
  • la recherche sur l’orientation scolaire permettant d’expliquer ainsi la forte corrélation entre pauvreté et orientation scolaire vers des filières d’adaptation scolaire et scolarisation d’élèves handicapés (ASH)...

Avec les fédérations de parents d’élèves pour :

  • l’ouverture de l’école à tous les parents, notamment les plus éloignés culturellement et physiquement pour favoriser l’école inclusive ;
  • la contribution à la promotion de l’égalité des chances en organisant des formations et journées thématiques sur différents sujets comme l’éducation artistique et culturelle
  • la promotion de l’éducation partagée et la citoyenneté en créant et diffusant des guides et pour, plus généralement, faciliter l’accès à l’information.

Un recensement d’autres partenariats existants au niveau académique ou départemental avec des associations a été réalisé, et permet de noter une diversité de liens partenariaux associatifs (SAMU social, association de la fondation étudiante pour la ville - AFEV, etc).

Déployer les programmes de réussite éducative dans les écoles et collèges des REP+

Dans le cadre de la refondation de la politique d’éducation prioritaire et de la géographie prioritaire de la politique de la ville, 30 nouveaux programmes de réussite éducative ont été labélisés en 2015 et 2016 par une commission nationale réunissant les deux ministères. D’autres projets concernant les territoires ultra-marins, Guyane et Mayotte sont en cours d’instruction.

Forte des résultats des études évaluatives, une nouvelle instruction relative au programme de réussite éducative repense les objectifs du PRE pour définir un cadre d’intervention des différents professionnels mieux structuré et plus cohérent en regard des besoins des enfants et des familles pris en charge.

Intégrer aux missions des CESC le suivi des actions des partenaires de l’école

Les comités d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC) départementaux intègrent à leurs missions le suivi des actions des partenaires de l’école (collectivités, associations) en faveur des familles défavorisées.

La grande pauvreté est un des enjeux et domaines d’actions des CESC. Une attention particulière doit être portée aux élèves en situation de grande pauvreté en :

  • mobilisant tous les acteurs sur le renforcement de la solidarité, sur l’enjeu de l’inclusion et sur la lutte contre les mécanismes de ségrégation sociale et territoriale ;
  • engageant des réflexions et actions pour améliorer la connaissance concrète des conditions de vie défavorisées ;
  • encourageant le développement d’actions en faveur d’une alimentation suffisante et équilibrée ;
  • collaborant avec des partenaires (faire le lien avec ADT quart monde).

Une enquête sur la gouvernance académique de la politique éducative sociale et de santé, et sur la mise en œuvre des CESC académiques et départementaux, sera réalisée en 2017.

La trousse à projets expérimentée dans cinq académies

La plateforme solidaire de financement participatif des projets des enseignants et de leurs élèves

La variété, l'ambition, le nombre des initiatives pédagogiques prises par les enseignants à l'école, au collège et au lycée représentent un atout formidable au service de la réussite et de l’épanouissement des élèves. Atelier robotique, écriture et édition d'ouvrage, projets scientifiques, visites culturelles etc. Le ministère évalue à 100000 le nombre de projets conduits chaque année dans le temps scolaire, intéressant plusieurs millions d'élèves et leurs parents. Ces projets sont fréquemment organisés avec des associations partenaires, et peuvent contribuer à des programmes ambitieux et thématiques.

Leur conduite exige un financement (typiquement de 500 à 2 000€), réuni traditionnellement auprès des institutions, mais aussi des familles, via les coopératives scolaires, d’autres associations ou directement les établissements scolaires. Les lycées, collèges et écoles sont concernés sur tout le territoire.

En lançant la Trousse à Projets dans cinq académies expérimentatrices (Lille, Montpellier, Orléans-Tours, Reims, Versailles) la Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et l’OCCE, Réseau Canopé, le Crédit Coopératif et le fond pour le numérique à l’école, partenaires de la plateforme, ont décidé de favoriser ces pratiques et de permettre que de tels projets puissent émerger là où souvent ils ne réussissent pas, en particulier dans les établissements dont les élèves sont issus de catégories socioprofessionnelles défavorisées ou situés dans des zones isolées. La création de la Trousse à Projets, plateforme numérique dédiée à l’accompagnement de ces projets doit permettre de répondre à trois étapes essentielles à leur réussite :

  • être un centre de ressources pédagogiques et méthodologiques pour les enseignants ;
  • être un espace de visibilité et de valorisation de ces projets ;
  • être une plateforme solidaire de financement participatif qui permettra de faciliter la collecte de fonds et d’en améliorer la transparence.

Cette plateforme permettra de développer les solidarités, de permettre la réalisation d’initiatives et projets, quel que soit le territoire. Ainsi, elle encouragera les dynamiques locales, associant les professionnels de l’éducation, leurs partenaires et les parents d’élèves.

Cet outil d’accompagnement, de visibilité et de financement - complémentaire dans le primaire du soutien apporté aux projets par les associations départementales OCCE (Office central de la coopération à l’école) - doit permettre de consolider la solidarité sur l’ensemble du territoire, en renforçant les capacités de tous à bénéficier de ces pratiques pédagogiques. La plateforme proposera à tous, grands ou petits donateurs, qui ne tiennent pas à sélectionner un projet particulier mais qui souhaitent concourir à la réussite de ces initiatives, dans un esprit de justice sociale en ouvrant la possibilité. Les dons recueillis par ce canal seront en effet orientés prioritairement vers les établissements situés dans les zones à difficulté socioéconomique. Ils pourront aussi être fléchés vers des thèmes estimés prioritaires, de l’éducation artistique au développement durable ou encore à la médiation scientifique et technique.

Les principales dates

  • 13 mars 2017 : ouverture du site la trousseaprojets.fr pour les projets issus de cinq académies pilotes  (Lille, Montpellier, Orléans-Tours, Reims, Versailles). Une cinquantaine de projets tests seront déposés progressivement.
  • À partir de juin 2017 : retour d’expériences de la phase test
  • Octobre 2017 : ouverture nationale du dispositif de la "Trousse à projets"

Présentation en une page de la trousse à projets
Télécharger le document de présentation de la trousse à projets au format .pdf

Déclinaison académique du plan "grande pauvreté et réussite scolaire"

Dans l’académie de Paris, divers outils et instances ont été mis en place pour assurer le déploiement local du plan "grande pauvreté et réussite scolaire".

Deux instances de concertation et de pilotage

  • un comité de pilotage interne réunissant des acteurs autour de trois approches : la pédagogie, la vie des écoles et des établissements, l’approche sanitaire et sociale. Ce comité s’est réuni deux fois. Entre temps, des sous commissions élargies à d’autres personnes se sont réunies pour réfléchir aux priorités et commencer la construction d’outils (ex : vade-mecum pour l’accès au droit et au non recours aux bourses) ;
  • un comité élargi à des partenaires de l’école : collectivités (ville et département), CAF, Défenseur des droits, fédérations de parents, etc, qui va se tenir avant les vacances de printemps.

Une circulaire déclinant les priorités

  • la mise en œuvre de politiques sociales dans les écoles et les établissements (compte rendu annuel au CA) avec :

•    la vigilance sur les fournitures, les sorties, les voyages ;
•    la réduction du non recours aux bourses, réduction de l’écart CSP défavorisées/pourcentage de boursiers ;
•    l’utilisation des fonds sociaux ;

  • l’impulsion de pédagogies favorisant, y compris dans les modes d’évaluation :

•    la différenciation et la gestion de l’hétérogénéité ;
•    la coopération ;
•    l’explicitation ;
notamment grâce à la co-intervention et aux formations en circonscription, en établissement, inter-degrés.

Une impulsion académique grâce aux leviers que sont

  • les dialogues de gestion ;
  • les lettres de mission des chefs d’établissements et des inspecteurs ;
  • le rapport pédagogique annuel d’établissement.

Une sensibilisation à la problématique des nouveaux personnels

  • à l’ESPE et en établissement scolaire.

Au collège Georges Rouault : une amélioration visible des résultats

Le collège Georges Rouault, situé dans le 19° arrondissement de Paris, est un collège de réseau d’éducation prioritaire REP+ qui accueille une population scolaire assez homogène socialement avec :

  • 6,2% d’enfants de cadres supérieurs et enseignants ;
  • 6,8% d’enfants de cadres moyens ;
  • 27,8% d’enfants d’employés, artisans, commerçants et agriculteurs ;
  • 53% d’enfants d’ouvriers et d’inactifs ;
  • 6,2% non renseigné.

Parmi ses élèves, il compte 59% de boursiers.

La maîtrise croissante de la vie scolaire et l’amélioration du climat scolaire (4 conseils de discipline en 2015/2016 contre 12 en 2011/2012) ont permis aux équipes de se consacrer pleinement aux enjeux pédagogiques et de parvenir ainsi à de bien meilleures acquisitions scolaires, avec 80,8% d’élèves ayant obtenu le Diplôme National du Brevet en 2016 contre 68,4% en 2010.

Ces résultats procèdent d’orientations pédagogiques cohérentes au niveau du réseau et de l’établissement dont les axes prioritaires sont :

  • la maîtrise de la langue ;
  • les compétences civiques et citoyennes ;
  • l’acquisition de capital culturel avec notamment 106 actions culturelles menées en 2015/2016 contre 80 en 2011/2012.

L’implication de l’équipe enseignante fait de l’établissement une école inclusive fondée sur la pédagogie différenciée et l’accompagnement des élèves, s’appuyant également sur une coopération améliorée avec les parents : 12 représentants de parents d’élèves élus au conseil d’administration du collège en 2016/2017 contre 5 en 2010/2011.


En savoir plus
Pages à consulter

Mise en œuvre des recommandations du rapport Grande pauvreté et réussite scolaire
Communiqué de presse du 27 février 201

La Trousse à projets

  • Le financement participatif
  • Contribuer à la réussite de tous et à une plus grande équité territoriale
  • Un recours vertueux au mécénat
  • Une démarche expérimentale et un déploiement progressif
  • Les partenaires de la Trousse à projets

La Trousse à projets

Grande pauvreté et réussite scolaire : le choix de la solidarité pour la réussite de tous
Rapport IGEN - mai 2015

L'éducation prioritaire

  • Les principes de la refondation de l'éducation prioritaire
  • Un ensemble de 14 mesures-clés qui bénéficient prioritairement aux écoles et établissements accueillant les élèves les plus défavorisés
  • L'éducation prioritaire pour l'année scolaire 2015-2016
  • La mise en place des parcours d'excellence à partir de la rentrée 2016
  • Éducation prioritaire : un site renouvelé

L'éducation prioritaire

Dossier de presse - Najat Vallaud-Belkacem - 27/02/2017
Mise à jour : mai 2017
Partager cet article
  • Envoyer à un ami
  • Facebook
  • Twitter
  • Imprimer
  • Agrandir / réduire la police

C'est officiel

Consultez les dates des vacances scolaires :

Les dates des vacances scolaires

Consultez les textes réglementaires publiés chaque jeudi :
Le Bulletin officiel
Le Bulletin officiel (Le B.O.)

DISPOSITIF VIGIPIRATE
"sécurité renforcée - risque attentat "

Consignes de sécurité applicables dans les établissements relevant du ministère


Découvrez les services en ligne de l'Éducation nationale

Une sélection de services répondant aux besoins des élèves, des parents et des enseignants

Découvrez les services en ligne de l'Éducation nationale

saisir les services de l'État

Saisir les services de l'État



LABEL RESPECT ZONE CONTRE LA CYBERVIOLENCE