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Esprit critique et laïcité : discours de Najat Vallaud-Belkacem
Discours - Najat Vallaud-Belkacem - 09/12/2016

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Najat Vallaud-Belkacem s'est exprimée lors du coloque intitulé "Esprit critique et laïcité" en présence de chercheurs, historiens, philosophes et enseignants, à l’occasion du 111e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905.


Journée nationale de la laïcité : discours de... par EducationFrance


Seul le prononcé fait foi,

Monsieur le Ministre, cher Jean-Noël JEANNENEY,

Monsieur le député, cher Pascal CHERKI,

Mesdames et messieurs les élus,

Monsieur le président de l’Observatoire de la laïcité, cher Jean-Louis BIANCO,

Madame la Directrice Générale de l’Enseignement Scolaire, chère Florence,

Monsieur l’Inspecteur Général, cher Abdenour BIDAR,

Mesdames et messieurs les Inspectrices et les Inspecteurs Généraux,

Monsieur le Professeur au Collège de France, cher Patrick BOUCHERON,

Madame la Professeure, chère Anne-Marie CHARTIER,

Mesdames et messieurs les professeurs, les enseignants-chercheurs et les chercheurs,

Mesdames et messieurs les référents laïcité,

Mesdames et messieurs les représentants d’associations,

Mesdames et messieurs, 

Chers amis,

Chères lycéennes et chers lycéens,




Nous célébrons aujourd’hui les 111 ans de la loi de séparation de l’Église et de l’État. Et c’est cette date du 9 décembre que nous avons choisie pour instaurer, depuis l’an passé, la journée de la laïcité. 

Pourtant, il ne faut pas oublier un autre anniversaire : celui de la laïcité à l’école, instaurée par la loi du 18 mars 1882, et qui a donc fêté, en mars dernier, ses 134 ans. 

Cette antériorité de la laïcité à l’École sur celle de l’État est tout sauf anodine.

L’École est déclarée laïque un an après la loi instaurant sa gratuité. La gratuité levait un obstacle matériel à l’accès à l’École ; la laïcité levait un obstacle spirituel, et ce n’est qu’à la condition que ces deux entraves soient levées, que l’on pouvait instituer, comme le fit Jules FERRY, l’obligation scolaire.

Oui, il y a, dans la laïcité, la volonté clairement affirmée par Ferdinand Buisson d’accueillir, chaque enfant, tous les enfants, avec, je cite, « les croyances qu’ils tiennent de leur famille ». 

Mais il y a surtout, dans la laïcité, l’affirmation de la mission de l’École de la République : former des citoyennes et des citoyens instruits, cultivés, éduqués, et autonome.

 

Le chemin de l’École est donc celui d’une émancipation. C’est cette émancipation que rend possible la laïcité, par la constitution d’un esprit critique. Laïcité et esprit critique sont donc profondément liés, le colloque de ce matin l’a démontré avec force, et je tiens à en remercier chaleureusement les intervenants.

L’École, mesdames et messieurs, n’est donc pas une institution républicaine qui serait laïque juste parce que l’État est laïc. Ce n’est pas simplement un lieu où s’applique la laïcité ; c’est un lieu qui donne au sens même de la laïcité un relief particulier. 

Voilà pourquoi j’ai voulu que soit menée une action d’une ampleur inégalée pour à la fois transmettre, enseigner, mais aussi défendre, chaque fois que cela était nécessaire, la laïcité.

La défendre, parce que la laïcité a été, ces dernières décennies, méconnue, attaquée, et affaiblie. Arrêter de détourner le regard et affronter la réalité de la situation en face, tel a été l’un des grands objectifs de mon action en tant que ministre de l’Éducation Nationale.

 

J’ai tenu à ce que les cas d’atteintes au principe de la laïcité fassent l’objet de remontées systématiques. Et que tout manquement donne lieu à une réaction, ferme et appropriée.

La fermeté, c’est redonner, à chaque acte, sa dimension et son sens. C’est savoir par exemple distinguer entre ce qui relève d’une atteinte très claire à la laïcité, et qui comme telle doit être punie, de phénomènes liés à l’adolescence en général.

Signaler et sanctionner, sans jamais détourner le regard, mais sans jamais s’interdire de penser, telle est aujourd’hui la règle au sein de nos établissements. 

Etre vigilant et ferme c’est essentiel. Mais il est tout aussi essentiel d’expliquer et d’enseigner.

La laïcité ne doit pas simplement être mobilisée quand les bornes sont dépassées. En réaction. En défense. Elle doit être l’objet d’une pédagogie active et permanente, faite de dialogue, de mise en situation et de débats, s’appuyant sur l’ensemble des ressources disponibles dans les établissements. 

C’est le sens, par exemple, de la charte de la laïcité, qui est affichée dans tous les établissements, et dont les familles doivent prendre connaissance. Cette charte rappelle que la laïcité est un cadre juridique, et, à travers ses différents articles, la laïcité se trouve transcrite très concrètement pour l’ensemble de la communauté éducative en termes de droits et de devoirs.

J'ai aussi voulu appuyer davantage les professionnels de l'Éducation Nationale dans leur mission de transmission de la laïcité, au cœur de notre culture commune, en mettant l’accent sur la formation initiale, continue, et par un accompagnement régulier.

La formation initiale intervient dans nos Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation. La capacité des candidats à « expliquer et à faire partager les valeurs de la République » a été inscrite dans le tronc commun des enseignements, et fait l’objet d’une évaluation systématique dans les concours de recrutement.

Une formation continue est également assurée pour l’ensemble de nos enseignants. Ce sont près de 70 000 journées de formation qui y ont été consacrées entre 2014 et 2016 ; des modules de formation à la laïcité et à l’enseignement laïc des faits religieux ont été élaborés par la DEGESCO sur la plate-forme M@gistère, à laquelle l’ensemble des enseignants peut avoir accès ; enfin, des ressources pédagogiques adaptées sont disponible sur CANOPE.

J’ai aussi instauré des référents laïcité, et je tiens à saluer celles et ceux qui sont présent aujourd’hui. Ils jouent un rôle dans la formation, initiale et continue, que dans l’accompagnement, et interviennent toutes les fois que des enseignants ou des équipes pédagogiques font appel à eux. 

Toujours pour renforcer cette culture commune de la laïcité, un livret laïcité a été transmis au personnel, pour qu’il puisse se l’approprier et la faire respecter, avec, toujours, une connaissance et une conscience claire de ses enjeux. 

Nous diffusons d’ailleurs aujourd’hui une version actualisée du livret laïcité, qui tient compte des dernières jurisprudences.

C’est un outil essentiel pour les personnels de direction. Cela leur permet de connaître l'état du droit et de disposer des recommandations pédagogiques pour mettre en œuvre le principe de fermeté que j’évoquais, et ne laisser aucune atteinte sans suite.

Ma volonté est claire : aucun enseignant ne doit, au sein de sa classe, se sentir isolé, oublié, devant des contestations et des remises en cause de la laïcité. Et je suis d’ailleurs heureuse de constater aujourd’hui que nos personnels n’ont plus ce sentiment qu’ils avaient pu avoir par le passé, de se sentir livrés à eux-mêmes sur ce sujet. 

Oui, la laïcité est un bien trop précieux pour ne pas mettre en œuvre tout ce qui est nécessaire pour la sauvegarder, pour la transmettre, et pour l’enseigner.

Et si nous y sommes tant attachés – et je veux évidemment saluer le travail conduit par Jean-Louis BIANCO et par l’Observatoire national de la laïcité – c’est que par la laïcité, un choix fondamental a été fait en 1882, qui nous engage encore aujourd’hui : ce choix, c’est celui de donner une même place à chacune et à chacun, à celui qui croit au ciel comme à celui qui n’y croit pas.  

Non en ignorant l’individualité et la singularité de chaque élève : mais en faisant fond sur ce qui les rassemble. En s’appuyant sur la raison, sur la pensée, qui fondent notre singularité en tant qu’être humain. 

La laïcité rend ainsi possible la critique, le débat, l’argumentation, et elle instaure un espace de connaissance, d’échange et d’enseignement. Elle constitue une assise commune, et je crois qu’il est important de rappeler à quel point l’Ecole est un lieu qui nous rassemble. Franchir son seuil, c’est s’inscrire dans une communauté, celle de la connaissance, du savoir, de la culture, qu’unit un certain nombre de valeurs.

La laïcité est profondément liée à ces valeurs. C’est, bien sûr, une loi. Mais ce qui est à l’origine de cette loi, c’est la tolérance, l’ouverture. C’est une certaine idée de l’humanité, et du progrès. Ce n’est donc pas quelque chose d’abstrait et de désincarné. 

 

Cela se vit, au quotidien, et c’est pour cette raison que j’ai instauré des cérémonies républicaines et laïques de remise du Diplôme National du Brevet. 

A travers ces cérémonies, s’exprime un attachement à l’École, à ce qu’elle défend, et à celles et ceux qui la font vivre. 

J’ai eu l’occasion d’y assister, et je peux vous assurer que ce qu’on y voit, fait profondément honneur à notre devise républicaine, et en particulier à la fraternité. 

C’est, pour les élèves, leurs familles, et les équipes pédagogiques, un moment particulièrement émouvant, qui nous rappelle que l’École a besoin de symboles, de rites, de temps forts qui viennent forger une identité commune, fondée sur des valeurs partagées.

La laïcité à l’École fait donc profondément sens. Elle fixe une distinction essentielle, entre savoir et croyance. Une distinction qui renvoie à ce qui se passe en son sein.

Ce qui se joue à l’école n’est pas l’irruption soudaine d’une connaissance, une illumination. 

J’ai, comme beaucoup d’élèves – je pense que les lycéennes et les lycéens pourront le confirmer – j’ai donc bien sûr rêvé, un jour, à cette potion magique qui donnerait immédiatement accès à l’ensemble du savoir universel. 

J’ai attendu les progrès de la science, pour qu’enfin une machine que l’on brancherait pendant son sommeil, me permette d’apprendre en une nuit l’ensemble des langues du monde, sans efforts.

Mais un tel rêve s’oppose au temps même du devenir, qui est celui de l’École. Celle-ci ne transforme pas. Elle ne métamorphose pas : elle forme. C’est bien différent.

 

Admettons-le : il est souvent plus facile de s’en remettre à la croyance et à la logique de la révélation, qu’à celle du savoir et de l’enseignement. La révélation a un grand avantage : elle ne nécessite ni argumentation complexe à déployer, ni épistémologie particulière. Il n’y a qu’à croire, et puis voilà. 

Et croire ne renvoie pas forcément au religieux. Croire quelque chose s’oppose aussi au savoir : non parce que ce que l’on croit serait forcément faux. Mais parce que la démarche n’est pas la même.

Ainsi, un enfant croit volontiers ses parents quand ceux-ci lui disent qu’il serait dangereux pour lui de se faire renverser par une voiture. Il n’exige pas une démonstration scientifique mettant en évidence les effets de la masse et de la vitesse d’une voiture sur le corps, et, parallèlement, la démonstration qu’un poumon perforé nuit gravement à la vitalité.

 

Donc il y a bien des choses que nous croyons, sans qu’elles soient parfaitement prouvées. Le philosophe Hume a beau jeu de constater que rien ne prouve que le soleil se lèvera demain. Pourtant, nous nous y attendons. 

Si je rappelle cela, c’est parce que la distinction entre croire et savoir est trop souvent résumée à une séparation du religieux et du scientifique. Mais cela recoupe aussi le pseudo-scientifique, ou les théories complotistes.

Nous sommes aujourd’hui dans un monde où les sources d’informations sont nombreuses ; mais avec elles, se multiplient aussi les sources de désinformations. 

Une désinformation qui suscite une adhésion qui n’est pas celle de la connaissance, mais bien de la croyance.

La formation de l’esprit critique n’est donc pas simplement une exigence : c’est une urgence.

Quand vous êtes confrontés à des technologies qui non seulement permettent une diffusion extrêmement rapide des contenus, mais où chacun peut aussi retoucher des photos, truquer des films, et donc devenir à son tour producteur de sources falsifiées, vous avez forcément besoin d’un esprit critique. 

Au triptyque canonique des fondamentaux, « lire, écrire, compter », il est donc urgent d’ajouter un quatrième verbe : « penser » !

Alors, je sais que cela peut sonner étrangement quand on parle d’apprendre à « penser ». 

 

Mais apprendre à penser, ce n’est pas fournir du prêt à penser ; ce n’est pas faire du bourrage de crâne ou de la propagande. 

Là encore, si c’était cela que l’on fait à l’École, ce serait tellement plus simple, tellement plus facile ! Et certains, aujourd’hui encore, rêvent de trahir l’Histoire en en faisant un roman, avec de belles images simplistes. Mais l’Histoire n’est pas un conte de fées, et à la complexité du monde, doit répondre la complexité de la pensée. 

Apprendre à penser, c’est faire travailler nos élèves en leur donnant cette capacité à inscrire leurs connaissances dans une dynamique et une structure qui sont celles de l'argumentation et de la raison. 

C’est nourrir leur esprit critique, tout en cultivant leur sensibilité.

C’est bien sûr une dimension qui parcourt l’ensemble des disciplines : ainsi, travailler sur le sens d’un texte, sur la lecture, être capable de le remettre dans un contexte, en dévoiler, le cas-échéant, l’ironie, tout cela contribue à l’esprit critique. Mais c’est aussi l’objet, désormais, d’enseignements spécifiques. 

Je pense, par exemple, au parcours citoyen, qui s’appuie sur l’Enseignement Moral et Civique, où nos élèves apprennent la pratique du débat argumenté, et sur l’Éducation aux Médias et à l’Information.

Celle-ci donne à nos élèves, des réflexes qui sont, à bien des égards, ceux des historiens : s’interroger sur les sources d’une information, exercer une critique à la fois interne et externe, et ne pas oublier, devant les photos, les vidéos et les images la formule d’Edgar MORIN : « Savoir voir nécessite savoir penser ce que l’on voit. Savoir implique donc savoir penser, comme savoir penser implique savoir voir. »

C’est donner à nos élèves, en particulier avec les enseignements prodigués par les professeurs-documentalistes, les réflexes nécessaires pour trouver des informations, les vérifier, les valider.

Ces enseignements sont aussi l’occasion de lutter contre une perception faussée de ce que signifie « critique », que l’on résume trop souvent aujourd’hui à négatif. 

L’esprit critique n’est pas « l’Esprit qui toujours nie », ce n’est pas le ricanement facile et sarcastique. C’est une attitude, un état d’esprit, et des pratiques précises. 

C’est la modestie, l’écoute, la curiosité, la lucidité et l’autonomie, celle-là même que JANKÉLEVITCH  appelait « la liberté du sage » parce qu’elle « associe la spontanéité à la loi. » C’est aussi savoir s’informer, distinguer les faits et les interprétations, confronter des interprétations, les évaluer, et évaluer une information.

Pour développer l’enseignement de l’esprit critique, nous allons d’ailleurs nous appuyer sur un certain nombre d’initiatives : sur les grands forums d’Abdennour BIDAR ; sur les ateliers de philosophie, dès l’école primaire ; et sur les travaux du Collectif de Recherche Transdisciplinaire Esprit Critique & Sciences, né en 2010 à Grenoble, Marseille et Montpellier.

Je passe un peu rapidement sur ce sujet, mais je vous rassure,  j’aurais l’occasion d’y revenir plus longuement en conférence de presse et je veux remercier celles et ceux qui sont venus aujourd’hui pour présenter leurs projets. Parce que nous avons besoin, sur ce sujet comme sur bien d’autres, de nous appuyer sur les professeurs, sur les chercheuses et les chercheurs.

J’ajouterai que nous en avons d’autant plus besoin quand on voit à quel point la rigueur, l’exigence et la précision, font parfois cruellement défaut dans les débats actuels.

Nous vivons, avouons-le, une époque singulière. Voici que l’on entend sans cesse des gens se moquer de la bien-pensance, comme si bien penser était la chose la plus scandaleuse qui soit ?! 

N’est-il pas révélateur de voir la mesure, la retenue, l’attention portée à la complexité du monde, considéré comme un vice ou comme une tare ? 

Refuser de rentrer dans les facilités des amalgames et de la confusion, ne pas tolérer les comparaisons à l’emporte-pièce et la généralisation abusive et outrancière, est-ce donc un scandale ? 

Si  bien penser devient une faute, alors ne nous étonnons pas de constater qu’il existe, entre la recherche et la société, un fossé, qui ne cesse de s’élargir. Si la rigueur et la précision n’ont plus cours, on comprend aisément que vos recherches, vos travaux, vos articles, souffrent de ne pas être assez connus, lus, et débattus.

 

Au débat argumenté, préférons-nous vraiment le buzz et le clash ? Sans doute est-il plus rapide de lire un tweet qu’une revue scientifique, mais ce que vous nous apportez mérite bien cet effort !

Oui, penser le monde, dans sa complexité, dans son désordre, mérite bien mieux que des clichés et des raccourcis abusifs. Et de la même façon, ne nous laissons pas intimider par les attaques incessantes que subit le « politiquement correct ». 

Ce mot ne doit pas devenir une insulte ou une calomnie. Son sens, loin des outrances populistes, c’est bien chez FOUCAULT que nous le trouvons, quand il déclare, je cite : « une pensée politique ne peut être politiquement correcte que si elle est scientifiquement rigoureuse. »

Devant celles et ceux qui brandissent la bien-pensance et le politiquement correct comme des tyrannies, et qui se proclament rebelles ou antisystèmes sur des plateaux de télévision et dans les colonnes des journaux, nous devons revenir à la rigueur, à la précision et à l’exigence, pour sortir des postures.

Si nous voulons enseigner l’esprit critique, le transmettre à nos élèves, alors nous devons nous-mêmes renouer avec un débat d’où ne serait pas exclue la pensée ; nous devons porter des discours refusant à la fois la tentation de l’euphémisme et l’outrance de l’hyperbole, et nous efforcer d’être justes, dans le choix des mots comme dans les arguments avancés.

L’esprit critique nous permet de donner du sens au monde qui nous entoure, de trouver notre place en son sein, et de ne pas aller chercher ailleurs un sens tout fait, prêt à l’emploi. 

Lui redonner une place centrale au cœur de nos établissements, c’est renouer avec l’exigence et l’élan des périodes dans lesquelles s’enracine l’École de la République : l’humanisme de la Renaissance, et le Lumières du XVIIIème siècle.

Alors on pourrait se dire, quel rapport avec le monde qui est le nôtre ? Pourquoi se tourner vers le passé, quand l’avenir est déjà si incertain ? C’est que le passé n’a pas vocation à être un modèle figé, ou l’objet d’une nostalgie fantasmée. Par contre, il peut être, et doit être, pour nous, une inspiration, pour construire ensemble l’avenir.

Ces deux périodes, leurs noms nous les font parfois envisager sous un éclairage trop flatteur. La Renaissance, comme cela sonne bien ! Les Lumières, quel éclat devait avoir ce siècle ! Pourtant, quand on y regarde de plus près, le clair-obscur s’impose.

La naissance de l’humanisme se fait dans une période de troubles. De bouleversements profonds. De guerres civiles, en Italie ou en France. De crises, financières – déjà – politiques et sociales. Quant aux Lumières, leur clarté ne doit pas dissimuler les guerres, les intolérances, les persécutions, la souffrance et la violence qui ravageaient l’Europe.

Ce que nous dit ce clair-obscur, c’est qu’une époque troublée, critique, au sens presque médical du terme, n’est pas vouée à la régression. Les tensions actuelles ne sont pas une fatalité, et les actions que nous allons avoir le plaisir de récompenser tout à l’heure en sont la preuve. 

Dans les troubles de notre époque, nous devons donc garder un esprit lucide, critique, en liant constamment la pensée à l’action, et l’action à la pensée. C’est cela aussi que nous devons apprendre à nos élèves : chers élèves, ne subissez pas le monde qui nous entoure, mais devenez-en des actrices et des acteurs engagés, citoyens, déterminés.

Devenez des femmes et des hommes capables de savoir quand ils croient, et quand ils croient savoir. Soyez capables de ne pas être soumis à la fascination des discours mortifères, mais distinguez-en les méandres, et démontez-en les rouages.

À tout cela, à cet épanouissement de l’esprit libre et autonome, la laïcité contribue.  Ce n’est, au fond, qu’un juste retour des choses. 

Car à l’origine de la laïcité, que trouve-t-on ? Des esprits libres, critiques, dont nous sommes aujourd’hui les héritières et les héritiers.

Je vous remercie

 

En savoir plus
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Esprit critique et laïcité

  • La laïcité à l'École de la République : les actions menées dans la continuité de la commission STASI et de la loi de 2004
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  • La laïcité à l'École, point sur la formation

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Mise à jour : décembre 2016

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