CONVENTION GÉNÉRALE DE COOPÉRATION ENTRE LE MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE ET LA FÉDÉRATION DES INDUSTRIES MÉCANIQUES (FIM)
Convention
du 29-6-2001
NOR : MENE0200237X
RLR : 523-3a
MEN - DESCO
UNE CONVENTION DE COOPÉRATION
a été
signée
entre
Le ministre
de l'éducation nationale
Monsieur
Jack LANG
Le ministre
délégué à l'enseignement professionnel
Monsieur
Jean-Luc MÉLENCHON
et
La présidente
de la fédération des industries mécaniques
(désignée
ci-après par le sigle FIM)
Madame Martine
CLÉMENT
Vu les dispositions
;
- du code de
l'éducation ;
- du livre I
et du titre VIII du livre IX du code du travail ;
- de la loi
n° 71-578 du 16 juillet 1971 sur la participation des employeurs au
financement des premières formations technologiques et professionnelles
;
- des lois de
décentralisation et notamment la loi n° 85-97 du 25 janvier
1985 relative aux rapports entre l'État et les collectivités
territoriales ;
- de la loi
n° 87-572 du 23 juillet 1987 relative à l'apprentissage et notamment
les articles 19 et 20 ;
- de la loi
n° 92-675 du 17 juillet 1992 portant diverses dispositions relatives
à l'apprentissage, à la formation professionnelle et modifiant
le code du travail ;
- de la loi
n° 93-1313 du 20 décembre 1993 relative au travail, à
l'emploi et à la formation professionnelle ;
- de la loi
n° 96-376 du 6 mai 1996 portant réforme du financement de l'apprentissage.
EXPOSÉ
DES MOTIFS
Considérant
que
le ministère de l'éducation nationale souhaite renforcer
sa coopération avec les branches professionnelles :
- dans le cadre
de ses missions générales d'information sur les métiers
et de définition des diplômes technologiques et professionnels,
en concertation avec les partenaires sociaux ;
- dans le cadre
des actions qu'il conduit lui-même dans le domaine de la formation
professionnelle et de l'insertion des jeunes ainsi que dans le domaine
de la formation des adultes à travers le réseau des GRETA.
Considérant
que
la profession des industries mécaniques a besoin, pour son développement,
de personnels qualifiés. Pour ce faire, la fédération
des industries mécaniques (FIM) a pour mission d'assurer l'interface
entre la profession et le système éducatif, ce qui conduit
à étudier les métiers et leurs évolutions,
coopérer avec l'éducation nationale pour la création,
l'adaptation et le suivi des formations et des diplômes à
tous les niveaux dans les domaines de la mécanique, et participer
à l'information et à l'orientation des jeunes, notamment
par la valorisation des métiers de la mécanique.
Considérant
que
cette convention établie en application des articles R. 116-24 et
25 du code du travail constitue le cadre de référence de
la coopération entre le ministère de l'éducation nationale
et la fédération des industries mécaniques (FIM).
Conviennent
ce qui suit :
I - Évolution des métiers, des formations et des diplômes
Article 1
- Étude des métiers et de leur évolution
Le ministère
de l'éducation nationale et la FIM recherchent les moyens de développer
leur coopération en vue d'analyser sur les plans quantitatif et
qualitatif les métiers et les professions de la mécanique
et d'étudier leur évolution.
Article 2
- Relation emploi/formation
Le ministère
de l'éducation nationale et la FIM étudient les modalités
d'une meilleure articulation des formations technologiques et professionnelles
initiales à l'évolution des besoins de qualifications suscités
par les évolutions économiques, technologiques et organisationnelles.
Dans ce cadre,
la FIM contribue aux réflexions qui sont entreprises et informe
le ministère de l'éducation nationale de l'évolution
des métiers du champ professionnel concerné et fait connaître
ses avis et recommandations sur l'évolution des formations.
Le ministère
de l'éducation nationale bénéficie de l'appui de la
FIM pour les études et les enquêtes à réaliser
ou à faire réaliser, dans la perspective de la création
et de la rénovation des diplômes et des formations technologiques
et professionnelles intéressant la profession.
Article 3
- Les diplômes concernés
Compte tenu
des besoins constatés, les actions à entreprendre portent
sur les formations sanctionnées par un des diplômes de l'enseignement
professionnel et technologique intéressant la profession et, le
cas échéant, sur des formations nouvelles ou expérimentales.
II - Information et orientation
Article 4
- Information des jeunes, des familles, des personnels de l'éducation
nationale
La FIM apporte
son concours à l'action menée par le ministère de
l'éducation nationale en matière d'information et d'orientation
vers les métiers de la mécanique, quelles que soient les
voies de formation. À cet effet, elle contribue à l'information
des jeunes, des familles, des chefs d'établissements, des personnels
enseignants et d'orientation, notamment dans les conditions suivantes :
- élaboration
et diffusion de supports d'information, pour promouvoir l'image des métiers
de la mécanique et permettre à un nombre croissant de jeunes
de se diriger vers les formations qui y préparent. Ces actions destinées
principalement aux jeunes de collège (élaboration de Cédéroms,
films, "stands métiers") seront poursuivies ;
- participation
de représentants de la profession à des conférences
et à des actions d'information dans les collèges et les lycées
;
- aide au rapprochement
entre les établissements scolaires et les entreprises notamment
grâce à des visites d'entreprises ;
- accueil de
jeunes et d'enseignants dans le cadre de salons professionnels.
L'ensemble de
ces actions doit faciliter l'élaboration du projet d'orientation
scolaire et professionnelle du jeune.
III - Formation professionnelle des jeunes
Article 5
- Participation de la FIM à l'enseignement professionnel
5.1 Évolution
de l'offre de formation initiale
La FIM et le
ministère de l'éducation nationale développent les
moyens de renforcer le partenariat entre le lycée professionnel
et la profession.
Dans ce but,
les recteurs et les représentants de la branche se concertent sur
les diplômes visés à l'article 3 de la présente
convention pour :
- l'ouverture
de sections en lycée professionnel en vue d'adapter l'offre de formation
initiale aux besoins des entreprises,
- l'ouverture,
le cas échéant, de sections d'apprentissage dans les établissements
scolaires et la conclusion de conventions entre ces établissements
et des CFA de la branche.
Un effort particulier
de concertation entre les deux parties aura lieu notamment dans les phases
préparatoires à l'élaboration des plans régionaux
de développement de la formation professionnelle des jeunes et des
contrats d'objectifs.
5.2 Actions
pédagogiques communes
La FIM favorise,
par des actions de communication, l'accueil des élèves et
des apprentis dans les entreprises du secteur concerné, notamment
dans le cadre des périodes de formation en entreprise prévues
par les textes.
Les parties
conviennent également d'encourager la signature de conventions entre
les entreprises de la mécanique et les lycées professionnels
concernés. Ces conventions prendront notamment en compte, la qualité
de l'accueil des élèves, les objectifs assignés à
la période de formation en entreprise, les modalités d'évaluation
de celle-ci et les rétributions qui pourront être versées
aux élèves pendant ces périodes en milieu professionnel.
La FIM apporte
le concours technique de la profession à l'étude et, éventuellement,
à la mise en application des modalités d'acquisition des
diplômes de l'enseignement technologique ou professionnel, notamment
par le contrôle en cours de formation, dans le cadre de la réglementation
en vigueur.
Des représentants
de la profession participent à l'évaluation de la période
de formation en entreprise des jeunes et aux jurys d'examens.
Des actions
visant à améliorer la pédagogie seront entreprises
en commun dans les domaines suivants :
- élaboration
de documents pour améliorer la continuité pédagogique
de la formation entre le lycée et l'entreprise ;
- actions de
formation en faveur des tuteurs, des maîtres d'apprentissage, et
des formateurs de CFA, de lycées professionnels et de lycées
ayant des sections technologiques et professionnelles organisées
par les professionnels du secteur de la mécanique.
5.3 Coopération
technologique avec les établissements scolaires
La FIM informera
les entreprises de son secteur d'activité des possibilités
de coopérations technologiques avec les établissements scolaires,
notamment dans le cadre offert par la loi sur l'innovation et la recherche.
Article 6
- Actions communes dans le cadre du programme "Nouvelles Chances"
La FIM apporte
son concours aux actions menées par le ministère de l'éducation
nationale en faveur de l'insertion des jeunes susceptibles de sortir du
système éducatif sans avoir acquis au moins un niveau CAP,
notamment dans le cadre du programme "Nouvelles Chances", destiné
à réduire les sorties de jeunes sans qualification du système
éducatif.
La FIM encourage
les entreprises du secteur à offrir aux jeunes, toutes les voies
de formation préparant l'accès à l'emploi, en ayant
recours notamment aux différents types de contrats d'insertion et
en s'efforçant de développer, avec l'appui de l'éducation
nationale, des parcours individualisés de formation comme ceux prévus
par les formations intégrées développés dans
le cadre de la mission générale d'insertion du ministère
de l'éducation nationale.
Article 7
- Matériels et documentation
La FIM et le
ministère de l'éducation nationale renforcent leur coopération,
notamment par :
- des prêts
de matériels et de logiciels aux établissements ;
- des dotations
en vue du renouvellement ou de l'acquisition des équipements pédagogiques
;
- des dotations
en documents professionnels et ouvrages techniques ;
- le recours
par des entreprises du secteur à des équipements industriels
ou pédagogiques implantés dans les établissements.
IV - Formation continue des salariés
Article 8
- Formation des salariés des entreprises de la branche
Une coopération
s'établit entre le ministère de l'éducation nationale
et la FIM, afin de développer la formation des adultes du secteur
concerné selon les axes suivants :
- conseil et
ingénierie en formation : analyse des métiers et des emplois,
évaluation des compétences, assistance à la conduite
de projet, analyse des besoins en formation, élaboration de plans
de formation, construction et évaluation de dispositifs de formation,
création d'outils pédagogiques, mesure des effets de la formation;
- mise en œuvre
des actions de formation.
Article 9
- Validation diplômante des acquis professionnels
La FIM informera
les salariés des entreprises du secteur sur les perspectives ouvertes
par la loi du 20 juillet 1992 sur la validation des acquis professionnels.
Le ministère de l'éducation nationale et la FIM faciliteront
l'accès des salariés à ce dispositif. À cet
effet, le ministère de l'éducation nationale et la FIM poursuivront
la collaboration déjà entreprise à titre expérimental.
V - Formation continue des personnels de l'éducation nationale
Article 10
- Participation de la FIM à la
formation continue des personnels de l'éducation nationale
La FIM encourage
les entreprises du secteur à développer l'accueil des personnels
de l'éducation nationale avec le souci d'adapter au mieux ces périodes
en entreprises au projet professionnel de l'intéressé.
Cette action
peut prendre des formes diverses, notamment :
- stages spécifiques
à caractère technique ;
- périodes
de formation en milieu professionnel ;
- stages durant
les mois d'été ;
- accueil en
entreprises d'enseignants pour des durées plus longues et en les
intégrant dans le système de production des entreprises.
VI - Communication
Article 11
- Diffusion des actions réalisées
La FIM et le
ministère de l'éducation nationale conviennent de mettre
en place les moyens de communication relatifs aux actions réalisées
en application de la présente convention ; en outre, le partenariat
sera clairement indiqué pour tout document ou action financé
dans le cadre de cet accord.
VII - Dispositif financier relatif à l'utilisation de la taxe d'apprentissage
Article 12
- Agrément en qualité d'organisme collecteur de taxe d'apprentissage
En application
de l'article 7 - 1er alinéa du décret n° 72-283 du 12
avril 1972 modifié, la FIM est agréée en qualité
d'organisme collecteur de versements exonératoires de la taxe d'apprentissage.
À ce
titre, elle est soumise aux obligations de gestion et de contrôle
de la taxe d'apprentissage prévues par la réglementation
en vigueur.
En particulier,
elle est tenue d'adresser aux services compétents du ministère
de l'éducation nationale avant le 31 mai un état des versements
recueillis et un état détaillé comportant la liste
des bénéficiaires des sommes redistribuées.
Article 13
- Modalités de répartition
La répartition
de la taxe d'apprentissage collectée auprès des entreprises
est effectuée par la FIM, après avis du groupe technique
et conformément aux règles qui régissent cette taxe
et en particulier :
- les sommes
correspondant au "quota" réservé à l'apprentissage
sont intégralement reversées à des centres de formation
d'apprentis ou à des sections d'apprentissage ;
- les sommes
correspondant à la part de taxe soumise au barème sont reversées
aux formations technologiques et professionnelles assurées par les
établissements d'enseignement publics et privés ou à
des centres de formation d'apprentis en fonction de la réglementation
en vigueur. Les modalités de répartition de la fraction reversée
à ce titre à des établissements publics d'enseignement
relevant du ministère de l'éducation nationale font l'objet
d'une concertation particulière.
Les conseils
régionaux et les rectorats sont systématiquement tenus informés
par la FIM, pour ce qui les concerne, des résultats de cette répartition.
Article 14
- Habilitation à conserver la taxe d'apprentissage et budget prévisionnel
Conformément
à l'article R 116-25 du code du travail, la FIM est habilitée
à conserver des versements exonératoires de la taxe d'apprentissage,
au titre de la part soumise au barème. Les actions prévues
aux articles 2 (3ème alinéa), 4, 5.2 (sauf dernier tiret),
5.3, 6 et 7 (sauf dernier tiret) ci-dessus, pourront être financées
au moyen de la taxe d'apprentissage conformément à la réglementation
en vigueur.
Chacune de ces
actions fait l'objet d'un état descriptif et d'un budget prévisionnel
correspondant qui est soumis à l'approbation du ministère
de l'éducation nationale avant le 31 décembre de l'exercice
précédent.
À défaut
de cette approbation, les sommes prévues audit budget ne peuvent
être engagées. La non réponse du ministère de
l'éducation nationale dans un délai de deux mois a valeur
d'acceptation.
Article 15
- Rapport d'activités
La FIM adresse
au ministère de l'éducation nationale un compte rendu financier
et un rapport d'activités concernant la réalisation des actions
couvertes par l'article 15, au 31 mars de l'année suivante.
VIII - Dispositif de suivi
Article 16
- Missions du groupe technique
Il est créé
un groupe technique de formation professionnelle chargé de l'animation,
du suivi et de l'évaluation de la présente convention. Il
a en particulier pour missions de formuler un avis sur :
- toutes les
questions relatives à la mise en œuvre des axes de coopération
définis dans la présente convention,
- les propositions
d'utilisation et de répartition des sommes correspondant aux versements
non affectés collectés par la FIM au titre de la taxe d'apprentissage.
Il se réunit
au moins une fois par an à l'initiative de la FIM ou de l'éducation
nationale.
Article 17
- Composition du groupe technique
Le groupe technique
de formation professionnelle comprend 15 membres :
- 5 représentants
des employeurs relevant du secteur représenté par la FIM
;
- 5 représentants
des salariés appartenant à des organisations représentatives
des professions représentées par la FIM ;
- 5 représentants
désignés par le ministère de l'éducation nationale,
auxquels peut s'adjoindre selon l'ordre du jour, un représentant
de l'ONISEP.
Article 18
- Suivi au niveau académique
Un groupe de
suivi est créé dans toutes les académies, s'il n'existe
pas au niveau régional un lieu de concertation régulier entre
la profession et l'éducation nationale. Ce groupe réunira
des représentants de l'académie, des représentants
régionaux de la profession ainsi que des représentants régionaux
des organisations syndicales représentatives de salariés.
Les représentants
régionaux de la profession sont invités à prendre
contact avec les services du ou des rectorats concernés pour constituer,
s'il y a lieu, le groupe de suivi et définir ses modalités
de fonctionnement.
IX - Disposition finale
Article 19
- Durée de la convention
La présente
convention prend effet à compter de la date de signature ; elle
est conclue pour une durée de 5 ans et ses dispositions demeurent
applicables à titre provisoire durant la période de négociation
en vue de son renouvellement. Au cours de la période de validité,
elle peut être dénoncée ou modifiée par avenant,
à la demande de l'une ou l'autre des parties. En cas de dénonciation
ou de non-renouvellement, un préavis de 6 mois doit être respecté.
Fait à Paris, le 29 juin 2001
Le ministre de
l'éducation nationale
Jack LANG
Le ministre
délégué à l'enseignement professionnel
Jean-Luc MÉLENCHON
La présidente
de la fédération des industries mécaniques
Martine CLÉMENT
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B.O.
spécial n° 7 du 28 février 2002
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