ENSEIGEMENTS ÉLÉMENTAIRE ET SECONDAIRE



PARTENARIAT
Convention-cadre entre le MEN et l'association Ingénieurs pour l'école
NOR : MENE0300395X
RLR : 501-4a
CONVENTION DU 5-2-2003
MEN
DESCO

Le ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
et
le président de l'association Ingénieurs pour l'école
Vu les dispositions :
- du code de l'éducation ;
- de la loi n° 99-587 du 12 juillet 1999 sur l'innovation et la recherche ;
- du décret-loi du 2 mai 1938 relatif aux subventions accordées par l'État aux associations, sociétés et collectivités privées ;
- de la circulaire n° 2001-261 du 17 décembre 2001 relative au lycée des métiers.
Considérant :
que le ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche :
- prépare et met en œuvre la politique du Gouvernement en ce qui concerne l'accès de chacun aux savoirs, ainsi que le passage de l'école à l'emploi en application notamment du plan national d'action pour l'emploi ;
- souhaite renforcer le rapprochement école-entreprise, développer toute forme d'échanges et de cursus pédagogiques incluant des périodes en entreprise susceptibles d'accroître les chances d'accès des jeunes à l'emploi et de favoriser l'insertion professionnelle ;
que l'association Ingénieurs pour l'école a pour mission de :
- renforcer les initiatives en faveur du rapprochement école-entreprise ;
- contribuer à la préparation des jeunes à la vie de travail et à leur insertion dans l'emploi ;
- contribuer au renforcement des enseignements technologiques et professionnels ;
- mobiliser des ingénieurs, cadres et techniciens supérieurs au service de l'insertion professionnelle des jeunes et du rapprochement école-entreprise ;
que la présente convention-cadre constitue le cadre de référence de la coopération entre l'éducation nationale et l'association Ingénieurs pour l'école en particulier en ce qui concerne l'application des dispositions du code de l'éducation,
 
Conviennent ce qui suit :

TITRE 1 - UN PARTENARIAT ÉCOLE-ENTREPRISE RENFORCÉ

Article 1 - L'action conduite par l'association Ingénieurs pour l'école s'inscrit dans le long terme et doit contribuer à développer, au-delà de la conjoncture, un partenariat renforcé entre école et entreprise, par la mise au point d'un dispositif efficace et durable d'échange de compétences.
Article 2 - Cette volonté de partenariat se concrétise par la poursuite d'objectifs définis d'un commun accord et la mise en œuvre de moyens complémentaires, ainsi que par la reconnaissance des services mutuellement rendus.
L'éducation nationale bénéficie d'un transfert de compétences prioritairement au service de toute action facilitant le passage de l'école à l'emploi et renforçant les chances d'insertion professionnelle des jeunes.
Les entreprises membres de l'association Ingénieurs pour l'école bénéficient d'un service rendu à leur gestion prévisionnelle des emplois et des parcours professionnels ainsi que d'un échange de compétences favorisant leurs relations avec le service public de l'éducation nationale.
Ensemble, le ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche et l'association Ingénieurs pour l'école contribuent à une meilleure préparation des jeunes à la vie professionnelle, à la valorisation des enseignements professionnels et au rapprochement des cultures des mondes économique et éducatif.
Article 3 - Les entreprises, membres de l'association Ingénieurs pour l'école donnent toute assurance sur les compétences et la qualité des ingénieurs et des cadres mis à disposition de l'éducation nationale et cherchent à développer l'accueil de personnels enseignants de l'éducation nationale pour des stages de longue durée, des stages spécifiques à caractère technique, des périodes de formation en milieu professionnel ou le cas échéant des stages durant les mois d'été.
L'éducation nationale s'engage sur la pertinence et la spécificité des missions confiées aux ingénieurs et aux cadres mis à sa disposition par les entreprises, sur la qualité de l'accueil qui leur est réservé et sur l'animation et la coordination des activités réalisées dans chaque académie.
L'éducation nationale s'engage à inscrire, dans le cahier des charges partagé définissant les missions des IPE, des objectifs définis par les entreprises partenaires sous réserve de leur compatibilité à la mission de service public.
Article 4 - Le partenariat entre l'éducation nationale et l'association se traduit également par un partenariat financier :
- les signataires de cette convention-cadre s'engagent sur le principe d'un partage des coûts entre un financement public et un financement des entreprises ;
- les modalités financières pratiques du dispositif "ingénieurs pour l'école" sont arrêtées annuellement en conseil d'administration (cf. article 10).

TITRE 2 - LES DOMAINES D'INTERVENTION DES INGÉNIEURS POUR L'ÉCOLE

Article 5 - Les interventions des "ingénieurs pour l'école" doivent contribuer au rapprochement école-entreprise, faciliter le passage de l'école à l'emploi et renforcer directement ou indirectement les chances d'insertion professionnelle des jeunes.
Leurs missions s'inscrivent notamment dans les domaines suivants :
La valorisation des enseignements professionnels et technologiques, l'information et l'orientation
Les "ingénieurs pour l'école" doivent contribuer aux actions engagées par les rectorats visant à valoriser les enseignements professionnels et technologiques auprès des jeunes.
Les "ingénieurs pour l'école" contribuent à l'information des élèves et de leurs familles. Ils aident les jeunes à définir un projet de formation professionnelle. Ils mettent en place des opérations afin de contribuer à une découverte active des métiers.
La formation professionnelle initiale
Dans la perspective d'améliorer la qualité de la formation professionnelle initiale :
- les "ingénieurs pour l'école" contribuent à la constitution de réseaux d'entreprises pouvant accueillir des jeunes pour des stages ou des périodes en entreprise dans le cadre de l'enseignement professionnel, participent à des actions d'accompagnement et de suivi des périodes en entreprise ;
- ils aident les établissements de formation accueillant des apprentis à construire des modes de relations pérennes avec les maîtres d'apprentissage ;
- ils informent les entreprises sur l'ensemble de l'offre de formation ;
- ils informent les rectorats sur les demandes de compétences des entreprises.
Les technologies de l'information et de la communication
Les "ingénieurs pour l'école" apportent leur concours aux actions de formation dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.
Ils favorisent les liens et les rapprochements entre les établissements scolaires et les entreprises grâce aux technologies de l'information et de la communication.
Ils contribuent à inscrire l'usage des technologies de l'information et de la communication dans la pédagogie au quotidien, en participant en particulier à des expérimentations et à leur généralisation.
Ils mettent leurs compétences au service de la généralisation du brevet informatique et internet (B2i), ensemble de compétences fondamentales des jeunes dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, base de toute employabilité future quelle que soit leur orientation.
Le partenariat, l'appui technologique aux petites et moyennes entreprises
Les "ingénieurs pour l'école" aident les établissements à s'inscrire dans une démarche de partenariat notamment avec le monde économique et sont ainsi appelés à collaborer au développement du lycée des métiers.
Leur action doit être centrée sur les aspects opérationnels du développement des relations avec le monde professionnel et les partenaires locaux en matière de veille et de coopération technologiques, de connaissance des évolutions des métiers et du marché de l'emploi, de gestion de la formation en alternance, d'accompagnement vers l'emploi et de développement local.
Les "ingénieurs pour l'école" doivent favoriser les transferts de technologie en soutenant l'innovation, en développant des plateaux techniques et en contribuant à la mise en place des plates-formes technologiques au sein des académies.
L'insertion professionnelle des jeunes
Les "ingénieurs pour l'école" peuvent participer aux opérations relatives à l'insertion des jeunes, aider aux techniques de recherche d'emploi, développer des actions contribuant à l'esprit d'entreprise, favoriser la mise en place d'actions incitant à la création d'entreprises, et collaborer à des structures locales d'éducation-économie.
Les "ingénieurs pour l'école" peuvent participer à des actions d'expérimentations, d'innovations académiques et de promotion liées à l'insertion professionnelle des jeunes.
Les emplois-jeunes
Les "ingénieurs pour l'école" participent à la formation et à l'insertion professionnelle des aides-éducateurs recrutés au titre des emplois-jeunes.
Article 6 - Les missions précitées ne sont pas exhaustives. Cependant leur choix doit être rigoureusement soumis au principe de non substitution aux fonctions normalement dévolues au personnel de la fonction publique et compatibles avec les critères de cofinancement du fonds social européen - objectif 3.
Article 7 - Sur proposition du ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche, le conseil d'administration de l'association arrête annuellement les priorités nationales du dispositif "ingénieurs pour l'école". Le choix et l'établissement du cahier des charges d'une mission académique particulière sont de la responsabilité des recteurs.

TITRE 3 - LE RÔLE DES DEUX PARTENAIRES

Article 8 - Rôle de l'association Ingénieurs pour l'école
L'association assure l'ensemble des tâches administratives et financières nécessaires au fonctionnement et au développement du dispositif "ingénieurs pour l'école".
Elle assure, en étroite coopération avec le ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche et les entreprises l'animation du réseau "ingénieurs pour l'école" et plus particulièrement :
- participe à l'identification des besoins des académies dans tous les domaines pouvant concourir à l'insertion professionnelle des jeunes et au rapprochement école-entreprise ;
- contribue à la définition des profils des ingénieurs et des cadres pouvant conduire ces missions, participe à leur présélection ;
- apporte son concours aux recteurs dans le cadre du recrutement des ingénieurs et des cadres, de leur formation et du transfert de leur expérience ;
- incite les entreprises à confier aux "ingénieurs pour l'école", lors de leur retour en entreprise, des fonctions qui favorisent le rapprochement école-entreprise et qui tiennent compte de leur expérience au sein de l'éducation nationale.
Article 9 - Rôle du ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
Le ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche en accord avec l'association Ingénieurs pour l'école précise les objectifs généraux et particuliers des missions confiées aux "ingénieurs pour l'école" et définit la carte des "ingénieurs pour l'école" au niveau national.
Le ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche veille à l'intégration des travaux des "ingénieurs pour l'école", notamment dans les réflexions engagées au niveau national qui s'inscrivent dans le cadre de leur mission.
L'éducation nationale assure l'animation et la coordination nationale du dispositif "ingénieurs pour l'école".
Les rectorats et la direction de l'enseignement scolaire recensent et communiquent à l'association les missions qui peuvent être couvertes par les "ingénieurs pour l'école" pour favoriser l'insertion professionnelle des jeunes et le rapprochement école-entreprise. Ils définissent les profils des ingénieurs et des cadres susceptibles de remplir ces missions.
Les recteurs et la direction de l'enseignement scolaire, assistés de leurs conseillers techniques et de l'association, sélectionnent les chargés de missions sur la base d'un dossier de candidature transmis par l'entreprise. Ils établissent un cahier des charges précis définissant : objectifs, calendrier, moyens et durée de chaque mission. Ils signent avec l'entreprise une convention de délégation de personnel.
Les recteurs et la direction de l'enseignement scolaire accueillent les "ingénieurs pour l'école" et les présentent aux différents services avec lesquels ils seront amenés à travailler, assurent une coordination des "ingénieurs pour l'école" qui relèvent de leur compétence et certifient annuellement la bonne exécution de leur mission.

TITRE 4 - LES DISPOSITIONS FINANCIÈRES
LE SUIVI, LE BILAN ET LA DURÉE DE LA CONVENTION


Article 10 - Le ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche s'engage à apporter un soutien financier à l'association sous forme de subvention de fonctionnement.
La contribution du ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche est fixée chaque année par une convention financière.
Article 11 - L'association s'engage :
- à mettre en œuvre tous les moyens nécessaires à la réalisation de l'ensemble des actions qu'elle a prévues ;
- à fournir un compte rendu d'exécution dans les deux mois suivant l'exercice concerné ;
- à fournir le compte des résultats annuels avant le premier mai de l'année suivante ;
- à faciliter le contrôle par le ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche, de la réalisation des actions, notamment l'accès aux documents administratifs et comptables ;
- à désigner un commissaire aux comptes dont elle fera connaître le nom au ministère dans un délai de trois mois après signature de la présente convention.
Article 12 - L'association est autorisée à utiliser tout ou partie de la subvention perçue pour verser aux entreprises, partenaires de l'opération "ingénieurs pour l'école", une compensation financière pour chaque ingénieur délégué.
L'association peut contribuer au financement d'actions expérimentales et de valorisation conformément à ses statuts.
L'association participe au financement des frais de déplacement des IPE pour un montant fixé annuellement.
Les recteurs et le directeur de l'enseignement scolaire assurent les frais de fonctionnement liés aux missions des IPE mis à leur disposition.
Préalablement à tout versement, l'association devra communiquer, au ministère, ses propositions de contribution financière. Celui-ci disposera alors d'un délai de quinze jours pour demander toutes les justifications et modifications jugées nécessaires.
Le rapport d'utilisation de la subvention devra obligatoirement détailler les entreprises concernées par l'opération, les ingénieurs mis à disposition et les sommes versées.
Afin d'assurer le suivi, l'association fournira chaque année la liste des "ingénieurs pour l'école" comportant toutes les informations les concernant : mission, entreprise d'origine, dates de début et de fin de mission.
Article 13 - Toute fraction de la subvention qui n'aura pas servi au fonctionnement de l'association et aux participations financières définies précédemment fera automatiquement l'objet d'un reversement au budget du ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche.
En cas de non respect, par l'une ou l'autre des parties, des engagements réciproques inscrits dans la présente convention, celle-ci pourra être résiliée de plein droit par l'une ou l'autre des parties à l'expiration d'un délai de quinze jours suivant l'envoi d'une lettre recommandée avec accusé de réception valant mise en demeure.
Article 14 - La présente convention-cadre prend effet à compter de sa signature. Elle est conclue pour une durée de cinq ans.
Au cours de cette période, elle peut être modifiée par avenant sur demande de l'une ou l'autre des parties. En cas de dénonciation ou de non renouvellement, un préavis de trois mois doit être respecté.


Fait à Paris, le 5 février 2003
Le ministre de la jeunesse,
de l'éducation nationale et de la recherche
Luc FERRY
Le président de l'association
"Ingénieurs pour l'école"
Jean-Cyril SPINETTA


 
B.O. n°10 du 6 mars 2003

© Ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
http://www.education.gouv.fr/bo/2003/10/ensel.htm