ENSEIGNEMENTS ÉLÉMENTAIRE ET SECONDAIRE



PRÉVENTION
Journée mondiale de lutte contre le sida : 1er décembre 2002
NOR : MENE0202751C
RLR : 505-7

CIRCULAIRE N°2002-262

DU 22-11-2002

MEN

DESCO B4


Texte adressé aux rectrices et recteurs d'académie ; aux inspectrices et inspecteurs d'académie, directrices et directeurs des services départementaux de l'éducation nationale ; aux chefs d'établissement
o L'importante mobilisation engagée depuis plusieurs années dans la lutte contre le sida a permis un réel progrès dans les connaissances, attitudes et comportements face à l'épidémie, et les grandes avancées thérapeutiques ont contribué à améliorer la santé des personnes atteintes par le VIH. Néanmoins certains indicateurs font apparaître que le sida demeure un enjeu de santé individuelle et publique majeur.
La complexité et la singularité de cette épidémie imposent toujours aux pouvoirs publics de lutter sans relâche contre l'ignorance et l'indifférence. À l'école, ce devoir d'information et de prévention s'impose d'autant plus qu'il s'inscrit dans la mission éducative. Même si en termes épidémiologiques les adolescents sont un groupe plus épargné, la vigilance, la constance et la continuité des actions en milieu scolaire restent impératifs pour contribuer à générer une culture de la responsabilité et préparer les élèves à leur future vie d'adulte.
Le thème de la nouvelle campagne mondiale de lutte contre le sida pour les années 2002-2003 "stigmatisation et discrimination" encourage plus particulièrement à briser le silence et les barrières qui font obstacle à la prévention. L'école, qui a pour missions d'instruire et d'éduquer, se doit d'être un relais solide et efficace de la lutte contre le sida, aussi bien pour la prévention auprès des élèves, la formation des personnels, que pour la solidarité à l'égard des personnes séropositives ou malades. Son rôle est en effet fondamental pour lutter contre les idées fausses ou irrationnelles, les a priori, qui sont souvent source de comportements à risques, d'attitudes discriminatoires et de situations d'exclusion.
Dans les établissements scolaires, l'éducation à la sexualité désormais inscrite dans la loi du 4 juillet 2001, offre un cadre pédagogique approprié, permettant à la fois de conjuguer la transmission indispensable des connaissances scientifiques à travers les enseignements de sciences de la vie et de la terre, et la prise en compte des questions d'ordre culturel, éthique, social et juridique dans le cadre de séances spécifiques, en vue notamment de mieux comprendre le lien entre les contenus scientifiques et leurs implications humaines.
Je souhaite que cette formation qui concerne l'ensemble des collégiens et des lycéens soit consolidée et amplifiée afin de maintenir un bon niveau d'information et de permettre une meilleure perception des risques liés au sida et aux infections sexuellement transmissibles.
Une circulaire de mise en œuvre de la loi sera prochainement diffusée.
Cependant, les données épidémiologiques en population générale d'un certain nombre de régions déclarées prioritaires tant en métropole que dans les départements d'outre-mer *, justifient une vigilance particulière. Dans ces régions il est nécessaire de renforcer et d'adapter les actions de prévention notamment dans le cadre d'un partenariat accru avec les programmes régionaux de santé (PRS) ainsi que des programmes régionaux d'accès à la prévention et aux soins (PRAPS).
Par ailleurs, l'accès des élèves aux diverses sources d'information doit être facilité dans les établissements scolaires : panneaux d'affichage comportant les numéros verts et les coordonnées des structures locales, mise à disposition de dépliants d'information appropriés, accessibilité diversifiée des moyens de protection.
L'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé a édité, à l'occasion de cette journée du 1er décembre, une affiche que les établissements scolaires peuvent se procurer auprès des directions départementales de l'action sanitaire et sociale (DDASS), des comités régionaux d'éducation pour la santé (CRES) ou encore des caisses primaires d'assurance maladie (CPAM).
Enfin, je souhaite que les équipes éducatives puissent disposer d'un dépliant d'information permettant d'ouvrir la discussion avec les élèves tant dans le cadre des enseignements que des séances d'éducation à la sexualité. Ce document, en cours de réalisation, aura pour objectif essentiel de contribuer à combattre les idées fausses sur le sida, qui constituent un obstacle majeur au développement d'attitudes de responsabilité individuelle, sociale et de solidarité.
Dans la mesure où, cette année, la journée du 1er décembre est un dimanche, les actions engagées se dérouleront dans la semaine qui précède ou celle qui suit cette date.
Je vous demande de tout mettre en œuvre pour que ces journées soient non seulement un moment fort de mobilisation dans les établissements scolaires mais qu'elles s'inscrivent avant tout dans des actions éducatives menées tout au long de l'année scolaire.
 
Pour le ministre de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
et par délégation,
Le directeur de l'enseignement scolaire
Jean-Paul de GAUDEMAR
* Six régions prioritaires en métropole : Ile-de-France, PACA, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Aquitaine, Rhône-Alpes ; trois dans les DOM : Guyane, Guadeloupe, Martinique.
Source : plan triennal de lutte contre le VIH 2002-2004.

 
B.O. n°44 du 28 novembre 2002

© Ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
http://www.education.gouv.fr/bo/2002/44/ensel.htm