PERSONNELS



COMITÉ CENTRAL D'HYGIÈNE ET DE SÉCURITÉ
CCHS ministériel compétent pour l'enseignement supérieur et la recherche : programme de prévention des risques professionnels - année 2002-2003
NOR : MENA0201424X
RLR : 610-8
NOTE DU 14-6-2002
MEN
DPATE A3

Réf. : D. n° 82-453 du 28-5-1982 mod. (art.48 et 60)
o Ce programme a reçu un avis favorable du comité central d'hygiène et de sécurité (CCHS) ministériel compétent pour l'enseignement supérieur et la recherche lors de sa séance du 2 mai 2002.
 
Contexte
Les résultats des enquêtes menées en 2001 auprès des établissements d'enseignement supérieur et de recherche font apparaître :
- une consolidation des structures de prévention dans les universités et les écoles d'ingénieurs ;
- la difficulté de mettre en place ces structures de prévention dans les IUFM et les écoles d'ingénieurs de petites structures ;
- une absence de réponses des organismes de recherche de petite taille ;
- la nécessité d'un renforcement des moyens consacrés à la médecine de prévention ;
- une mise en œuvre insuffisante de la démarche d'évaluation des risques professionnels ;
- un nécessaire renforcement de l'évaluation du risque lié aux agents cancérogènes, à l'inhalation de poussières d'amiante, aux agents biologiques ;
- une prise en compte de la gestion des déchets chimiques, biologiques, radioactifs dans la plupart établissements.
Le décret n° 2001-1016 du 5 novembre 2001 (article R. 230 -1 du code du travail) rend obligatoire la transcription et la mise à jour par "l'employeur", dans un document unique les résultats de l'évaluation des risques pour la sécurité et la santé des travailleurs.
L'année 2001 restera marquée par la tragique explosion de l'usine Grand Paroisse (AZF) qui a profondément affecté la ville de Toulouse et notamment sa communauté universitaire.
La loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale :
- prévoit la mise en place d'un système de reconversion des médecins généralistes en médecins du travail ainsi qu'une seconde vague de régularisation de la situation des médecins faisant fonction de médecin du travail ou de prévention ;
- modifie le code du travail en y introduisant notamment l'obligation pour les chefs d'établissement de planifier la prévention en y intégrant les risques liés au harcèlement moral.
Le rapport 2001 de l'Observatoire national de sécurité des établissements scolaires et d'enseignement supérieur présentent plusieurs propositions sur le renforcement des conditions de sécurité.
Un protocole sur l'emploi des travailleurs handicapés a été signé le 9 octobre 2001 avec 5 sur 7 organisations syndicales les plus représentatives. Il porte notamment sur l'aménagement des postes de travail.
Objectifs du programme 2002-2003
L'amélioration de la sécurité et de la santé au travail constitue une priorité et un engagement collectifs. Elle implique l'ensemble des personnels pour :
A - Instituer une politique de prévention des risques professionnels dans tous les établissements.
B - Rendre effectif le fonctionnement des structures de prévention des risques professionnels.
C - Développer la formation initiale et continue et l'information à la prévention des risques.
Actions pour 2002-2003
A - Politique de prévention des risques professionnels.
A.1 Évaluation des risques professionnels.
A.2 Suivi des personnels soumis à des risques particuliers.
A.3 Moyens de protection pour l'ensemble des personnels.
A.4 Aménagement des postes de travail des personnels handicapés.
A.5 Prévention des risques liés au harcèlement moral.
B - Organisation de la prévention.
B.1 Renforcement de la médecine de prévention.
B.2 Mise en place et consolidation du fonctionnement des structures de prévention.
C - Formation et information des personnels.
C.1 Formation.
C.2 Information.

CONTENU DES ACTIONS À METTRE EN ŒUVRE POUR 2002-2003

A - Politique de prévention des risques professionnels

A.1 Évaluation des risques
Le chef d'établissement (président, directeur, administrateur) met en œuvre une démarche globale fondée sur les principes généraux de prévention et sur une évaluation des risques.
Il doit transcrire et mettre à jour dans un document unique les résultats de cette évaluation des risques. À la suite de l'évaluation il élabore le programme annuel de prévention qui prend en compte les aspects organisationnels, techniques et humains de l'établissement (cf. notamment art. L. 230-2 et R. 230-1 du code du travail).
L'évaluation des risques nécessite une volonté du chef d'établissement et de l'équipe de direction, pour développer une culture de la sécurité et une appropriation des principes de prévention par l'ensemble des agents. Elle est l'occasion de mobiliser l'ensemble des acteurs de la prévention et, particulièrement, les représentants des personnels au sein du comité d'hygiène et de sécurité de l'établissement.
Un modèle de document d'évaluation des risques pour les unités de recherche commun aux universités et au CNRS est en cours d'élaboration.
La fiche de risques professionnels établie et mise à jour par le médecin de prévention est un des indicateurs permettant de mettre en œuvre la démarche globale de prévention. Elle est un instrument permettant de repérer les risques, leur nature, leur localisation et leur importance en vue de déterminer les actions de prévention.
Il conviendrait de veiller à ce que le médecin de prévention dispose de toutes les informations relatives aux accidents du travail et aux maladies professionnelles déclarées dans l'établissement afin de pouvoir engager une action de prévention efficace et permettre, par ailleurs, le traitement individuel des dossiers.
A.2 Suivi des personnels soumis à des risques particuliers
Le chef d'établissement doit mettre en œuvre les mesures réglementaires relatives aux personnels soumis aux substances et préparations dangereuses et aux agents biologiques.
Il veillera particulièrement au suivi médical des personnels soumis aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction et notamment ceux susceptibles d'être exposés du fait de leur activité à l'inhalation de poussières d'amiante.
A.3 Moyen de protection
Le chef d'établissement doit mettre, à la disposition des agents, en tant que de besoin, les équipements de protection individuelle appropriés et, lorsque le caractère particulièrement insalubre ou salissant des travaux l'exige, les vêtements de travail appropriés et veiller à leur utilisation effective. (cf. article R.233.1 du code du travail).
Sans préjudice des mesures de protection collective qui doivent être prises préalablement, l'ensemble des personnels doit pouvoir disposer des équipements de protection individuelle appropriés aux risques et aux conditions dans lesquelles le travail est effectué.
A.4 Aménagement des postes de travail pour les personnels handicapés
La circulaire n° 2002-090 du 24 avril 2002 relative au recrutement et à l'intégration des travailleurs handicapés publiée au B.O. n° 18 du 2 mai 2002 rappelle notamment :
- qu'il convient d'aménager les postes des travailleurs handicapés nouvellement recrutés ainsi que les postes des fonctionnaires devenus inaptes en cours de carrière ;
- pour ce faire il convient de se rapprocher du correspondant "handicap" académique qui orientera le chef d'établissement et l'agent handicapé dans la démarche d'aménagement du poste.
- que les CHS d'établissement doivent être associés à la démarche d'aménagements de postes.
A.5 Prévention des risques liés au harcèlement moral
Conformément à la lettre MEN/DES, MR/DR, MAP/DGER n° 1364 du 29 mars 2002, le chef d'établissement prendra toutes mesures afin de prévenir les agissements répétés de harcèlement sur les lieux de travail.

B - Organisation de la prévention

B.1 Renforcement de la médecine de prévention
Le chef d'établissement doit développer ou renforcer le service de médecine de prévention (ne pas se limiter à des vacations de médecins) qui se compose de médecins, d'infirmiers et le cas échéant de secrétaires médicaux.
Ce service doit assurer :
- l'identification des risques professionnels ;
- la surveillance médicale au moins annuelle des personnels à risques ;
- le recueil et l'analyse systématiques des données en matière d'accidents du travail et de maladies professionnelles ;
- la réalisation des activités de tiers temps et des actions de prévention.
B.2 Fonctionnement des structures de prévention
La prévention repose sur l'ingénieur hygiène et sécurité, le médecin de prévention et le comité d'hygiène et de sécurité.
Tous les établissements et notamment les IUFM, les écoles d'ingénieurs de petites structures, certains organismes de recherche doivent mettre en place cette structure réglementaire.
Le chef d'établissement doit réunir régulièrement (au moins 2 fois par an) le comité d'hygiène et de sécurité.
Chaque établissement doit développer un réseau interne d'agents chargés de la mise en œuvre des règles d'hygiène et de sécurité (ACMO) placés au coté des chefs de service (directeur d'UFR, d'institut, de service commun, de département, de laboratoire, etc.). Ces chefs de service doivent évaluer et déterminer le temps nécessaire à la mission des ACMO, en concertation avec ces derniers, au regard de la nature de ses activités et de l'importance du service.

C - Formation et information des personnels

C.1 Formation
Actions nationales initiées par la DPATE
- Pour les techniciens :
. "Risques spécifiques et généraux en laboratoire de chimie et biologie" (université de Caen) ;
. "Gestion des déchets en laboratoire" (université Lille I).
- Pour les ingénieurs hygiène et sécurité et les ACMO dans les laboratoires : "Adaptation à l'emploi d'ingénieur hygiène et sécurité" (université de Haute-Alsace Mulhouse).
- Pour les ingénieurs hygiène et sécurité : "Le plan particulier de mise en sûreté face au risque majeur" (université de Haute-Alsace Mulhouse).
- Pour les médecins de prévention, les ingénieurs hygiène et sécurité et les ACMO dans les laboratoires de recherche en collaboration avec le CNRS :
. "Le risque chimique en laboratoire de recherche" ;
. "Le risque biologique en laboratoire de recherche".
- Pour les personnes compétentes en radioprotection (PCRP) en collaboration avec le CNRS : "Actualisation des connaissances". (École nationale supérieure de Lyon).
- Pour les chefs de services généraux ou techniques, les directeurs de campus et les ingénieurs hygiène et sécurité, : "Mise en place d'une gestion des déchets au sein d'un établissement" (université Rennes I).
Actions de formation dans les établissements pour l'ensemble des personnels
Le décret n° 82-453 modifié (art. 6), le code du travail (art. L. 230-2 et 231-3-1) et les règlements d'administration publique pris pour son application font obligation au chef d'établissement d'organiser des formations pour assurer la sécurité et protéger la santé des agents.
- Les formations généralistes pour les personnels d'encadrement, les membres de CHS et les ACMO se poursuivront et devront intégrer la formation à la démarche d'évaluation des risques.
- Les actions de formation prenant en compte les risques dans les laboratoires doivent se développer (risques chimique, biologique, radioactif, liés aux animaux, aux OGM, aux autoclaves, aux déchets, etc.), éventuellement par des actions interétablissements ou régionales.
- Les formations pour les personnels "nouveaux entrants" et pour les personnels temporaires doivent obligatoirement être mises en place à l'entrée en fonction.
- La formation à la prévention des risques doit être intégrée dans les programmes de formation initiale des étudiants.
C.2 Information des personnels
- Un plan particulier de mise en sûreté face au risque majeur devra être mis en place dans chaque établissement. Le document intitulé "l'établissement scolaire face au risque majeur" paru dans le B.O. hors-série n° 3 du 30-5-2001 pourra servir de guide de mise en œuvre et être adapté par chacun des établissements d'enseignement supérieur.
- Le manuel de prévention des risques sera réactualisé pour le quatrième trimestre 2002.
- Le guide "gestion des déchets" est consultable sur le site http://www.sdfp.lnet.fr

 
B.O. n°26 du 27 juin 2002

© Ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche
http://www.education.gouv.fr/bo/2002/26/perso.htm