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Extraits des contributions au débat déposées par les internautes – 13 août 2012

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13 août 2012

Les contributions au débat déposées par les internautes sont systématiquement lues et leur contenu est transmis aux groupes de travail concernés. Nous publierons chaque semaine des extraits de ces contributions.

 

Les 4 thèmes auxquels nous sommes invités à contribuer sont étroitement liés et j’aurais aimé pouvoir les traiter dans un même message, pour plus de cohérence. Disons que la réussite scolaire pour tous est l’objectif et que les trois autres thèmes sont les voies qui y mènent.

La réussite scolaire ne peut se mesurer en pourcentage de réussite au bac : elle se mesure en taux d’insertion réussie, durable, dans la vie professionnelle. Il ne s’agit pas ici de résoudre le problème du taux de chômage mais d’accroître le taux de satisfaction et d’épanouissement des individus dans leur statut professionnel.

Dans cet objectif, un système éducatif juste et efficace est nécessaire et celui-ci dépend en premier lieu de la formation des enseignants. Pour que l’École ne soit plus le lieu de l’échec, que le collège ne soit plus le lieu où les adolescents ont le moins envie de se retrouver (cf. le rapport de l’OCDE sur la question), il faut commencer par donner aux enseignants et aux personnels d’encadrement une formation nouvelle. Elle doit être conçue pour qu’ils ne soient plus les reproducteurs continuels d’un système qui vise seulement à extraire l’élite mais pour qu’ils deviennent les formateurs des citoyens de demain, responsables d’une société où chacun trouve sa place. La formation doit donc donner, en plus des outils de base, des outils réflexifs sur le métier : psychologie de l’enfant, de l’adolescent et du groupe, philosophie, histoire de l’éducation et de la pédagogie, étude approfondie des expériences des grands pédagogues. L’année de stage, indispensable, doit s’accompagner d’un travail de recherche en pédagogie aboutissant à un mémoire et une soutenance. Dans la perspective de cette démarche, on pourra s’interroger sur le CAPES et l’agrégation : ces concours sont-ils vraiment faits pour conduire à la profession d’enseignant, celle dont nous rêvons pour demain ? Mais la société française actuelle n’est peut-être pas encore prête à renoncer au prestige de ses concours qui pourtant l’étouffent.

La formation ne doit pas s’arrêter, comme trop souvent, à la formation initiale.

Il existe une formation continue pour les enseignants, mais celle-ci pose problème : elle s’effectue sur le temps dédié normalement aux élèves et elle a donc mauvaise presse auprès des parents car elle est, pour l’opinion publique, une source d’absentéisme. Il faut définir un nombre d’heures annuel obligatoire à prendre sur le temps des vacances scolaires.

La formation continue doit aussi s’inscrire dans une vision plus managériale du chef d’établissement. Celui-ci ne doit pas être uniquement chargé des tâches administratives : il devrait être le manageur de son établissement et avoir des compétences de pédagogie et de gestion humaine pour être à même d’accompagner son équipe enseignante. Il doit être un interlocuteur valable face aux questionnements des enseignants et pouvoir les orienter vers telle ou telle formation.

La formation des personnels et l’organisation de l’établissement scolaire quel que soit son niveau doivent avoir pour but la formation des élèves, leur épanouissement dans l’apprentissage. Les mots de l’École doivent être : curiosité, stimulation, encouragement, valorisation. Mettre l’élève au cœur de la refondation, c’est penser un individu en construction et on ne construit rien par la négative. Être élève aujourd’hui, c’est être en permanence évalué en fonction de ce qu’on ne sait pas, de ce qu’on n’aurait pu mieux faire, et de ce qu’on n’obtient pas. Si un élève est bon dans une matière et pas dans une autre, on va pointer les difficultés mais pas les appétences. Pousser un élève là où il a des dispositions, ce n’est pas recourir à la facilité, c’est le stimuler là où il peut aller le plus loin. C’est lui donner les moyens d’exceller un jour quelque part. Aujourd’hui, pour une poignée d’élèves bons en tout, on laisse sur le côté des kyrielles d’élèves moyens en tout, voire mauvais, qu’on a dégoûtés de l’enseignement faute de les avoir poussés dans leur appétence. La progression et l’orientation des élèves ne doit pas se faire par défaut mais par choix positif.

Mettre l’élève au cœur, c’est aussi prendre en compte la question du corps, trop dissocié de l’esprit dans l’éducation française aujourd’hui : peu de sport, peu de temps laissé par les emplois de temps à la pratique extra scolaire. Il en va de même pour les pratiques artistiques, laissées pour compte.

En fait, on devrait sans cesse se poser la question : que fait-on pour développer l’imagination chez les élèves aujourd’hui ? Cette aptitude à inventer qui stimulera les générations futures n’est absolument pas prise en compte dans les programmes actuels. Les aptitudes physiques et manuelles ne sont pas valorisées ; comment les métiers qui s’appuient sur elles pourraient-ils l’être ensuite ? Pourquoi ne pas penser une organisation du temps scolaire qui réserverait les heures du matin aux apprentissages classiques et l’après-midi au sport, aux pratiques artistiques, et, à partir d’un certain âge, aux activités de découverte d’un métier ?

Il faut réorienter la mission de l’éducation nationale pour qu’elle soit le creuset de l’excellence et non pas de l’élitisme, où l’enseignant est le stimulateur des curiosités des élèves. Un système juste et efficace est celui qui valorise chaque discipline et chaque métier mais qui sait aussi faire découvrir les métiers de demain.

 

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Maman de deux enfants de douze et neuf ans, et adhérente à une association de parents d’élèves indépendants d’un département rural, nous avions fait un sondage auprès des parents quand on nous avait demandé notre avis sur le rythme scolaire : 70% des parents étaient favorables à la semaine de quatre jours avec moins de congés en été et lors des vacances de février et pâques.
Je pense que c’est un bon rythme pour l’avoir testé pendant plusieurs années.

Le problème essentiel de l’École n’est pas le rythme : mais la manière et le contenu. Des enseignements centrés sur les fondamentaux (maths et français) faits en alternance en groupes ou en classe complète pour tenir compte des progrès et difficultés des élèves : ça nécessite plus d’enseignants  qui interviennent dans une classe, formés évidement. Enseigner n’est pas inné!
Dans l’école de ma fille, on avait eu le projet PARE (avec un enseignant en plus dans l’école) qui intervenait en petit groupe essentiellement chez les CP. L’effet avait été bénéfique. Mais ce projet avait été arrêté faute de moyens.

Le soutien scolaire me paraît être indispensable en primaire pour que l’élève possède  de solides bases et ainsi  avancera mieux dans sa scolarité.

Cette concertation devrait prendre en compte les  bonnes expériences du passé et créer du nouveau notamment dans le créneau de 15h30 à 16h30 : activités sportives, culturelles, aides aux devoirs… Cela demande des moyens.

Cette concertation devrait aussi se tenir au niveau local.

Il me paraît indispensable d’investir dans l’éducation de nos enfants pour l’avenir!

 

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Je m’étonne que la question des langues ne soit pas plus visible dans vos « thématiques ».

Résidente à l’étranger depuis longtemps, je constate régulièrement combien les français continuent d’être très mal à l’aise dans les langues qu’ils étudient au collège et/ou lycée. Leur parler est très rudimentaire et artificiel, souvent à la limite de la compréhensibilité et donne l’impression qu’ils méprisent autant leurs interlocuteurs que la langue étrangère.

Enseignant moi-même le français langue étrangère, je mesure combien l’imprégnation authentique est essentielle, d’autant plus avec des enfants. Seulement le système français qui privilégie dans la sélection des enseignants des compétences intellectuelles au détriment de compétences pratiques, avec en outre une proportion importante d’épreuves exigeantes en français, débouche sur un corps de professeurs de LVE essentiellement francophones, eux-mêmes déficients dans l’expression en LVE et contribuant à perpétuer l’incompétence en langues étrangères des français. Dans le cadre d’une préparation au CAPES j’ai effectué récemment un stage d’observation en lycée. Constat affligeant : un professeur de moins de 40 ans, de bonne volonté mais à la prononciation déficiente, la grammaire et le vocabulaire incertains, et des élèves de terminale incapables de produire une seule phrase 100% correcte et à la prononciation exécrable. Les remèdes existent : recrutement massif de locuteurs natifs et promotion de l’imprégnation autant dans les établissements qu’en dehors.

Pour raisons personnelles j’ai envisagé de me rapatrier, passer le CAPES dans une LV2 majoritaire, mais je suis actuellement tentée de renoncer à mon poste de capessienne stagiaire pour ne pas me rendre complice de l’échec de l’enseignement des LVE en France. Malgré ma maitrise de ma LVE je ne serai jamais aussi efficace qu’un locuteur natif. Je préfère un poste précaire mais gratifiant d’enseignante de FLE qu’un poste frustrant d’enseignante de LVE où je ne me sens pas légitime.

 

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Maman de 3 enfants au primaire et approchant de la quarantaine je ne veux pas être nostalgique mais je me rends compte que mes enfants, qui connaissent plus de nouvelles technologies que moi au même âge et baragouinent quelques mots d’anglais (plus ou moins bien en fonction du professeur qui s’y colle : où sont passés les répétiteurs « natives » ?), connaissent sans doute moins bien la géographie de la France ou son histoire et écrivent carrément mal !

Je passe mon temps à acheter de la colle en stick afin de permettre le bon collage de toutes les photocopies dans les cahiers !

Les enfants, même en CP, ne manipulent plus : comment comprendre le dénombrement ou les compléments à 10 lorsque les exercices sont faits sur polycopiés et non pas en comptant des allumettes ou tout autre objet… On parle de réussite pour tous : comment des enfants en difficulté peuvent-ils comprendre tant d’abstraction ?

D’origine modeste, j’ai la chance d’avoir bénéficié de l’ascenseur social de l’École de la République. Si nécessaire, je peux aider mes enfants.

Aujourd’hui, ils sont scolarisés dans le public et je regrette que leur bon niveau les expose aux railleries de leurs petits camarades, au manque de temps (voire à l’indifférence) de leurs professeurs qui se focalisent sur les enfants en difficulté, et à la violence de la cour de récréation. A ce sujet, est-il normal que deux professeurs surveillent dix classes quand les huit autres enseignants boivent le café ?

Alors mes enfants vont à l’école sans envie ! ET surtout sans envie de briller pour ne pas être traité d’ « intello ».

Valorisons la réussite et arrêtons de niveler le niveau par le bas, Permettons le décloisonnement des classes dans les cycles pour avantager les meilleurs comme les autres (pourquoi ne pas suivre le cours de maths de la classe d’en dessous si on en éprouve le besoin). Pensons en savoirs à valider (UV) et on arrivera peut être à motiver nos enfants et à offrir la réussite au plus grand nombre.

 

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Jeune assistante de service social diplômée d’état, je travaille en Actions Educatives à Domicile dans l’Orne. J’accompagne des familles avec enfants, de 0 à 18 ans, qui rencontrent des difficultés.

L’accompagnement de ces familles, et notamment l’accompagnement à la scolarité, m’a permis de faire face à une problématique récurrente : l’École est très éloignée du monde réel.

En effet, on y apprend beaucoup de choses, de quoi ouvrir et nourrir son esprit, et développer ses capacités de réflexion et d’analyse. En cela, rien à redire. Cependant, de nombreuses familles se trouvent en difficulté dans l’accompagnement au quotidien de leurs enfants, y compris sur des éléments basiques tels que les rythmes de vie, les règles d’hygiène mais aussi dans des domaines tels que la protection de l’environnement, le respect de la vie en collectivité. Certes, l’École n’a pas à « assister » ces familles, ni à les remplacer dans ce rôle. Cependant, lorsque des lacunes existent dans ces domaines, l’École peut venir appuyer le changement dans le fonctionnement familial.

Au niveau des apprentissages, l’École est aussi parfois en véritable décalage avec la réalité. Les langues étrangères au collège par exemple tendent à apprendre à l’élève à analyser un texte, à en comprendre les dessous… alors que ce même élève en Angleterre, en Espagne ou ailleurs, sera dans l’incapacité de demander où sont les toilettes, comment trouver un plan ou demander son chemin. Les éléments les plus élémentaires destinés à savoir se faire comprendre des autochtones sont inconnus à la majorité des élèves !

En outre, la plupart des jeunes élèves n’arrivent pas à rattacher les compétences acquises au collège avec une future formation, un futur métier. La découverte des métiers est trop peu présente, et au moment du choix de l’orientation, cela se révèle très complexe, notamment pour les jeunes qui n’ont connu que peu d’ouverture sociale.

 

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L’inter classe, la vie de l’élève :

Un effort particulier reste à fournir sur le temps hors de la classe au 1er et au second degré.

Les élèves ne considèrent pas leur établissement comme un lieu de vie car souvent inconfortable et ne répondant pas à leur besoins primaires. Ils s’y sentent mal!

Combien d’enfants ne vont pas aux toilettes à cause de l’insalubrité ? Combien d’enfants ne mangent rapidement que le dessert à la cantine ? Combien d’enfants entament l’après-midi avec tristesse car ils ont été malmenés à l’interclasse du fait d’un manque d’encadrement et d’activités adaptées ?

L’engagement des personnels qui sont responsables de ces espaces-temps devrait être réajusté.

Les partenariats avec les collectivités nécessiteraient un recadrage (ce qui peut raisonnablement être fait doit l’être!).

Les établissements dans leur politique, pourraient insister sur la qualité de vie en définissant un ou deux axes prioritaires sans multiplier les actions.

 

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Bonjour,

je suis professeure des écoles, j’ai découvert la pédagogie Montessori et je commence à l’utiliser dans ma classe. Elle permet de prendre en compte le rythme de chaque élève, de le respecter. Elle offre un cadre agréable et propice aux apprentissages et aussi au bien-être de l’enfant qui reste motivé, actif et devient autonome.

Dans mon département, nous sommes un petit groupe d’enseignants avec l’envie de proposer des cursus Montessori dans les écoles mais nous ne sommes pas soutenus par l’institution pour nous former et nous regrouper dans un même établissement. Cette pédagogie a pourtant fait largement ses preuves. Les neuroscientifiques valident par leurs recherches tous les résultats de Maria Montessori.

Je pense qu’il serait intéressant de permettre aux enseignants motivés de mettre pleinement en œuvre cette pédagogie.

Pourquoi réinventer ce qui existe déjà ? Une méthode efficace et respectueuse de l’enfant.
Bien cordialement.

 

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La réussite scolaire c’est facile à identifier : bonnes notes.

Mais l’échec scolaire c’est : mauvais résultats, mauvaises notes et/ou mauvais comportement.

C’est parce que l’élève est paresseux,

c’est parce que l’élève n’écoute pas,

c’est parce que l’élève ne travaille pas et ne fait pas d’efforts,

c’est en partie la faute des parents.

Mais on ne cherche pas   »pourquoi »  l’échec scolaire ?

Il peut y avoir une autre raison qui est souvent : un trouble des apprentissages non identifié.

On commence seulement à parler et à prendre en charge la dyslexie,

mais les élèves en échec peuvent avoir d’autres troubles des apprentissages et quelques fois plusieurs associés.

Aujourd’hui on peut les identifier facilement pour les accompagner avec des rééducations  appropriées.

Toutes les équipes éducatives doivent être formées et sensibilisées afin d’émettre des hypothèses et d’orienter correctement les enfants en échec scolaire susceptibles d’avoir des troubles des apprentissages :

Dyslexie – dysorthographie – dyspraxie – dyscalculie – troubles visuo-spatiaux – troubles de l’attention – hyperactivité etc.

Ils pourront ainsi orienter parents et enfants vers les services spécialisés qui :

1 – identifieront

2 – feront les préconisations pour des rééducations appropriées.

Aujourd’hui les connaissances scientifiques sur ce sujet ne nous permettent plus de tolérer ces échecs scolaires dont les causes ne sont pas uniquement pédagogiques, ou psychologiques mais aussi neurophysiologiques et demandent un accompagnement plus spécifique.

 

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Peut-on envisager la possibilité d’une réelle transmission de l’expérience des professeurs en exercice?

Arrivé au terme de ma carrière -je me réjouirais d’être déchargé d’heures effectives de cours – en conservant toutefois une classe – pour consacrer mon temps de travail à la préparation de cours destinés à mes jeunes collègues, à assister à leurs cours pour leur éviter les erreurs les plus manifestes etc… Je constate depuis bien longtemps une réelle demande des jeunes professeurs qui n’est jamais entièrement satisfaite, malgré la bonne volonté des uns et des autres. Organiser la transmission d’un savoir-faire sur le lieu d’exercice, me paraît absolument indispensable et c’est avec regret que chaque année je vois partir  à la retraite d’excellents professeurs qui auraient pu partager les fruits de l’expérience d’une vie professionnelle tout entière consacrée à l’enseignement.

 

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*Un vrai statut de directrice reconnu auprès des collègues, de l’institution avec des missions clairement définies, auprès de chacun de nos partenaires (ien, ia, collectivités, parents).

*Au sein de l’école vis à vis de nos collègues, il devient urgent de supprimer ce flou relationnel/professionnel : simple  collègue chargée de tâches administratives ? Organisatrice de la mise en œuvre de projets visant la réussite des élèves  et à ce titre pouvant être reconnue pour évaluer les résultats, l’engagement de chacun…?

*Des missions supplémentaires ? Du temps de travail supplémentaire ? Peu importe, si tout cela est précisé avant l’acceptation du contrat, reconnu (financièrement aussi)

*Une formation OBLIGATOIRE  tous les 3 ans d’au moins deux semaines, pour se former aux nouveaux défis, échanger, éviter l’enferment dans un fonctionnement   supporté par les habitudes que l’on met malgré soit en place et qui tiennent lieu de règles !

*Décharge totale ? Partielle ? Plus importante qu’aujourd’hui ? Je ne sais pas … mais de sûr des directeurs/trices qui connaissent le métier d’enseignant du 1er degré  pour l’avoir exercé …

 

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A l’heure actuelle, les enseignants ne sont pas DU TOUT bien préparés à leur métier. C’est peut-être une des rares professions où l’on n’est pratiquement pas formé comme il se doit alors que l’éducation est une des clés de la réussite d’un pays.

Si la formation intellectuelle demeure satisfaisante, il n’en n’est pas du tout de même pour la formation « de terrain ». A l’heure où le lien entre prof et élève est devenu désormais primordial pour une scolarité positive, on se borne dans la formation des enseignants à ne faire d’eux que des « distributeurs de connaissances », comme si l’élève n’était qu’un « entonnoir ». Ce temps-là est révolu (d’autant plus qu’avec internet, n’importe qui a accès au savoir, on n’a presque plus besoin du prof!!). Tout le monde s’accorde à le dire, et pourtant, la formation est toujours la même. Je pense qu’il faudrait davantage prendre en compte la psychologie de l’enfant et de l’adolescent dans la formation, et faire davantage de stages pour se rendre compte de la réalité du terrain. Sans négliger la qualité intellectuelle de la formation (qui est, je le répète encore, satisfaisante). Celle-ci doit toutefois se concentrer davantage sur les méthodes d’apprentissage : comment apprendre à apprendre ? Comment transmettre le mieux possible ce qui nous a été transmis ? Et surtout comment aiguiser le mieux possible l’esprit critique des jeunes ?

 

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A propos de la formation des enseignants, la plupart des collègues sont EXPERTS dans leur discipline, alors qu’il s’agit de TRANSMETTRE aux élèves et non de faire état de l’étendue de ses connaissances.

Or, force est de constater que nombre d’enseignants ignorent les règles élémentaires de tenue de classe, sans parler de leur capacité à intervenir dans un conflit (quand ils ne sont pas eux-mêmes à l’origine du conflit)… En somme, trop peu d’enseignants, et pas uniquement des débutants, ne maitrisent pas l’instauration des conditions de l’apprentissage.

Le problème vient sûrement du fait qu’ils ne sont pas formés pour cela.

Certaines académies proposent des modules de formation sur la gestion de la classe. La participation à ces modules est optionnelle et soumise au volontariat…

A quand une formation qui inclurait une approche concrète des situations d’apprentissage?
Rappeler aux enseignants qu’ils sont avant tout, ne leur en déplaise, des ÉDUCATEURS, et qu’à ce titre, leur mission ne peut se borner qu’à « Faire cours ».

Comment faire cours quand les conditions de transmission ne sont pas réunies?

Quelle progression pour une classe, quel épanouissement pour un enseignant quand il s’agit de faire 30 minutes de discipline et seulement 22 minutes de cours?

 

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Bonjour,

je travaille en tant qu’AVSi (accompagnement des élèves handicapés) depuis trois ans au sein de l’Education Nationale. Or, ce travail n’est pas considéré comme un emploi à part entière et ne peut être effectué plus de six ans (contrats de droit public) et récemment, seulement un an renouvelable (CAE). De plus, à la fin de ce contrat  sans une offre réelle de formation, il est impossible d’intégrer l’Education Nationale ou même d’intégrer d’autres structures de soin spécialisé, malgré les compétences acquises au cours des années. Enfin, la rémunération au SMIC horaire est faible (ex: pour 24h, soit un temps plein de Professeur des Ecoles le traitement net est de 687 E par mois).

Avec la loi de 2005, ce travail d’intégration des élèves en situation de handicap me parait, de par mon expérience (avec une formation initiale en Psychologie), vraiment essentiel et subtil. Les difficultés que l’on peut rencontrer sont importantes et nécessitent à mes yeux un suivi et une formation plus adéquats. Ces êtres fragiles en devenir que sont les enfants en situation de handicap ont besoin de beaucoup d’attention humaine mais nécessitent aussi des outils de travail adaptés à leur handicaps (multiples) qui ne sont pas fournis. Et il est courant d’observer que les structures et l’agencement même des écoles publiques ne sont pas faites pour accueillir des élèves handicapés (pas d’ascenseurs pour les élèves en fauteuils par exemple…!).

Je propose donc que l’on revalorise le travail d’AVSi en lui donnant un statut et une formation réels et en permettant d’avoir une reconnaissance des compétences acquises, et des « passerelles » pour accéder à un emploi dans l’Éducation Nationale ou d’autres structures de soin en fin de contrat. Je voudrais vous dire que ce « métier » qui n’en est pas un me tient profondément à cœur (ainsi que beaucoup de mes collègues) car il s’agit du respect de l’éducation de ces enfants en difficultés et que je suis depuis toujours pour une école laïque et juste.

 

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Bonjour. Nous sommes parents d’un enfant de 10 ans, qui vient d’être identifié comme EPI (intellectuellement précoce), avec un très haut QI. Nous avons adhéré à l’association l’ANEIP, qui nous a prévenus de ce débat, dont nous remercions le gouvernement.

Quoique tous deux enseignants (du supérieur et du secondaire), nous ne connaissions pratiquement pas la problématique des EPI, et avons pu constater que le personnel enseignant du primaire ne la connaît pas non plus : il doit absolument être formé au repérage et à la pédagogie nécessaire à ces enfants, pour le bien de tous.

Notre fils s’est donc heurté à ses enseignantes de moyenne section de maternelle et en CE1, et nous avons failli le déscolariser. Non seulement ces dernières n’ont pas pensé à nous suggérer de faire faire les tests à notre fils, mais en outre elles ne repéraient pas ses points forts (grande aisance verbale, vocabulaire riche, etc.) et n’insistaient que sur les points négatifs : distraction en classe, bavardage. Le cas est classique : Rafaël s’ennuyait, il « décrochait » régulièrement ; on lui reprochait d’avoir des facilités mais de ne pas avoir d’assez bonnes notes, sans l’encourager alors qu’il ne se fait absolument pas confiance. Nous-mêmes, en tant qu’enseignants, étions déconcertés devant son attitude (hypersensibilité, pleurs devant la difficulté). Finalement une enseignante de CM1 nous a suggéré qu’il pouvait être EPI, car le cas lui rappelait ses neveux, eux-mêmes EPI ! Par conséquent, sans un cas analogue dans la famille de ce professeur, notre enfant aurait continué à souffrir à l’école et à ne pas bénéficier d’un apprentissage adapté. Il s’est épanoui depuis qu’il a été détecté et nous sommes davantage à son écoute. Même si les EPI ne concernent que 5 % Des enfants, il nous paraît fondamental de les détecter pour éviter bien des souffrances aux enfants et aux parents, et pour permettre à l’école de jouer son véritable rôle fondé sur une grande diversification des enseignements et sur l’écoute.

 

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Pour un statut des directeurs

Directeur d’une école de 237 élèves, en ZUS -soit l’équivalent d’un petit collège- seul et unique interlocuteur de l’administration, de la municipalité, des parents d’élèves, de l’équipe enseignante et de tous les partenaires de l’École, je fatigue sérieusement… Là où le même petit collège est pourvu d’au minimum quatre personnels administratifs, je gère tout à mi-temps (demi-décharge), classe et direction, avec un sentiment régulier de travail bâclé, mal fait…

Pourquoi ne pas donner un réel statut aux directeurs d’école ? Ajuster les systèmes de décharge aux situations locales ?

Quand tous les directeurs lâcheront prise, comment fonctionnera notre École ?

 

Un directeur au bord de l’épuisement.

 

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Les personnels, enseignants et non enseignants doivent pouvoir bénéficier d’une réelle formation.

Pour les enseignants, qu’ils soient du 1er ou du 2nd degré, ils doivent pouvoir avoir une formation d’une année qui alterne temps de responsabilité dans une classe et temps de formation dispensée par des maitres formateurs et professeurs universitaires.

Ils ne devraient pas être considérés comme des moyens d’enseignement mais en plus des contingents alloués aux départements et académies.

La réforme de la formation telle qu’elle se décline aujourd’hui s’apparente plus à des économies budgétaires qu’à la recherche d’une réelle formation.

Qu’un canevas national et académique soit respecté paraît essentiel; pour autant, chaque département devrait pouvoir être libre d’adapter le cahier des charges aux conditions locales.

Enseigner est un métier qui s’apprend. Le compagnonnage ne peut être la réponse à tout.

Enfin pour enrayer la perte d’attractivité des métiers d’enseignants en général, il paraît indispensable de revaloriser les salaires (même si le contexte économique n’est pas favorable). Le niveau  d’études exigé pour le recrutement actuel ne peut pas rester sans une réévaluation salariale planifiée.

L’évaluation des personnels doit être revue. Il faut plus de régularité dans celle-ci (beaucoup trop de personnels ne sont évalués que tous les 10 ans !!). Le rythme d’une évaluation tous les trois ans paraît correct et adapté aux remédiations éventuelles.

L’élévation du niveau d’études pour accéder aux concours d’enseignants doit s’accompagner d’un dispositif d’aide à la poursuite d’études pour les candidats les plus modestes. Le profil social des lauréats des concours actuels ne sont pas représentatifs de la société : peu d’enfants d’ouvriers, beaucoup d’enfants de milieux aisés, favorisés. C’est un problème non seulement du point de vue de  » l’ascenseur » social mais aussi au niveau de l’exercice même du métier d’enseignant dans la prise en charge de tous les élèves.

 

 

  1. contributions des internautes