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Extraits des contributions au débat déposées par les internautes – 4 septembre 2012

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4 septembre 2012

Les contributions au débat déposées par les internautes sont systématiquement lues et leur contenu est transmis aux groupes de travail concernés. Nous publierons chaque semaine des extraits de ces contributions.
 
 
Je suis intéressée par la question du décrochage scolaire et pense pouvoir apporter quelques éléments. Voici, brièvement, le résumé de la recherche que j’ai menée.

Il semblerait que les jeunes qui sortent du système le fassent au terme d’un processus long de plusieurs années. Se préoccuper de cette question c’est donc avant tout comprendre comment le prévenir. On peut ainsi questionner les jeunes qui ont, eux, raccroché et sont retournés sur les bancs de l’école. Ils nous apprennent que l’école, si elle ne peut pas tout, peut beaucoup. En voici quelques traits marquants : renforcer l’estime de soi en modérant la portée des évaluations (motivation) ; permettre à l’élève de comprendre et d’identifier le contenu, le sujet de ce qu’il fait, comment, pourquoi (place du langage, clarté cognitive et lutte contre le décrochage cognitif) ; travailler avec l’élève pour qu’il comprenne comment il fait pour apprendre et ce qu’il a à sa disposition pour y parvenir (apprendre à apprendre, lutte contre la secondarisation des tâches) ; donner sa chance à tous, même contre les apparences (principe d’éducabilité) ; ouvrir des horizons d’expression variés (ouverture culturelle et complexité) ; utiliser le travail  et la cohésion entre pairs (apprentissage socio cognitif) ; accompagner de la manière la plus rapprochée possible ceux qui sont les plus fragiles (étayage et explicitation individualisée)…

Le lien avec les familles les plus éloignées culturellement des pratiques scolaires est indispensable pour qu’ils puissent avoir les clés de compréhension du système.

La formation des enseignants est au centre du projet, elle peut allier connaissance didactique, pédagogique, psychologique et analyse de pratique. En effet, cela permet de construire très tôt les conditions d’une réflexivité efficace. Il s’agira pour eux d’élaborer pour les élèves des parcours d’apprentissage différenciés au cœur de classes à effectifs réduits et à géométrie variable. Pour une école vivante et efficace.

 

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Peu de personnes savent qu’en France, un enseignant du premier degré qui passe un concours d’enseignement du secondaire est radié du cadre des enseignants du primaire. Il ne peut pas retourner enseigner dans le premier degré, hormis peut-être avec un détachement. J’ai été enseignant du premier degré pendant une quinzaine d’année mais en devenant Inspecteur, j’ai perdu la possibilité de retour dans le premier degré. Je pense ne pas me tromper en disant qu’un collègue IEN qui prendrait conscience que la fonction ne lui convient pas devrait repasser le concours de professeur des écoles. Je connais une situation de professeure de mathématiques en collège qui souhaiterait enseigner à l’école primaire. Elle doit actuellement passer le concours de professeur des écoles. Il serait plus adapté, après un avis des inspecteurs du secondaire, de proposer directement une formation à cette personne.
De plus, je pense que des enseignants du premier degré pourraient, avec des formations complémentaires, enseigner au niveau des sixièmes et des cinquièmes. D’autres assouplissements des rigidités de notre système sont possibles tout en préservant une fonction publique de l’enseignement.

 

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Priorité au primaire : plus les difficultés sont repérées tôt, plus les possibilités d’agir sont importantes. Ce raisonnement est applicable dans tous les champs d’intervention, que ce soit dans le champ pédagogique, sanitaire, social, etc. Or, assistant de service social de formation (et désormais responsable du service social en faveur des élèves dans une DSDEN), depuis que j’exerce mes fonctions à l’Éducation nationale, je n’ai jamais compris comment notre service pouvait ne pas être présent en priorité dans le primaire…  En termes de prévention, il s’agit là d’une aberration.

Conséquence : nous découvrons au collège des situations déjà très (trop) dégradées, des parents en rupture de longue date avec l’école, des élèves ayant cumulé les difficultés au fil des ans et développant des comportements inadaptés (repli ou agressivité, dépression ou violence…) avec pour corollaire un tel rejet de l’institution qu’il sera alors difficile de travailler avec les élèves et leur famille pour que l’enfant se réinscrive dans un parcours de réussite scolaire.

Il existe certes un réel besoin d’accompagnement des adolescents en collège et lycée. Mais doit-on pour autant négliger le public du primaire parce qu’il fait « moins de bruit » et que le malaise est moins visible ?

Aujourd’hui, les services sociaux du conseil général n’ont plus les moyens d’être présents auprès des écoles et ne peuvent remplacer la présence et l’expertise des « assistantes sociales scolaires ». Seul un service spécialisé – tel que le service social en faveur des élèves –pourrait mener un vrai travail de prévention et venir en appui aux équipes éducatives de plus en plus démunies face à des situations toujours plus complexes dans les écoles.
Mais faute d’une volonté politique forte réaffirmant cette évidence que prévention rime avec précoce, au lieu de penser l’avenir, nous continuerons à (mal) panser les plaies ouvertes du passé.

 

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La réussite scolaire pour tous et donc pour chacun est actuellement difficile à envisager car elle va à l’encontre du fonctionnement et des fondations de notre école.

S’il faut parler de refondation, des bouleversements  essentiels sont indispensables :

- la SÉLECTION  des élèves par les notes et le classement en fonction d’une progression pédagogique collective imposée DOIT ÊTRE ABANDONNÉE au profit d’une pédagogie par OBJECTIFS où chacun progresse à son rythme et à son niveau sur sa progression pédagogique personnelle ; les emplois du temps doivent être aménagés en fonction des besoins pédagogiques des élèves ;

- la réussite scolaire au travers de la sélection ne peut plus porter sur les seules épaules de l’élève ; les conditions et les moyens pédagogiques mis en œuvre doivent être évalués par une équipe pédagogique légitimée et non gérés selon les desiderata de chacun ;
- les apprentissages par projets collectifs, qui augurent des conditions de travail ultérieures, doivent être privilégiés ;

- la culture de la « bonne réponse » doit être complétée par une culture de la « question » bien opportune aujourd’hui à l’heure du net et de l’innovation.

 

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Je suis enseignante d’élémentaire et maitre-formateur et j’applique depuis des années les exigences d’évaluation de compétences, dans le cadre du socle commun….et je déplore le manque d’outils informatiques pour le premier degré.

Nous passons notre temps à photocopier des dossiers papier et à colorier des cases alors qu’en quelques clics nous pourrions remplir, conserver et communiquer  nos évaluations et en tirer des enseignements.

Quand le ministère finira-t-il par moderniser nos outils ?  Les unifier ? Et les rendre compatibles avec le collège ?

 

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Pour favoriser la liaison écoles maternelles-primaires et collèges ne pourrait-on pas créer des EPLE regroupant le collège et ses écoles de recrutement ? On créerait une communauté d’écoles comme on a créé des communautés de communes.

Cela créerait de véritables équipes pédagogiques, le principal travaillerait avec les directeurs afin d’homogénéiser les bonnes pratiques. Les professeurs des collèges pourraient aller travailler avec des professeurs des écoles (PE) de la communauté d’écoles dans le cadre de l’école du socle.

Les élèves deviendraient les élèves de la communauté d’écoles et non plus des inconnus. Ils seraient connus des professeurs des lycées et collèges (PLC) avant même leur arrivée au collège. On pourrait demander à des PE de suivre les élèves mauvais lecteurs
jusqu’en 5ème si nécessaire. Ceci  briserait l’isolement de certaines écoles primaires de campagne. On offrirait aux PE détenteurs de licence de psychologie ou de sociologie les compétences disciplinaires de PLC détenteurs d’un master 2 en maths ou en français, ce qui paraît indispensable pour aborder différemment les notions avec des élèves en difficulté.

 

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Je souhaite que les « items », les listes de compétences énoncées dans le socle commun redéfini, soient harmonisés avec les « objectifs » des instructions officielles (actuelles ou à venir…?) afin de clarifier  les relations entre ces deux entités. Ainsi, nous pourrons utiliser le « dossier scolaire » de chaque élève avec cohérence sans redites, sans « doublons ». Ceci permettra d’une part de renforcer l’autorité du ministère, par sa compétence à régler les problèmes de cohésion, et d’autre part, de faciliter notre travail d’enseignant et notre communication avec les familles en rendant le dossier scolaire plus lisible, intelligent.
Merci de votre attention et bon courage.

 

 

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Pour réussir, il faut d’abord et avant tout avoir confiance en soi et avoir envie d’apprendre.
Chaque enfant est différent : valoriser et non pas sanctionner, s’appuyer sur la soif d’apprendre qu’ont les enfants est difficile à réaliser pour un enseignant qui reproduit très souvent « son schéma de bon élève jamais sorti du système scolaire où il se sent tellement bien ».
Recruter les enseignants sur des connaissances scolaires et non pas sur leurs compétences de compréhension de la diversité des enfants, leurs capacités éducatives est un non sens qui perdure.
Tout étudiant BAC+5 devrait être capable d’acquérir les connaissances nécessaires pour enseigner au niveau primaire, collège et lycée dans la spécialité de son master ou alors cherchez l’erreur (BAC+5 est il un niveau si peu éloigné du BAC ???). Donc la première chose à faire est de revoir sérieusement le recrutement des enseignants, en particulier je pense qu’une diversité des approches, des expériences professionnelles premières serait une grande force.

Le premier degré est la période la plus importante car c’est durant ces premières années d’école qu’un enfant va « adhérer » ou pas au système scolaire. Tous les efforts doivent être mis sur cette phase de la scolarité. D’abord en y plaçant les meilleurs enseignants : ceux qui savent mettre en place des pédagogies motivantes, stimulantes, valorisantes pour les enfants. Ensuite en limitant le nombre d’enfants par enseignant, en réduisant si besoin le nombre d’heures de chaque enfant à l’école. Recherchons la qualité plutôt que la quantité (dans une classe de 28 enfants, la partie du temps des enfants est perdue du fait du nombre).
En parallèle, la question de l’objectif de l’école reste posée. A quoi servent le primaire, le collège, le lycée ? Apprendre des tables de multiplication ? Savoir rédiger un courrier ? Utiliser un moteur de recherche ? Apprendre une démarche scientifique ?

La réponse doit être claire : de quel citoyen la France a-t-elle besoin demain ?

 

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La mise en place des aides personnalisées est la seule mesure importante pertinente  prise au niveau de l’Education nationale durant la précédente législature. J’ai souvent entendu au cour de ma carrière des enseignants dire en salle des maîtres : « si seulement j’avais un peu de temps à consacrer à  trois ou quatre élèves sans avoir le reste de la classe ». Certes la mesure a été décidée sans aucun regard systémique et elle a conduit, sans réforme des rythmes scolaires, à allonger la durée de la journée de classe. Je crains toutefois que la dynamique du changement n’emporte cette mesure qui permet aux élèves de tisser d’autres relations avec leur enseignant et souvent à ces derniers de changer de regard sur certaines situations. La mise en place d’un plan de formation et d’une autre organisation de la semaine scolaire améliorerait de manière significative l’efficacité de ce dispositif.

 

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Professeure de collège, je constate que depuis quelques années, des « classes de niveau » déguisées sont apparus par le biais des classes bi-langue ou des sections internationales ou européennes. Dans ces classes, une certaine mentalité élitiste ne tarde pas à apparaître. A côté, les élèves ne faisant pas partie de ces dispositifs sont regroupés dans les classes restantes (dans mon collège, seulement 2 sur 5 par niveau). Par ailleurs que penser quand il y a des cours d’allemand à 6 ou 8 élèves à côté de cours d’anglais à 28 élèves ?
Alors que les résultats des élèves français en anglais ne sont pas brillants dans les classements internationaux, je pense qu’il conviendrait de se recentrer sur l’essentiel. Selon moi, l’essentiel est que tous les élèves sortent du collège avec le niveau A2 en anglais. Cela peut paraître une hérésie en France de souhaiter privilégier l’anglais sur les autres langues. Mais la réalité est là : l’anglais est nécessaire à l’entrée des écoles d’ingénieurs, au cursus de la fac de droit et dans des équipes de travail plurinationales, elle est le vecteur de communication incontournable.

 

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La réussite scolaire pour tous impose en préalable que chaque enfant devienne élève, mission assignée en premier lieu à l’école maternelle qui joue ici un rôle fondamental. Pour autant, l’institution scolaire ne peut y parvenir seule, sans l’engagement des parents en tant que partenaires incontournables qui doivent y trouver toute leur place et rien que leur place afin que leur rôle soit reconnu. Cela pose la question de la transition entre famille et école qui peut exiger, en particulier dans les secteurs en éducation prioritaire, un soutien à la parentalité dans un cadre partenarial à préserver, voire à renforcer entre l’Éducation nationale, les services de santé et la Politique de la Ville. Dans certains territoires, des dispositifs passerelles mis ainsi en place, visant la scolarisation des enfants de moins de trois ans, ont montré leur efficacité. Les territoires d’éligibilité à l’éducation prioritaire et à la réussite éducative demeurent toutefois à mieux emboîter en vue de garantir l’accompagnement individuel de l’enfant dans une logique de parcours scolaire réussi.
La réussite scolaire pour tous relève donc d’un travail en équipe pluricatégorielle qui impose une personnalisation du parcours de l’élève dans un souci de continuité et de cohérence, mais avant tout d’adaptation. Personnaliser ne veut pas dire stigmatiser, mais bien prendre en compte les besoins spécifiques de l’élève, aider à mettre en place, en premier lieu dans la classe, une approche différenciée des apprentissages afin d’éviter l’écueil de son externalisation. L’on veillera aussi à une complémentarité des dispositifs d’aide dans une articulation réfléchie qui nécessite de cibler le besoin pour y répondre efficacement. C’est ainsi en privilégiant l’aspect qualitatif à la dimension quantitative pour des aides ciblées avant d’être multiples, que l’enseignant parviendra à individualiser au sein du groupe. Ce qui pose là encore la question essentielle de la formation professionnelle des maîtres.

 

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Bonjour,
Je suis maman d’un garçon de 9 ans présentant une disharmonie cognitive, troublant énormément  ses apprentissages scolaires. Comme les autres enfants il est intelligent, créatif…mais différent du point de vue du système scolaire !!  Je me bats depuis 2 ans pour que son parcours scolaire soit comme les autres !! Et que c’est dur !!!! Il bénéficie d’une AVS très motivée mais absolument pas formée !!! Je m’inquiète énormément pour la suite de sa scolarité et pense à tous ces enfants en échec !!!!! La réussite scolaire pour tous est primordiale pour notre pays !!!

Il n’y a pas si longtemps mon fils se tapait la tête me disant qu’il était nul, que les autres élèves savaient lire et compter et que lui, malgré tous ses efforts, était toujours a un niveau très faible !! Heureusement que son institutrice a pris les choses en main pour qu’il regagne une certaine estime !! Heureusement aussi qu’il a la possibilité de pratiquer l’art plastique dans lequel il excelle!! Mais tous les autres élèves en échec qui n’ont pas cette chance d’être entouré et de « tomber » sur une institutrice motivée ?!!

Il est vraiment primordial que l’Education nationale prenne les choses en main après 5 ans de boucherie!!!

Merci pour ces débats!!!

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Je suis chef d’établissement d’une école de 5 classes. Depuis toujours, je me suis posé la question de la différenciation pédagogique. En effet, tous les élèves ne marchent pas en même temps, ne savent pas faire du vélo à 2 roues au même moment, alors comment se pourrait-il qu’ils puissent savoir réaliser, tous, les mêmes compétences au même moment de l’année scolaire ? Dans mon école, nous avons développé des parcours de scolarisation. De la maternelle au CM2, les enseignants ont travaillé en équipe à la mise en pratique de démarches pédagogiques communes où l’enfant choisit son parcours de travail, son niveau et le type d’aide qu’il peut recevoir. Ainsi, il développe son autonomie, son envie d’apprendre, sa curiosité et son rythme d’apprentissage est respecté. Les familles font partie de notre processus et apprécient la place que l’enfant occupe dans ce système. Pourquoi ne pas faire penser les équipes, les enseignants de tous les établissements ainsi ? Et n’est-ce pas au chef d’établissement d’impulser cette dynamique, de penser compétences et devenir de l’élève plutôt que programme et peur d’un inspecteur?

 

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Quelques propositions pour la scolarisation en classe « ordinaire » des élèves en situation de handicap.
- Instituer un temps de concertation avec les différents personnels qui travaillent dans les classes des élèves handicapés : professeur   »ordinaires », professeurs spécialisés, auxiliaires de vie scolaire, élaborer les activités pédagogiques au moins en partie ensemble.
- Créer une banque de ressources de pratiques inclusives possibles : stratégies pédagogiques, témoignages, vidéos, etc. et inciter les professionnels à faire part de leurs essais de pratiques inclusives, créer un espace internet national collaboratif d’échange sur les pratiques inclusives.

- En formation initiale, créer un temps de formation commun entre les enseignants débutants, les enseignants en voie de spécialisation, les auxiliaires de vie scolaire en formation et les professionnels des secteurs médico-éducatifs.

- En formation continue, créer des moments d’analyse de pratique pluri catégorielle, enseignants de classe, enseignants spécialisés, auxiliaires de vie scolaire, professionnels du secteurs médico-éducatifs.

- Former le personnel à créer des activités faisant intervenir la collaboration entre élèves, le tutorat, former les élèves  » ordinaires » au tutorat par rapport à des élèves handicapés, ce qui pourra être intéressant non seulement pour les élèves handicapés mais également pour ces élèves formés au tutorat qui prennent de la distance par rapport aux disciplines enseignées et apprennent la collaboration avec des personnes handicapées

 

 

  1. contributions des internautes