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Extraits des contributions au débat déposées par les internautes – 28 août 2012

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28 août 2012

Les contributions au débat déposées par les internautes sont systématiquement lues et leur contenu est transmis aux groupes de travail concernés. Nous publierons chaque semaine des extraits de ces contributions.

 

Bonjour,

En CE1, cette année, il y a eu trois mois d’apprentissage sur la soustraction. Mon fils dès septembre maîtrisait la soustraction ainsi que la multiplication et commençait la division. Il s’ennuya fortement. Son camarade n’avait pas très bien assimilé l’addition. La soustraction fut pour lui une souffrance. Mon fils sauta une classe et passa en CE2 en février. Son camarade redoubla son CE1.

Pourquoi vouloir faire apprendre un programme absolument du 3 septembre au 6 juillet à des enfants qui sont tous différents ? Je ne comprends pas pourquoi les élèves ne sont pas au centre de l’éducation. Dans d’autres pays, les élèves sont en groupes de niveau et passent au niveau supérieur lorsqu’ils se sentent prêts. Cela leur permet de suivre à leur rythme (rapide en maths pour mon fils mais plus lent en français par exemple).

Aujourd’hui, en tant que parent d’élèves, j’ai le sentiment d’être à 25% responsable de leur éducation scolaire. Je leur parle en ayant toujours une arrière-pensée éducative. Je suis de très près leurs devoirs, revois leurs leçons ratées (pour maladie ou lors du passage en milieu d’année du CE1 en CE2), etc. Mais tous ces élèves qui n’ont personne pour revoir ou même apprendre, que vont-ils tous devenir ?

Je tiens également à signaler que l’École n’est pas du tout adaptée au monde professionnel actuel. On leur demande de ne pas copier les uns sur les autres; on nous demande de travailler en équipe, de communiquer et de collaborer. Ils n’ont en primaire aucune informatique réelle et censée pratique (à quelques exceptions près dues au dévouement de quelques professeurs); nous passons notre temps à envoyer des emails, à rédiger des rapports, à créer des tableaux, des présentations et autres sur nos ordinateurs, tablettes, smartphones… Nos enfants, à l’École n’auraient-ils pas 30 ans de retard ?

Réformons en profondeur dans l’organisation et dans les pratiques !

 

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L’École a pour mission de former tous les élèves. En disant cela, nous nous plaçons du côté du système éducatif et non du côté de l’élève. L’École s’attache à former mais l’élève apprend-t-il ?

Bien souvent, les élèves aujourd’hui sont confrontés à un contenu à ingurgiter à coup d’exercices tantôt vidés de leur sens tantôt trop ambitieux. « Il faut bien finir le programme ! » C’est la meilleure excuse de notre système éducatif. Le programme est le sésame d’une voie d’excellence ouverte à ceux qui réussissent le parcours du combattant des évaluations notées. Les appréciations qui accompagnent les élèves tout au long de leur scolarité (sur les copies et les bulletins) se révèlent des jugements de valeurs parfois laudatifs tels que « élève sérieux », « très bien », « bravo ! » mais le plus souvent des jugements dépréciatifs tels que « ne travaille pas », « bavarde en classe », « peut mieux faire », « n’est pas attentif », « dissipé », « résultats insuffisants » ou « en progrès mais les résultats sont encore insuffisants », etc.

Ces jugements accompagnent les élèves toute leur scolarité mais ne disent rien sur leurs difficultés d’apprentissage.

Ils constatent une réussite, un échec ou s’attardent sur le comportement de l’élève. Plus encore, les réunions d’enseignement, les conseils pédagogiques n’abordent que rarement les questions pédagogiques. En revanche, le règlement intérieur, le vivre ensemble, les problèmes comportementaux sont systématiquement à l’ordre du jour. Ces questions doivent être résolues : leur résolution est nécessaire mais non suffisante.

A quoi faut-il imputer cela ? En partie au fait que la massification a modifié la population des jeunes ayant accès à la scolarité jusqu’au baccalauréat mais aussi au fait que la formation initiale et continue des enseignants n’a jamais, en France, pris à bras-le-corps les questions relatives à l’apprentissage. La plupart des enseignants éprouvent de grandes difficultés à analyser les erreurs des élèves et les effets induits par leur propre formation. Les erreurs d’apprentissage ne sont pas décortiquées en classe parce que le plus souvent l’enseignant éprouve lui-même des difficultés à les analyser et à trouver des pédagogies du détour pour dépasser les fragilités de certains élèves. Il est aisé de constater le désarroi de bon nombre d’enseignants face à l’enseignement et à l’évaluation des sept compétences du socle commun de connaissances et de compétences.

En outre, l’enseignement est trop centré sur l’enseignant ce qui cristallise les conflits entre l’enseignant et certains élèves. Cela produit un enseignement descendant de moins en moins accepté par les élèves quels qu’ils soient ; la plupart des bons élèves s’ennuient en cours malgré leurs bonnes notes.

Plus encore, très peu de place est laissée au travail et au raisonnement entre pairs. Le collège et le lycée français forment des individus individualistes incapables de travailler ensemble parce que notre système éducatif considère que seule l’évaluation du travail individuel est légitime. Au lieu d’être centrée sur l’apprentissage par les élèves, l’École française est centrée  sur l’évaluation des élèves.

Suite à ces constats, je propose de :

- transformer radicalement les programmes; la notion même de programme est à revoir parce que chaque enseignant se sent investi d’une mission : former le futur physicien, mathématicien ou le futur professeur de lettres alors qu’il s’agit d’aider l’élève à construire les outils nécessaires à sa réussite ;

- travailler les représentations des enseignants en formation initiale pour les amener à mieux percevoir l’effet produit par les appréciations de valeur ;

- développer une formation initiale et continue qui s’intéresse aux processus d’apprentissage et moins aux didactiques des disciplines; à l’analyse de l’erreur; à la gestion des travaux de groupes; à la différentiation pédagogique; au développement de l’autonomie cognitive des élèves.

 

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Avis d’une enseignante sur les programmes et l’éducation artistique, culturelle et scientifique.

- L’éducation artistique, culturelle et scientifique est incontestablement importante pour les enfants. C’est une ouverture sur le monde, une ouverture sur tous les champs disciplinaires. Nous visons là, une première acquisition de savoirs et savoir-faire, mais également le développement de la curiosité et la construction de repères.

- Cette ouverture au monde doit se faire le plus tôt possible car après, cela est trop tard.
- En élémentaire, nous avons l’impression que les programmes nous obligent à faire un inventaire de tous les savoirs. Nous sommes obligés, pour atteindre les objectifs des programmes, de tout survoler au pas de course, mais nous regrettons de ne pas pouvoir faire des choix chaque année, qui permettraient de pouvoir traiter en profondeur certains sujets choisis dans chaque matière de découverte du monde et des arts, de les relier à des projets, et que les élèves aient le temps de manipuler, expérimenter, chercher, …

- De plus, nous souhaiterions pouvoir faire participer plus facilement nos classes à des sorties pédagogiques et des spectacles, faire venir des intervenants…. (quelques exemples parmi tant d’autres : ce n’est pas la même chose de voir un château fort en photo ou de le visiter, de voir une montagne en photo ou d’en arpenter les versants, de voir une toile ou de partager une demi-journée avec un plasticien et de pouvoir réaliser avec lui une peinture…).

 

Autre point, je pense qu’il est temps que les enseignants dans le primaire soient solidement épaulés pour l’enseignement des langues vivantes. La France a trop longtemps négligé cet enseignement.

Jusqu’à 2002, l’anglais était enseigné trop tard et avec une pédagogie désuète.

Résultat, bon nombre de jeunes enseignants doivent enseigner l’anglais alors qu’eux-mêmes ne sont pas compétents car ils n’ont pas bénéficié dans leur scolarité d’une formation correcte. C’est hallucinant !

 

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CPE contractuelle depuis janvier 2012, je travaille dans l’éducation nationale depuis 18 ans. D’abord surveillante d’externat, puis aide-éducatrice, cadre éducatif dans un lycée privé et pour finir assistante d’éducation « faisant fonction » de nombreuses fois !

Au concours interne j’ai obtenu 15.5 (seuil d’admissibilité 16 !). J’ai 38 ans et je suis en colère, car depuis toutes ces années, j’accompagne quotidiennement les élèves dans leur projet professionnel et personnel, je suis attentive à leurs demandes tout en respectant la règle, je les observe, je les écoute, je les conseille et les oriente, je m’engage avec toute la communauté éducative et pédagogique dans leur réussite scolaire et dans des conditions de travail parfois difficiles. Mais je n’ai jamais baissé les bras ! Je m’accomplis chaque jour dans mon travail, je suis déterminée et je n’abandonnerai pas. Il me semble que mes capacités de terrain et ma connaissance du fonctionnement des établissements valent autant si ce n’est plus que toute cette théorie universitaire !

Comme il a été dit, l’expérience devrait être reconnue et le gouvernement devrait permettre à tous ces contractuels en poste d’être titularisés ou de leur réserver un concours spécifique qui pourrait par exemple être un entretien avec un inspecteur vie scolaire (dans le cas des CPE) qui évaluerait avec le chef d’établissement nos compétences.

Il ne faut pas oublier que la motivation et l’engagement de l’ensemble des personnels non-titulaires dans la réussite éducative est grande.

La précarité est un tourment quotidien.

 

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La confusion actuelle est très préjudiciable et la formation doit être rétablie à son niveau antérieur d’au moins un an de formation après le concours d’accès, niveau Master 1.

Des bourses devraient permettre aux étudiants sans ressources d’accéder jusqu’au Master 1.

L’homogénéité avec les pratiques européennes devrait être assurée.

La formation des enseignants devrait se dérouler avec une multitude de stages sur le terrain, où le futur enseignant sera accompagné et guidé. Un suivi dans les premières années d’enseignement devrait être aussi mis en place.

Les enseignements théoriques sont nécessaires, mais devraient être concis et se centrer sur la pédagogie en tenant compte des recherches les plus récentes. Les élèves du 21ème siècle ont des besoins différents.

La gestion de la classe et la psychologie de l’élève devraient être particulièrement enseignées, car c’est le point faible pour de nombreux professeurs.

Une formation à l’enseignement de la résolution de conflits et aux nombreuses compétences transversales nécessaires à la réussite scolaire comme la prise de parole en public, l’autonomie, l’organisation….devrait être incluse dans la formation de tous les enseignants.

 

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Concernant l’évaluation du personnel, il me semblerait efficace de faire en sorte que les enseignants soient tour à tour mis en situation d’observation et d’accompagnement des autres enseignants.

Ainsi chaque enseignant serait chargé, pendant une période déterminée, d’observer le travail d’autres enseignants, de leur suggérer des axes d’amélioration, de leur faire bénéficier de son retour d’expérience et de partager avec eux les constats ayant pu être faits auprès d’autres enseignants.

 

Ce mode de fonctionnement présenterait notamment les avantages suivants :

- partage et diffusion des pratiques ;

- recommandations « bienveillantes » car émises par une personne sans lien hiérarchique ;
- légitimité des recommandations puisque émises par un pair ;

- responsabilisation des enseignants et de leur rôle.

 

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Mais où est donc passée l’éducation à l’environnement et au développement durable ? Je n’ai rien trouvé à ce sujet : cela veut-il dire qu’on va éduquer nos enfants « offshore » loin des bruits du monde, de la réalité de la nature et de la société et sans les élever vers leurs responsabilités futures ?
Si l’on ne fait rien à l’École, alors la voie reste libre à tous les prophètes de malheurs, à ceux dont le fonds de commerce est la culpabilisation et plus largement encore à ceux qui nous font croire que tout va bien et que notre Planète en feu est juste un peu surchauffée… Merci de nous aider à poursuivre un travail de fond pour amener les adultes de demain à être lucides et coopératifs, inquiets mais optimistes dans leurs actes.

Un éducateur à l’environnement qui essaye d’agir dans et autour de l’École.

 

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Si en tant qu’enseignants nous voulons conserver notre crédibilité (mais en avons-nous encore une…) auprès des parents, il faudrait effectivement cesser de faire croire, comme nous l’avons entendu pendant cinq ans, qu’il est possible de remplacer n’importe quel professeur au pied levé par le biais d’une petite annonce. Notre cursus de formation est le garant de cette reconnaissance. Comment pouvons-nous prétendre savoir enseigner sans formation alors que certains pays exigent six ans de formation professionnelle avant d’avoir une classe en responsabilité ? Il est nécessaire de revenir à une formation spécifique, adaptée, mixant apprentissages théoriques et stages filés sur le terrain. Mais cela ne suffit pas. Il est important de pouvoir continuer à se former tout au long de notre carrière, or l’offre de formation ces dernières années a été réduite à néant.

Comment déplorer les résultats des enquêtes PISA et jeter l’opprobre sur les enseignants si les moyens nécessaires à la conduite de leur métier n’existent plus (moins de formation initiale et continue, moins de temps de concertation, moins de rémunérations… plus d’élèves par classes, plus de contenus au niveau des programmes, plus de pression de la part de la hiérarchie, plus d’agressivité de la part des familles, plus de stress…) ???

Reconnaitre un statut aux enseignants, c’est aussi reconnaitre le travail accompli et le rémunérer à sa juste valeur et aux heures effectivement travaillées. Arrêter de laisser croire que notre temps de présence sur notre lieu de travail sont les seules heures que nous effectuons, ne pas insidieusement geler les salaires en laissant entendre que nous sommes des nantis (avec 13 ans d’ancienneté et la charge d’une direction, je touche un salaire mirobolant de 2 025 euros pour une moyenne de 50 heures par semaine et je bosse même pendant les vacances comme la plupart de mes collègues…).

Enfin nous consulter plus souvent sur les orientations qui concernent l’éducation s’avère indispensable !

 

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Bonjour,

je viens de faire ma rentrée scolaire à La Réunion. Dans mon collège il y a une jeune stagiaire qui débute ce lundi avec trois classes différentes et deux niveaux. Elle n’a eu pour toute formation que DEUX journées. Je suis vraiment inquiète pour elle ; elle n’a même pas de tuteur au sein de cet établissement dit « sensible » – l’euphémisme est sympathique.

Que peut-on espérer d’une telle situation ? A mon avis rien de bon, beaucoup de stress et pour elle et pour les enfants. Quel gâchis et quel manque de respect pour l’être humain tout entier. Il est vraiment temps de se remettre à l’œuvre et d’oser des réformes ambitieuses pour cette institution en laquelle j’ai cru à une époque.

 

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Une solution simple et peu coûteuse pour améliorer la formation continue des enseignants serait de rendre OBLIGATOIRE la directive suivante : tout enseignant (primaire, secondaire) doit rendre visite, dans sa classe, à un collègue et recevoir un collègue dans sa classe une demi-journée par année scolaire.

Cette réflexion m’est inspirée par mon ex-activité d’IA-IPR. Seul l’inspecteur fait des progrès en pédagogie car il voit plusieurs fois la même leçon conduite par des professeurs différents.

 

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La situation de l’enseignement requiert une réponse complexe qui traite simultanément la question de l’évaluation, des contenus des programmes et de la différentiation pédagogique.

De ces trois questions, l’évaluation est première parce qu’elle creuse dès le plus jeune âge les inégalités sociales. En effet, les enfants dont le travail n’est pas suivi dès le cours préparatoire par leurs parents subissent très tôt le jugement d’une évaluation moralisatrice totalement inféconde, situation qui s’aggrave dès le collège (d’ailleurs dans le langage scolaire, l’élève commet des «fautes» et rarement des « erreurs »). Les élèves livrés à eux-mêmes éprouvent rapidement des difficultés scolaires parce qu’ils sont confrontés à une image dévalorisée de soi. Pour réussir l’élève doit avoir la conviction qu’il en est capable et cette confiance lui est conférée par ses parents, par les enseignants et de préférence par les deux. Seule une différenciation pédagogique permet de donner un statut à l’erreur comme étape d’un scénario d’apprentissage. Néanmoins, elle ne suffit pas si l’évaluation perdure. Nous savons tous que les enseignants sont prisonniers de la pression sociale de la transparence et de l’efficacité de leur travail. Cette transparence est aujourd’hui jugée à l’aune du nombre de notes données aux élèves.

Pour modifier les pratiques pédagogiques et l’évaluation, il est nécessaire que le système éducatif envoie un signal fort aux enseignants et aux parents en modifiant les attendus des programmes et les évaluations terminales. Je voudrais également prendre un exemple dans l’apprentissage professionnel : les élèves ont bien des travaux à réaliser mais n’ont pas de notes, l’évaluation est le regard du tuteur porté sur le travail de l’apprenti et sert à prodiguer des conseils, une aide supplémentaire en lui adjoignant un apprenti plus expérimenté ou à modifier la tâche elle-même à confier à l’apprenti.

Quant aux programmes : ceux des lycées sont devenus extrêmement pointus.

Bien que je ne sois pas spécialiste, je voudrais prendre pour exemple le programme de Français en série L : de la classe de seconde jusqu’en Terminale les élèves s’entraînent à l’analyse de textes littéraires de tous ordres sous un angle très techniciste.

Ils n’y découvrent que rarement le plaisir et la curiosité pour la littérature et l’écrit en général. Ils s’approprient rarement les grands textes parce que le commentaire de texte est souvent fait par l’enseignant : au mieux dans un échange de questions dirigées au plus près des réponses attendues. Les élèves demeurent extérieurs, passifs. Pour l’enseignant, il s’agit bien souvent de couvrir l’ensemble des textes et des thématiques du programme sans pouvoir réellement suivre les phases d’apprentissage des élèves. Il me semble que la partie consacrée à l’écriture personnelle et collective devrait être systématisée pour induire une pédagogie plus active. L’étude des textes viserait alors le développement des compétences de l’écrit chez l’élève. En tandem, les lycéens auraient à produire une nouvelle, un conte, un pamphlet, des poèmes, des articles, etc. Le type d’écrit choisi par chaque tandem devrait induire une entrée dans le programme.

L’aide individualisée et l’aide personnalisée constituent des tentatives pour changer la donne mais force est de constater qu’ils restent des dispositifs marginaux et qu’à ce titre ils ne peuvent modifient l’enseignement en profondeur.

La différenciation pédagogique me semble devoir découler de la modification substantielle des programmes et de l’évaluation. En outre, les recherches universitaires relatives à la différenciation pédagogique auraient besoin d’irriguer plus profondément les formateurs.

 

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Enseignant en SEGPA (section d’enseignement général et professionnel adapté), j’aimerais évoquer la place de la difficulté dans le collège. La SEGPA est une structure où on permet à des élèves en grande difficulté de recevoir un enseignement adapté à leurs besoins. Cette structure ne correspond plus à la réalité des besoins, elle devrait être repensée et modifiée et profondeur.

Cette idée vient de deux constats :

- un paradoxe : les élèves de l’ULIS TFC (tous les enfants présentant des troubles des fonctions cognitives et mentales) de mon collège, plus lourdement entravés dans leurs apprentissages que les élèves de SEGPA, sont de fait bien plus intégrés et inclus dans les classes ordinaires ;

- la difficulté scolaire existe au collège en dehors de la SEGPA.

 

Il me semble qu’il serait temps de mettre un terme à la SEGPA en termes de structure, de façon à réintégrer tous les élèves, tous les collégiens, dans une même unité. Dès lors, nous pourrions réfléchir aux façons de repérer les difficultés et d’y remédier.

Sur ces deux aspects, les enseignants spécialisés sont une ressource qualifiée qui pourrait fonctionner sous forme de dispositif pour :

- repérer les élèves qui ont besoin d’aide ;

- analyser les difficultés ;

- intervenir face à des petits groupes ciblés, en co-intervention dans les classes et auprès des enseignants pour apporter une expertise et des outils (parfois simples) pour différencier leur pédagogie et s’adapter aux besoins des élèves ;

- proposer des parcours parallèles (transformer l’actuelle DP3, donner la possibilité de cours en atelier avec les PLP des actuelles SEGPA, des stages, de la découverte du monde du travail…).

 

Du point de vue des élèves, une telle réorganisation redonne à tous un statut identique et permettrait de répondre à leurs besoins.

Cependant, cela pourrait mettre les enseignants de classe ordinaire en difficulté face à des situations pour lesquelles ils ne sont pas formés, la tentation pourrait être grande de vouloir réorienter ces élèves vers des dispositifs de type ULIS, vers lesquels ces élèves ne seraient pas allés avec l’actuel fonctionnement.

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Comment vont évoluer le statut et les missions des Conseillers Principaux d’Education (CPE) ? Une question en attente depuis des années.

Il me semble indispensable que les CPE rejoignent clairement une catégorie précise : soit celle des enseignants pour asseoir du coup leur rôle pédagogique et éducatif, soit celle des personnels de direction. Après plusieurs années d’expérience mon choix se porte sur un statut et des missions de direction. Avec des missions à la fois d’aide au pilotage mais aussi et surtout de suivi pédagogique et éducatif ainsi qu’un statut reconnu par tous (y compris financièrement), ils pourraient prendre sur l’actuel Préfet des études. Car aujourd’hui il faut reconnaître que de très nombreux CPE (notamment ceux de collège) ne peuvent pas exercer correctement leur métier. Ils en sont réduits à gérer l’urgence quotidienne, la discipline, s’occuper uniquement des élèves en difficulté. Face aux problèmes complexes des établissements et aux enjeux de l’École, le CPE doit participer à une expertise partagée et apporter des solutions collectives au niveau des équipes éducatives et pédagogiques. Une personne ressource pour l’ensemble des membres de la communauté éducative… L’originalité de son positionnement dans le système scolaire (pédagogue et éducateur non enseignant) doit favoriser des missions de direction (pilotage dans le conseil, aide à la décision, actions, participation aux instances) mais aussi au niveau des élèves, des familles et des enseignants pour aider concrètement à la mise en place, au suivi et à l’évaluation. Dans cette perspective, les CPE pourront contribuer à travailler à la réussite pour tous les élèves, participer activement à une politique d’établissement cohérente, devenir une personne ressource efficace pour tous les acteurs de l’établissement. Des risques existent en optant pour ce choix. Mais la situation actuelle n’est plus tenable. Soyons novateurs !

 

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Enseignante dans le premier degré depuis presque dix ans, j’ai travaillé en zone d’éducation prioritaire pendant plusieurs années. J’ai rencontré des élèves en situation de difficulté scolaire et j’ai toujours souhaité les accompagner au plus près.

Actuellement je suis enseignante  dans un RASED. J’ai le sentiment que l’École s’est dégradée au fil des années, qu’elle laisse de côté un grand nombre d’élèves. Les enfants et leurs familles souffrent de cette situation.

Pour faire réussir tous les élèves, il me semble primordial que les effectifs des classes soient réduits. 30 élèves par classe dès la petite section, c’est bien trop! Les textes officiels demandent d’individualiser les parcours des élèves et de prendre en considération la singularité de chaque enfant. Mais comment faire quand ils sont si nombreux? Les professeurs des écoles se retrouvent en difficulté pour gérer l’hétérogénéité des élèves. Ils doivent bénéficier d’une formation initiale de qualité ainsi que de stages de formation continue tout au long de leur carrière. La formation se concentre souvent sur les savoirs didactiques, ce qui est essentiel mais elle doit aussi insister sur le développement psychoaffectif des jeunes enfants, sur les difficultés scolaires (qui sont inhérentes à tout apprentissage), sur l’accueil des élèves en situation de handicap.

Plus de professeurs, des professeurs mieux formés et moins d’élèves par classe pourraient permettre à tous les élèves de réussir, de connaître une école moins élitiste et plus humaine.

Certains diront que cela coûte cher. Ceux-là veulent, pourtant, le meilleur pour leurs enfants. Souhaitons le meilleur pour tous les enfants de France. Quel bonheur et quelle fierté pour la République de faire réussir tous ses enfants, de leur permettre de se construire une vie !

 

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Je suis enseignante en CM2 et directrice d’une école de six classes déchargée un jour par semaine.

Voici mes constats sur 28 années d’enseignement :

- les programmes de l’école élémentaire sont trop chargés, les journées sont longues ;

- les enfants sont de plus en plus fatigués mais également de moins en moins attentifs et pas toujours disponibles; de nombreux enfants vivent des situations familiales pas toujours simples même dans nos campagnes (familles divorcées, monoparentales, en difficultés sociales…) ;

- les parents d’élèves sont volontaires, ils veulent que leurs enfants réussissent mais ils n’arrivent pas toujours à les aider ;

- les enseignants ne sont pas des spécialistes dans toutes les matières.

 

Pour une meilleure réussite, il conviendrait de:

- limiter le nombre d’élèves à 18 par classe (enseignant seul) ou 24 avec une aide (l’enseignant serait plus disponible et cela limiterait les prises en charge RASED) ;

- mettre en place une semaine de quatre jours et demi (avec mercredi matin);

- organiser la journée d’école avec 3h de cours le matin et 1h30 l’après-midi, avec arrêt des cours à 15h ;

- en fin de journée, mise en place d’un accueil, pour les activités sportives, culturelles, artistiques et langue étrangère avec des spécialistes ou des enseignants intéressés ; accueil obligatoire sur 1h30 puis facultatif ensuite ;

- sur ce même temps facultatif, gestion par une personne coordinatrice d’un accueil des parents avec leurs enfants pour l’aide à l’apprentissage des leçons ;

- créer un poste d’enseignant, par demi-circonscription,  qui ferait le lien entre les parents, les écoles, les différents services afin d’aider les familles dans la scolarité de leurs enfants ;

- pour les enseignants, après 15h, temps de concertation ou aide aux activités sportives, culturelles….

En ce qui concerne la direction d’école, qui est devenue un vrai métier, une aide administrative ou une décharge plus importante ou encore des directeurs/trices qui ne font que cela et pourraient gérer plusieurs écoles.

 

 

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  1. contributions des internautes