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Extraits des contributions au débat déposées par les internautes – 25 septembre 2012

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25 septembre 2012

Les contributions au débat déposées par les internautes sont systématiquement lues et leur contenu est transmis aux groupes de travail concernés. Nous publierons chaque semaine des extraits de ces contributions.

 

Je suis une heureuse professeure en lycée professionnel depuis 20 ans !!! Oui, cela existe ! Par ce message, je souhaiterais que tous les personnels de l’éducation du 1er degré au 2nd degré, les parents d’élèves, les chefs d’entreprise, toutes les personnes ayant été « élève », y compris les jeunes d’aujourd’hui modifient leur vision du lycée professionnel. Ces établissements professionnels ont toute leur place dans le système éducatif français… Non, ils ne sont pas une voie de garage, une solution après un échec… Je partage mon temps avec des jeunes épanouis et motivés pour réaliser leur projet professionnel leur permettant d’exercer un métier motivant. Trop souvent, ils arrivent découragés, dégoûtés par l’École, n’ayant plus confiance en eux !  À chaque rentrée, toutes les équipes se mobilisent pour le plus grand chantier : faire reprendre confiance en soi, retrouver une estime de soi permettant à chaque jeune de se persuader qu’il peut réussir !
Ce n’est pas facile tous les jours car le doute, les questions liées à l’adolescence, s’ajoutent aux exigences de réussite scolaire. Chaque élève progresse à son rythme, évolue dans sa vie durant deux ou trois ans, et quelle satisfaction de les voir réussir leur CAP ou baccalauréat professionnel !
Conclusion : chaque jeune a le droit à une formation choisie et non subie pour concrétiser son projet professionnel lui permettant de trouver sa place dans le monde du travail.
Changeons l’image du lycée professionnel !

 

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Ne pourrions-nous, à l’instar de très nombreux pays, européens ou non, diffuser à la télévision les séries anglophones en VO sous-titrées ? Cela permettrait à tous de se familiariser, dès le plus jeune âge, à la langue anglaise, puisqu’il paraît que le niveau d’anglais du Français moyen est si faible.
Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement avec 2 h d’anglais par semaine en terminale S, à 35 élèves par classe ?  Lorsque l’on sait le nombre d’heures passées chaque semaine par les enfants et adolescents devant les séries, on imagine vite le bénéfice qu’ils en tireraient ! Cela serait certainement une mesure peu coûteuse, efficace, égalitaire de surcroît ! Car enfin, avec aussi peu d’heures d’anglais à l’École, n’est-il pas évident que ceux qui tirent leur épingle du jeu sont les enfants des familles privilégiées qui envoient régulièrement leurs enfants en séjour linguistique ?
Lorsque l’on connaît le prix de ces séjours, on comprend aisément qu’ils sont réservés à une certaine catégorie sociale.
La Suède, les Pays-Bas, par exemple, diffusent les productions anglo-saxonnes en VO On connaît le niveau d’anglais des habitants de ces pays !
L’apprentissage d’une langue est long, complexe, et ce n’est que la fréquentation régulière de cette langue qui va en permettre l’appropriation. Comment peut-on imaginer que quelques heures par semaine partagées avec une trentaine d’autres apprenants de plus ou moins bonne volonté, durant quelques années, va suffire ? Hormis à l’École, quand entendons-nous parler anglais ? Jamais (sauf lors d’interviews dont les voix originales sont couvertes par l’interprète). Mais nous sommes surpris d’avoir un niveau si faible! Manque de lucidité ?
Enfin, lire les sous-titrages, c’est lire, et pour certains, une occasion pas si fréquente de le faire. Il suffira de veiller à la qualité (syntaxique et orthographique) des sous-titrages.

 

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Depuis 1989, l’école primaire devrait fonctionner en 3 cycles. Actuellement il me semble que de cycle nous n’avons uniquement les noms mais aucune existence réelle. Il est urgent de se pencher sur cet état de fait.
Les cycles sont une idée formidable à développer. Il est important d’arrêter « le système une classe d’âge/un niveau scolaire » qui est la première injustice qui soit. En effet, alors qu’on nous parle d’accepter les différences, pourquoi voulons-nous que les enfants soient tous prêts au même moment pour entrer dans les apprentissages. Prenons les choses différemment. Des compétences à acquérir sur un cycle de trois ans (pouvant fluctuer entre deux et quatre ans en fonction de chaque élève, ainsi il n’y a pas de redoublement mais une prolongation du cycle). Concrètement il ne faut plus un enseignant pour un niveau, mais pour un cycle. Un atout indéniable pour mettre en place la différenciation pédagogique et donner à chacun le temps de s’inscrire dans les apprentissages. De plus, ce fonctionnement permettrait de lutter contre ce fléau qu’est le stress scolaire et qui prend une place de plus en plus importante à l’École.

 

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Des personnels formés, je fus formé en 2007, et je trouve que j’ai eu une excellente formation dans
l’académie de Créteil. Très concrète, grâce aux formateurs. Les formations institutionnelles par des pontes universitaires étaient souvent stériles car nous avions devant nous des personnes qui n’avaient aucune capacité à transmettre leur savoir… Mais ils étaient un bel exemple de ce que nous ne devrions jamais être en classe de secondaire ! Il y avait aussi des formations stupides par jeux de rôles… Mais j’avais passé l’âge des ateliers théâtre, et l’on peut anticiper une situation sans jouer à l’ado.Il paraît que la formation nouvelle s’oriente vers cela : du concret et du disciplinaire… Excellente idée.
Les collègues recrutés venant de masters pro ont l’air plus à l’aise cette année que les stagiaires non formés du quinquennat précédent… Continuez donc.
Pour ce qui est de la reconnaissance, le salaire est un signe certain. Attendons 2013. La reconnaissance qu’il me manque est celle de l’institution : le système de notation est frustrant, et si on l’appliquait à nos élèves, il serait humiliant pour eux.
Exemple : je suis malade 4 mois, mais impliqué le reste de l’année, mon chef m’accorde une augmentation de 1 point. L’année suivante, je suis présent toute l’année, je revendique un enseignement de qualité, je m’implique dans différents projets, j’organise des sorties… Je fais mon travail aussi bien, peut-être mieux car avec un an d’expérience en plus. Mon chef m’accorde 0.5 point. Il paraît qu’il ne pouvait pas faire mieux car sinon, je serais au dessus de la moyenne… D’accord.
Mais donc, je constate que je vaux -0,5 par rapport à l’année d’avant, malgré une excellente appréciation.
Hélas, pour la carrière et les augmentations, seule la note compte…
Par contre, bravo pour le maintien de la double notation.
Nos inspecteurs, qui viennent en classe et qui sont compétents pour la pédagogie,
nos chefs, qui voient notre implication, notre rayonnement, etc.

 

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Bonjour,

Je suis actuellement en M1 Enseignement du premier degré, très bonne élève et très motivée par la perspective de mon métier.
Cependant, outre les problèmes de manque de reconnaissance général et du salaire congru consenti par notre hiérarchie (l’État), un aspect du métier en tant que débutant m’effraie particulièrement : la perspective de mettre 7 ans en moyenne dans ma région (académie de Versailles) avant d’obtenir un poste fixe dans une classe ! La perspective de cumuler 4 quarts de temps, dans 4 endroits différents, sur 4 niveaux différents m’amène à réfléchir sérieusement à la possibilité de me tourner vers l’enseignement privé !!
Je rappelle que dans le 1er degré, nous sommes déjà des enseignants polyvalents, la préparation de l’ensemble des cours sur un (ou deux) niveau(x) est déjà complexe : mais 4 niveaux, pour 4 endroits différents, avec une durée d’instabilité de 7 ans, non !
Comment gérer plus humainement le personnel éducatif dans le 1er degré ? Comment améliorer les conditions de travail des enseignants débutants ?
Merci.

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Par le présent courrier, j’aimerais tout simplement vous apporter le témoignage réel de ma profession au sein d’un réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased).
J’ai 53 ans, je suis enseignante depuis plus de 32 ans. Il y a 8 ans, j’ai choisi de faire une formation d’une année pour devenir enseignante spécialisée. J’ai choisi d’aider les élèves en difficulté comportementale et je suis devenue maître G.
Je suis rattachée au Rased d’une école élémentaire, dans une petite ville haut-rhinoise. J’interviens sur un secteur de 11 communes environnantes, dans 21 écoles maternelles et élémentaires. Notre Rased était composé d’une enseignante spécialisée en aide pédagogique (maître E), d’une psychologue scolaire et d’une enseignante spécialisée en aide rééducative (maître G) à la rentrée de septembre 2011. Nous travaillions ensemble sur un secteur  qui compte 1200 élèves environ. À compter de la rentrée scolaire de septembre 2012-2013, je serai seule à assurer le suivi des élèves en difficulté, les postes de mes deux collègues ayant été supprimés.
Dans le cadre de la prévention des difficultés scolaires, je travaille en co-intervention avec des enseignants volontaires, dès la rentrée scolaire. Nos thèmes de travail sont les suivants : « Le métier d’élève », « Grandir » et « Apprendre à bien vivre ensemble ». Cette année, ces projets nous ont permis de sensibiliser les élèves de quatre classes, soit environ 100 élèves.
D’autre part, tout au long de l’année, j’assure le suivi en aide rééducative de 48 à 50 élèves. Les élèves (de la moyenne section au CM2) pour lesquels les enseignants demandent une aide traduisent, par leur comportement, un profond mal-être. Pour ne citer que les deux extrêmes, certains sont capables de démonter le fonctionnement de leur classe, d’autres de se faire complètement oublier. Mes élèves sont issus de tous les milieux : ils sont enfants de notaires, de médecins, de journalistes, de chefs d’entreprise, de personnels hospitaliers, d’enseignants, d’ouvriers, d’éboueurs ou de chômeurs… Pendant un temps donné, le temps qui leur est nécessaire, ces élèves ont besoin d’être accompagnés, guidés pour surmonter leurs difficultés, pour (re)trouver leur estime de soi, la motivation et  pour réussir à mieux entrer dans leur métier d’élève. Afin de mieux soutenir l’enfant-élève, je rencontre régulièrement les parents (souvent trois fois dans l’année).
Au total, je comptabilise plus de 135 entretiens avec les parents, dont l’adhésion au projet rééducatif proposé contribue largement au changement de comportement de l’enfant-élève.
Je suis très motivée par mon métier, j’aime travailler avec mes élèves tous les jours, y compris ceux qui sont très difficiles. Je sais que je suis utile, car j’apporte de l’aide, du soutien à des enfants et des familles. Par ma mission, je contribue à la réussite scolaire de chacun, et de tous.
Je suis riche de tous les échanges si variés, si vrais ; je suis riche des relations tissées au fil des mois et des années avec les enfants, mes collègues, les parents ; je suis riche des témoignages de reconnaissance ; je suis riche de la confiance apportée ; je suis riche de pouvoir exercer un si beau métier !
 À la rentrée, 55 postes de Rased ont été supprimés dans le département du Haut-Rhin. Je serai seule à assurer le suivi des élèves en difficulté. Mon secteur a été multiplié par trois, il comptera plus de 3000 élèves! Comment peut-on encore parler d’aide ? Rien que mes déplacements occuperont plus de la moitié de mon temps de travail.
Madame, Monsieur, vous qui m’avez lu, assurez un avenir aux RASED, ils permettent à l’École publique d’apporter une aide réelle aux élèves en difficultés. Il nous faut retrouver des équipes complètes  pour pouvoir être efficaces et retrouver notre vrai rôle. Nous n’avons pas le droit de laisser ces élèves au bord du chemin… car dans quelques années, nous les retrouverons dans la rue !
Nous sommes en train de préparer la société de demain. Nous en portons la responsabilité aujourd’hui, aussi je vous demande ainsi qu’à  notre nouveau gouvernement de sauver les Rased et ainsi permettre à nos élèves de vivre dans une société respectueuse de chacun dans toutes ses différences.
Merci de nous avoir donné un droit à la parole.

 

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Si, sur le fond, le socle commun est sensé et totalement pertinent, sa mise en place et sa gestion est, à mon sens, très critiquable.
1. Soit on évalue par des notes, soit par capacités mais pas les deux. Cela n’a pas de sens ! Un brevet des collèges peut-être obtenu ou pas sans qu’il y ait des notes.
2. L’avis du corps enseignant doit être respecté. En principe, le socle commun doit être validé pour avoir le brevet. Dans les faits, statistiques obligent, de nombreux élèves obtiennent le brevet alors que les équipes pédagogiques en charge de leur évaluation depuis des années n’avaient pas validé leur socle. Où est le respect envers les enseignants ? Que vaut finalement leur avis ? À quoi bon une surcharge de travail, une dépense d’énergie supplémentaire si une commission passe outre notre avis ? Autant, dans ce cas, valider tout le monde directement. Cela se fait.
3. Les mises en place, les protocoles de suivi et de validation sont différents entre les académies mais aussi au sein même des établissements d’une académie. Comment cela est-il possible ? On ne peut pas mettre en place une réforme sans donner des outils au niveau national et des directives claires et précises pour sa mise en œuvre. La liberté aux établissements, c’est bien, mais pas dans ce domaine où on obtient une cacophonie !
4. Pourquoi ne pas substituer l’acquisition du socle commun au brevet des collèges ? Le brevet a déjà été donné par le passé sous contrôle continu. Je ferai peut-être hurler des collègues mais, au niveau collège, une validation de savoirs et de savoir-faire nécessaires à la poursuite d’études, évalués par les équipes pédagogiques, se traduisant par l’obtention d’un socle commun de connaissances, me semble totalement suffisant. Cela éliminerait cette redondance, ce mélange confus entre le brevet d’un côté et le socle de l’autre. Cela n’a pas de sens.
 Il faut donc revoir entièrement le socle et sa mise en œuvre pour lui redonner du sens.

 

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Enseignant en classe de CP, je reçois cette année Jean, un enfant qui n’a jamais fréquenté l’école maternelle. C’est un élève issu de la communauté des gens du voyage dont la famille est semi-sédentarisée. Je vous laisse imaginer le décalage avec les autres élèves.
À mon étonnement par rapport à cette situation, la maman de Jean m’a justement répondu : « Mais l’école n’est pas obligatoire avant six ans ». Et c’est tout à fait vrai. Mais je pense qu’aujourd’hui il faut changer les choses et abaisser de manière significative l’âge de la scolarité obligatoire à 3 ans, au plus tard à 4 ans.
Cela éviterait ce type de problème et nous permettrait de tisser plus tôt des liens avec ces familles fragiles qui n’ont pas le réflexe « maternelle » d’une majorité écrasante de familles.
Et d’une manière plus générale, cela nous donnerait également la possibilité  de travailler avec l’ensemble des parents dès la maternelle sur leur rôle, leur responsabilité et l’exigence dont ils doivent faire preuve à l’égard de leurs enfants.
Aucune réforme, si ambitieuse et pertinente soit-elle, ne pourra faire l’économie de cette question fondamentale des parents. Aujourd’hui, nous rencontrons de plus en plus de parents qui ne savent  pas quelle attitude adopter avec leurs enfants. Autrefois, devenir parent se faisait quasiment naturellement. Maintenant, beaucoup de néo-parents ont du mal à se positionner et à trouver le ton juste. Souvent, ils laissent faire quelquefois ; ils ne savent pas comment faire ; d’autres fois ils n’osent pas faire…
Avec une scolarité obligatoire plus précoce, on pourrait imaginer un travail en profondeur avec les parents au sein de l’école maternelle : sous forme d’ateliers, avec d’autres intervenants… La forme est à creuser.
Mais je pense que c’est absolument fondamental de remettre les parents dans le jeu et à leur place pour retrouver le bon sens. L’institution scolaire, si elle doit être sans doute refondée, ne peut pas être remise en cause seule.

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Il me semble nécessaire de repenser l’éducation prioritaire, fortement mise à mal ces cinq dernières années. Le programme Éclair n’a apporté aucun moyen réel aux établissements difficiles : mon lycée professionnel par exemple, non classé auparavant  (donc sans les moyens antérieurs -ZEP, ambition réussite…) se trouve dans une situation « intenable » tant pour les personnels que pour les élèves : les enseignants assurent tant bien que mal et dans la souffrance leurs missions face à des classes – pour certaines – de plus de 30 élèves. Le profil de ces élèves (décrocheurs, comportements a-scolaires et à risque) nécessite une prise en charge dans des groupes restreints. La prime Éclair, contraire aux valeurs portées par la gauche et l’École républicaine, doit être intégralement supprimée. Les moyens doivent être mis au service de l’encadrement, de l’accompagnement, du soutien, de la prise en charge et du bien-être des élèves de ces établissements dits
prioritaires.

 

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Secrétaire remplaçante très investie depuis de nombreuses années, j’ai souvent été amenée à aider les élèves au niveau 3e ou terminale à saisir leurs vœux d’orientation.
Beaucoup d’entre eux, quel que soit le type d’EPLE,  se trouvent dans un grand désarroi devant cette échéance « menaçant » leur avenir.
La culture de l’orientation ne semble pas suffisante et le temps de réflexion bien court pour vraiment choisir sa voie.
Si l’on demande à un élève, dès la 5e ce qu’il veut faire plus tard, il va commencer à y réfléchir, son projet se construira au fil du temps. Cet élève peut évidemment changer 100 fois de projet, l’important étant qu’à chaque fois, il se renseigne sur les études y menant. Ainsi, il aura le temps de découvrir, de se documenter et surtout de savoir pourquoi il doit travailler et obtenir des résultats, s’il doit privilégier telle ou telle discipline, etc.
Certains élèves décrocheurs,  perturbateurs au collège, pourraient prendre conscience des raisons de leur présence à l’École. Un projet,  même s’il semble inaccessible, même s’il est changeant, peut motiver et révéler tout un chacun.
En terminale, les lycéens n’ont que quelques mois de réflexion avant de saisir leurs vœux.
L’application Admission post-bac a fait, timidement, changer les habitudes des lycées et l’on commence enfin à présenter les possibilités offertes par l’enseignement supérieur aux élèves de 1ère, pourquoi pas, dès la 2de ?
Si le travail est commencé dès la 5ème, entretenu et surtout affiné jusqu’en terminale  les vœux seront beaucoup plus faciles à émettre et l’orientation plus aboutie.
L’orientation par défaut, la réorientation due à l’échec pourraient ainsi diminuer et le mot orientation retrouverait tout son sens.
Les journées portes ouvertes des établissements, les salons, les mini-stages, internet sont déjà de très bons outils,  encore faut-il les utiliser à bon escient et c’est sans doute moins une question de moyens que de volonté éducative.

 

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Tour à tour éducateur, éducateur scolaire, instituteur, directeur d’établissement spécialisé, chef d’établissement en LP et collège, mon parcours professionnel m’a permis d’acquérir une vision systémique des atouts et des lacunes de notre système éducatif. Aujourd’hui retraité, adjoint au maire à l’enfance et l’éducation d’une ville de 7 000 habitants, j’essaie de déceler quel fil tirer pour déclencher une vraie transformation culturelle fondamentale, (qui prendra de longues années!).
A mon sens, il faut à tout prix repérer et réparer les erreurs commises au début des années 70, à l’occasion de la massification de la scolarité jusqu’à 16 ans et la création de ce qu’on appelle le « collège unique ».  Avoir conçu le collège sur le modèle élitiste du lycée d’alors qui recevait une minorité des élèves, formatée pour y réussir, s’est avéré contre-productif. Ses cloisonnements, un certain taylorisme éducatif et son académisme n’ont pas permis de donner du sens et de la cohérence aux apprentissages pour de nombreuses générations d’élèves ne baignant pas dans un milieu socioculturel qui leur donne les clés de la réussite. Le mode de recrutement du corps enseignant qui en est issu, n’a fait  que perpétuer ces lacunes. Cela aboutit à ce que chaque année des milliers de jeunes le quittent après 12 à 15 ans d’usure de pantalon sur les bancs de nos établissements (quand ils restent assis!), et sortent sans avoir acquis le « socle de compétences » susceptible de leur donner l’autonomie nécessaire à la maitrise leur environnement.
Pour tout faire bouger, maternelle-lycée, il faut commencer par repenser le collège et donc la continuité de l’école élémentaire. En commençant par le cycle 6e-5e qui devrait être conçu comme son prolongement, une grande école ou un petit collège. Cela passe aussi par la bivalence des enseignants afin de constituer des équipes éducatives restreintes qui suivraient les élèves sur deux ans. La refondation du statut, du recrutement et de la formation des enseignants en découle …et tout bougerait alors enfin…

 

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Il faut à tout prix conserver l’accompagnement personnalisé en lycée, mais il faut le rendre efficace, en sensibilisant et formant les enseignants à la co-éducation. Le prof de maths qui refait des exercices de maths en marge du programme pour les 12 élèves les moins à l’aise en maths, n’aide pas beaucoup ces élèves-là, d’autant plus qu’il explique souvent comme lors du cours. Ce que nous avons fait dans la 2de où j’étais professeur principal l’an dernier, c’est de la co-éducation : les élèves, répartis en groupes de 12, nous disaient dans quelle(s) matière(s) ils avaient des difficultés (dans 75-80 % des cas, maths et sciences physiques), on demandait qui, parmi les élèves, se sentait à même d’expliquer le cours à ses camarades. Le volontaire, ou les deux volontaires, avai(en)t une semaine pour préparer son (leur) intervention, voire penser à des exercices d’application. La semaine suivante, cet élève (ces élèves) se livrai(en)t à cette intervention, et les autres élèves, et le professeur présent, pas spécialiste de la discipline traitée, posaient des questions. Je me suis rendu compte que mes questions, faussement ou vraiment naïves, permettaient de verbaliser des éléments mal compris par les élèves en difficulté. Et, évidemment, l’élève qui explique à ses camarades emploie son vocabulaire à lui, pas celui du professeur, et cela a parfois un effet de déblocage. Cette manière de faire m’apparaît bien plus utile aux élèves que tout le blabla méthodologique et les questionnaires sur leurs pratiques et attitudes dont on les abreuve, pour cacher qu’on ne sait pas vraiment quoi faire en accompagnement personnalisé.

 

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La scolarisation des élèves handicapés est un sujet important. La loi de 2005 a permis des progrès mais elle entraîne des dérives qu’il faudrait « aplanir ». Le recours aux AVS est indispensable mais n’est manifestement pas harmonisé. De plus, ces personnels ne sont pas formés, sont sous-payés et les enseignants ne savent bien souvent pas comment les utiliser. Et les critères d’affectation d’un AVS sont souvent opaques : une liste exhaustive des situations qui nécessiteraient la présence d’un AVS serait bienvenue. Dans les CLIS, la présence systématique d’un AVS « collectif » ou partagé est absolument indispensable. Bien souvent, les postes de CLIS sont occupés par des enseignants non spécialisés qui doivent faire face, seuls, aux troubles des enfants. C’est inadmissible si l’on songe aux personnels présents dans les établissements médico-éducatifs. Les CLIS 1 voient de plus en plus d’élèves inscrits « par défaut » en attente d’une place en établissement spécialisé ou relevant explicitement de ces structures mais dont les familles refusent l’orientation. C’est perdre de vue l’objectif fixé à ces classes. Il faudrait redéfinir clairement leurs missions et le « profil » des enfants qui doivent y être scolarisés. Enfin, la question de la contrainte qu’une scolarisation en milieu ordinaire inflige à certains enfants doit être reposée. L’inclusion est une idée louable mais elle ne peut se faire au détriment de ceux qui sont concernés. Voir à ce sujet de nombreux textes de M. Daniel Calin ainsi que son site, très éclairant, sur les dysfonctionnements de la mise ne place de la loi de 2005.

 

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Personnel de direction dans l’académie de la Réunion, je veux dire à quel point je me retrouve dans les propositions  et les réflexions du collègue dont la contribution est publiée en date du 11 septembre ; tout y est :
- la nécessité de revisiter entièrement le décret de 1950 en total déphasage par rapport aux évolutions de notre société ;
- la nécessité d’augmenter le temps de présence des enseignants dans les établissements pour améliorer l’encadrement des élèves mais aussi pour favoriser le travail en équipe et l’approche pluridisciplinaire des apprentissages ;
- la nécessité de revoir le temps scolaire : l’annualisation  des services et des temps d’enseignement permettrait de concevoir des séquences d’apprentissage de durée variable, mieux  adaptées aux diverses matières et aux objectifs.
Enfin, gardons le cap du socle de compétences et de l’École du socle qui  permettra cohérence et continuité dans le cursus scolaire de l’enfant. La réforme du lycée est intelligente et commence à produire des résultats quand elle n’est pas dévoyée. De grâce, ne la remettons pas en cause !

 

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Les SEGPA accueillent au collège des jeunes âgés de 12 à 16 ans, en grande difficulté scolaire. Ces structures mal connues ont mauvaise réputation, y compris au sein de la communauté enseignante.
Lorsque cette orientation est proposée aux familles à l’issu du CM2 ou en 6e, 5e, beaucoup choisissent de reste noyés dans la masse afin de ne pas prendre cette étiquette qui les dévalorise.
Pourtant les enseignants qui travaillent en SEGPA se battent afin que chaque élève en charge puisse remédier au mieux à ses difficultés et trouver des solutions pour son projet d’orientation en formation professionnelle et, localement, je constate que bon nombre s’en sortent, parfois mieux que certains de leurs pairs issus de la filière classique. Les structures SEGPA coûtent cher, elles sont sous-utilisées, leurs ateliers sont parfois vides. Au lieu de parler d’école de la deuxième chance, repensons les orientations vers ces structures, continuons à adapter et aménager les enseignements qui y sont dispensés pour donner des chances à tous. Valorisons les SEGPA en tant que voie d’excellence vers les orientations professionnelles, comme une adaptation pour des élèves « moins scolaires » qui sont stigmatisés par leur « échec », souffrent et ne perçoivent pas un projet personnel satisfaisant. Je suis persuadé que ces structures mieux utilisées pourraient être efficaces pour bon nombre d’élèves. Utiliser et remodeler l’existant devrait permettre de réaliser des économies et rendre le sourire à ceux qui s’ennuient au fond de la classe.

 

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Je suis française et actuellement professeur de français et d’allemand dans un collège-lycée allemand. Ici, le système est organisé en trois branches: Gymnasium (où je travaille), Realschule (avec de plus petits groupes et un travail plus individualisé) et Hauptschule (orientée technique). Le système nous amène en fonction des notes et avec un barème très précis et rigide à faire passer les élèves d’une branche à l’autre à plusieurs étapes de leur scolarité si nécessaire. Inconvénient majeur : la pression des notes est très lourde. Avantage majeur : des passerelles « retour » qui impliquent qu’un élève ayant été en échec au Gymnasium peut faire l’expérience de la réussite à la Realschule et revenir ensuite au Gymnasium. Cela fonctionne très bien pour certains qui reviennent et se retrouvent même en tête des résultats au bac de l’établissement. D’où l’idée suivante : garder un système à plusieurs « branches » mais avec des conditions de passage de l’une à l’autre plus ouvertes et personnalisées et surtout des passerelles « retour » dignes de ce nom.

 

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Serait-il enfin possible d’envisager de laisser entrer d’autres professionnels que des enseignants au sein des établissements scolaires ? Lorsque des enfants en difficulté d’apprentissage ont besoin, par exemple, de travailler avec un orthophoniste, il leur faut quitter l’établissement, perdre du temps en transport, le tout payé par la collectivité, etc. Ne serait-il pas plus judicieux de laisser ces professionnels entrer dans les écoles en mettant en place avec eux des partenariats ? Ce serait plus simple, moins fatigant pour les enfants et moins onéreux au final … Cela se fait dans d’autres pays européens, nordiques entre autres.

 

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Les programmes scolaires sont ambitieux et vastes… Tout à l’honneur d’un pays développé.
Malheureusement, les enfants n’ont pas les capacités d’ingurgiter tout ce qui leur est demandé… Rien n’a été supprimé aux « anciens » programmes, sur lesquels se sont ajoutés : le B2I, la prévention routière, apprendre à porter secours, les langues vivantes, les ouvrages de littérature jeunesse… Il faut toujours apprendre à lire, à écrire, à compter… Je ne dis pas que tout est inutile mais cela peut ressembler à du « gavage », et une fois gavé, que reste-t-il de l’appétit ? Si on veut que l’École permette au plus grand nombre de réussir, il faut leur donner du temps pour digérer, pour prendre du plaisir à apprendre, s’ouvrir l’appétit et garder l’envie d’en savoir plus…
Dans nos quartiers sensibles, la plupart des enfants se découragent… Le système perd alors en efficacité… Les parents ne font plus confiance en l’institution, les crispations arrivent…

 

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Bonjour,

Ma contribution est certes modeste et elle manque de précision, mais je ne peux pas passer à côté de cette concertation.
Je suis néo-titulaire, et je pense faire le plus beau métier du monde. Mais les conditions dans lesquelles je le pratique me laissent perplexe.
Il est grand temps de repenser le collège unique. Sous prétexte d’intégration, les classes sont surchargées (toutes mes classes comprennent 29 élèves, sans compter les arrivages de « petits nouveaux » en cours d’année). Faire cours à 29 élèves, c’est difficile, je ne vous apprendrai rien. Mais quand certains élèves savent à peine lire et écrire, que d’autres sont lourdement dyslexiques, ou que certains ont un problème de comportement, c’est mission impossible. Les AVS nous apportent un grand soutien, à nous les enseignants et aux élèves, mais ils sont trop peu nombreux et la proportion des élèves qui en ont besoin et en bénéficient est trop faible. Elle est même scandaleuse.
Je suis patiente, jeune, et pleine d’énergie. Mais je suis fatiguée, frustrée et en colère de voir des élèves quitter mon cours sans avoir rien compris, parce que je n’ai pas eu le temps de leur expliquer individuellement, ou parce qu’ils n’aiment pas le collège ou n’ont pas les capacités de comprendre certaines choses si elles ne sont pas expliquées de façon spécifique.
Il faut ABSOLUMENT renoncer à l’idée de collège unique et diversifier les possibilités de scolarité pour les élèves. Il faut aussi aménager des passerelles pour rassurer les parents qui craignent d’envoyer leurs enfants dans des voies de garage, et pour que les élèves qui évoluent puissent se rediriger dès qu’ils en ont besoin.
Permettre aux élèves de faire plus d’expériences professionnelles, personnaliser un parcours, mettre plus de personnel à leur disposition, voici – selon moi – un des défis que devrait relever cette excellente initiative. Un élève qui a compris, c’est une victoire sur l’ignorance. L’éducation nationale a besoin de plus de victoires.

 

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Je suis psychologue et travaille auprès d’enfants présentant tout type de difficultés d’apprentissage ou de handicaps.
Je pense que l’École aurait à apprendre du travail pluridisciplinaire comme il se fait dans le médico-social. En effet, ce qui est riche dans le travail en équipe pluridisciplinaire c’est ce que chacun peut amener de la connaissance du développement de l’enfant. Quelques idées de professionnels ayant une connaissance sur le développement du jeune enfant, de l’enfant et de l’adolescent : les auxiliaires de puériculture, les puéricultrices, les éducateurs de jeunes enfants, les éducateurs spécialisés, les moniteurs éducateurs, les aides médico-psychologiques, les orthophonistes, les psychomotriciens, les ergothérapeutes (pour l’aménagement des lieux de vie), les psychologues et les enseignants, bien sûr.
Pour l’école maternelle, je pense qu’il faudrait l’orienter vers un lieu qui se situerait entre la crèche et l’école maternelle actuelle, en restant à accès gratuit. Car il correspondrait plus au développement du jeune enfant. En effet, je me rends compte qu’on est en train de créer des troubles chez les enfants, en leur mettant beaucoup de pression dès la maternelle (cette pression vient de façon globale de la société mais souhaitons-nous la subir ou montrer autre chose à nos enfants) et certains enfants ont déjà marre de l’école à 4 ans.
L’école a beaucoup à prendre de certaines pédagogies comme Montessori ou Freinet qui prennent en compte les rythmes de développement de l’enfant et leur envie d’apprendre et non les notes, ainsi que le tutorat entre enfants, ce qui correspond bien à la fameuse Fraternité.
Mon rêve serait que mes enfants (qui rentreront à l’école dans 2 ans) soient toujours heureux de découvrir leur environnement accompagnés par des professionnels soucieux de les laisser expérimenter et libres dans leur pratique, donc heureux d’être là ; que mes enfants gardent ce désir d’apprendre et de grandir …

 

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Je suis enseignante en maternelle.
Nous ne sommes pas formés à accueillir des enfants handicapés ou en très grande difficulté. Les AVS sont très utiles mais aussi peu formés au handicap.
Les ressources ne sont pas évidentes à trouver.
Certaines maladies nous sont inconnues. Nous n’avons plus les intervenants type Rased qui pouvaient être des personnes avec qui dialoguer.
Chacun est libre de sont enseignements mais les programmes ne sont pas toujours respectés. Donc on est dans un enseignement à deux vitesses : les enfants aidés à la maison car les parents sont préoccupés par l’éducation et les autres qui n’auront pas la chance d’avoir remplis les trous laissés par l’enseignant.
L’enseignement des langues est ridicule : du CP au CM2 on répète toujours la même chose chaque année (les chiffres, les couleurs, les jours de la semaine, comment t’appelles-tu ? et quel temps fait-il ?). Super ! Les enfants n’en peuvent plus et sont déjà dégoûtés des langues à 11 ans.
Il manque souvent une cohésion d’équipe dans les écoles. On travaille avec de l’humain sans réflexion. Je travaillais dans le médical auparavant où le travail en équipe était indispensable.
L’éducation nationale a oublié cette partie dans son programme pour les enseignants. Les formations sont des lieux d’échanges riches. Mais bien sûr bien trop rares. Il n’y a pas de médiateur de pensées dans les écoles (mis à par quelques enseignants moteurs et porteurs de réflexions).
Finalement, chacun sa pratique mais pas de changement de pratique dans un système qui ronronne….
Les personnes en formation  (professeur des écoles, étudiant en orthophonie, en psychomotricité ou en linguistique) sont aussi des éléments de retour sur la pratique. Ne faut-il pas un peu plus les imposer dans les écoles, dans toutes les classes ? Eux ont besoin d’un contact avec les enfants et les professeurs des écoles sont observés et questionnés. Ne peut-on pas imposer dans le statut de professeur des écoles d’être accueillant pour les stagiaires ?

  1. contributions des internautes