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Extraits des contributions au débat déposées par les internautes – 21 août 2012

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21 août 2012

Les contributions au débat déposées par les internautes sont systématiquement lues et leur contenu est transmis aux groupes de travail concernés. Nous publierons chaque semaine des extraits de ces contributions.

 

Les contributions au débat déposées par les internautes sont systématiquement lues et leur contenu est transmis aux groupes de travail concernés. Nous publierons chaque semaine des extraits de ces contributions.

 

Ma pratique du CDI m’amène à penser ceci. Pour que tous réussissent, tous doivent se sentir accueillis et reconnus. Une première urgence est de modifier le système d’évaluation : nous en sommes toujours à l’évaluation sommative même avec le livret personnel de compétences. On évalue si la connaissance ou la compétence est acquise et pas les progrès réalisés. Une deuxième urgence serait de redonner à l’erreur un statut positif. Permettre à l’élève de s’exprimer sans craindre de se tromper. J’ai expérimenté, en m’inspirant de la pratique d’Oscar Brénifier, par exemple, le « débat philosophique » mais aussi une certaine gestion de la classe qui permet de faire circuler la parole entre les élèves, de problématiser ce qui se dit. Et les résultats sur l’attention des élèves, leur mise en confiance sont très probants. Pour donner le meilleur d’eux-mêmes, les élèves, quel que soit leur « niveau », doivent trouver du sens à ce qu’on leur demande et sentir qu’ils ont des marges d’initiative et d’autonomie. Il faudrait redonner sa place au projet dans le cursus de l’élève et l’évaluer intelligemment. Pour penser, il faut avoir les mots et l’imaginaire. La lecture plaisir, de fictions ou de documentaires, est indispensable. Là, c’est sur les travaux de Serge Boimare que nous nous sommes appuyés avec des élèves de Segpa, notamment. Une pratique artistique plus intense devrait prévaloir au collège et ne pas disparaître au lycée. Pour que TOUS réussissent, toutes les formes d’intelligence et TOUS les métiers doivent être respectés : cesser de privilégier uniquement l’intelligence abstraite. Redonner sa place, au concret, au corps. Revenir à plus d’expérimentations, créer des ateliers au choix en cuisine, bricolage etc. et les évaluer avec autant de considération que les autres activités. Cesser de considérer la voie technologique comme une voie d’échec permettrait qu’en amont les élèves développent leurs compétences au lieu de se construire une image d’eux-mêmes de plus en plus négative.

Merci !

 

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Lorsque l’on parle de réussite scolaire, parle-t-on de résultats scolaires ou de comportement scolaire ? Ou bien des deux ? En d’autres termes, l’élève doit-il produire de bons résultats ou bien doit-il prendre conscience qu’il apprend et qu’il progresse ?

Il existe deux grandes catégories d’élèves : les élèves qui sont conformes au système et qui se « plient » à toutes ses exigences et ceux qui n’y voient pas leur intérêt. Ces derniers ont besoin qu’on leur explique plus en détail les enjeux liés à cette notion de réussite. Ils ne sont pas « scolaires »!

Aussi, il ne faut pas hésiter à employer plusieurs méthodes  pour leur permettre d’évoluer. Il faut très souvent avoir une démarche de projet et ne pas hésiter à lier les disciplines avant de commencer ou de renforcer des apprentissages systématiques. Il faut donner du sens à l’École et à ce qu’on y enseigne.

Pour les deux catégories d’élèves, la curiosité est le moteur le plus efficace pour réussir.

Aussi, leur donner la possibilité de questionner le monde en débutant une séance d’apprentissage par un centre d’intérêt lié à la question traitée est particulièrement important. Tout se joue bien souvent dans les premiers instants…

Les élèves ont envie de réussir. En tant qu’enseignante, je n’ai jamais vu un élève mécontent de réussir… Il faut toujours les évaluer positivement et ne jamais « entamer » l’image de soi car c’est trop lourd à porter par la suite. Ces élèves sont alors démobilisés et deviennent « ingérables » avec des difficultés comportementales.

L’adaptation au rythme d’apprentissage d’un élève est également très importante. Il faut, par moments, donner du temps et en prendre. Certains en ont besoin. Les temps d’apprentissage ne sont pas linéaires…

Enfin il faut travailler avec les parents. Une grande partie de la réussite est liée à la bonne communication avec eux et ceci dès le départ car sinon les non dits s’accumulent et des conflits s’en suivent. Il est donc nécessaire d’apprendre à communiquer !

 

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Le délégué national d’ATD Quart-Monde, Bruno Tardieu, propose une réflexion et un projet d’actions autour de la coresponsabilité entre parents, enseignants et élèves.

Une fois encore, il semble impératif de repenser de façon pragmatique, humaine et efficace la place, le rôle, les responsabilités des adultes ayant en charge l’éducation d’un enfant. En tant que directrice d’école, je propose à mon équipe de nous tourner vers cette démarche coopérative avec les familles pour lutter contre le décrochage scolaire des élèves, mais aussi de leurs parents. Ce sera l’objectif principal de notre nouveau Projet d’école 2012-2015. Le second sera l’accès à l’art, la culture et l’histoire de notre région pour tous les élèves de notre école maternelle.

Pour une scolarité réussie, il faut recréer du lien entre tous les partenaires éducatifs, rétablir des relations de respect et de confiance entre parents et enseignants et donner du sens aux apprentissages. Et tout ça commence dès la Maternelle…

 

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Je suis enseignant en mathématiques/sciences-physiques en lycée professionnel. Je trouve regrettable que les professeurs de lycée professionnel (PLP) des matières générales ne puissent pas demander leur mutation en collège à l’égal des certifiés, d’autant plus qu’il existe des classes de 3ème dans les lycées professionnels. En effet, les demandes des PLP sur des postes de collège passent après celles des certifiés ou agrégés. D’un point de vue professionnel, ouvrir les collèges aux PLP permettrait davantage de mobilité. Pourquoi ne pas prendre également appui sur les PLP pour introduire la bivalence, voir la trivalence en 6ème/5ème (par exemple un seul professeur pour le bloc scientifique maths/sciences/technologie) ? Cela permettrait aux élèves arrivant de l’école primaire d’avoir moins de professeurs, la rupture serait alors sans doute moins grande.

Pourquoi ne pas fusionner le corps des PLP avec celui des certifiés (au moins pour l’enseignement général), les PLP bivalents devenant des certifiés d’une discipline avec une mention complémentaire sur l’autre discipline (leur discipline principale étant celle de leur diplôme le plus élevé) ?

 

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Ce serait bien de se pencher très sérieusement sur la sectorisation des écoles et des collèges en fonction des adresses. Ce système est profondément injuste et ne permet pas la véritable mixité sociale qui devrait reposer sur des pourcentages d’enfants issus de certains quartiers. Chaque école ou collège devrait avoir un quota de 25% maximum d’élèves issus de milieux défavorisés. Les bus scolaires pourraient amener les élèves dans leur collège ou école. Les personnes vivant dans les beaux quartiers seraient eux aussi répartis dans d’autres collèges toujours selon le critère social.

En tant qu’institutrice je me vois au regret d’inscrire mon fils dans le privé car le collège de notre secteur faute de véritable mixité sociale est un ghetto dangereux ! Et il le restera tant que plus de la moitié des élèves seront issus des milieux défavorisés. Leur ouvrir les portes de grands collèges ou écoles c’est leur permettre de poursuivre une scolarité normale. Ainsi les dérogations n’existeraient plus car n’ayant aucune raison d’être, les tricheries d’adresses n’auraient plus d’importance car chaque année, les adresses seraient tirées au sort en fonction du critère social. Sinon les écoles et les collèges de riches existeront toujours et le grand père de tel élève, ancien directeur d’un haut institut pourra inscrire son petit fils dans un très bon collège de la capitale ou telle amie du maire aura son entrée imposée par l’académie dans la bonne école du quartier. Est-ce juste ?

 

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Mes deux jumelles sont des enfants dits « Enfants Intellectuellement Précoces » (EIP). Elles sont actuellement scolarisées dans le privé et rentrent en 5ème. Nous sommes à Paris et avons TOUT fait pour les maintenir dans le service public. Une de mes filles a fait une grave dépression en CE1 et je me suis « battue » pour faire comprendre son cas (directeur, enseignant et psychologue scolaire). Dans les meilleurs moments j’ai eu une écoute attentive, dans le pire de la défiance agressive.

Je vous supplie d’informer très rapidement TOUS les enseignants et psychologue scolaires sur l’existence de ces enfants et de leurs caractéristiques générales car il y a un manque flagrant de connaissance et une quantité d’idées reçues. Et dans un second temps appliquer les dispositifs de formation qui, je le pense, sont déjà prévus.

Dans le secteur privé, le déficit de connaissance est le même. La défiance est juste moins agressive et l’écoute un peu plus attentive… L’encadrement des enfants permet par contre un meilleur accompagnement personnalisé… Les EIP n’étant pas considérés comme handicapés, aucune des structures ou relais prévue ne peut fonctionner. Je précise que nous n’avons pas les moyens de maintenir nos enfants dans le privé… Cela sera très difficile…

 

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L’enseignement reste fondamentalement une question de transmission des savoirs. Transmettre ne peut se faire que sur la base d’un désir, d’un enthousiasme même. N’être pas intéressé ni motivé dans l’exercice de son métier ne permet évidemment pas la moindre dynamique de transmission.
Pour apporter quelque chose aux élèves, il faut aussi s’apporter quelque chose. Défricher les chemins dans lesquels on entraîne des générations entières.

C’est pourquoi la formation continue des enseignants et des personnels doit rester un élément majeur, une pièce maîtresse dans le cheminement de chaque enseignant. Apprendre toujours plus que ceux à qui l’on enseigne pour mieux leur enseigner, tel est, parmi d’autres, un sérieux vecteur de réussite.

Aussi, les précédentes politiques consistant à rogner les entreprises et initiatives de formation continue – lieux et occasions dans lesquels se retrouvent des enseignants parfois venus d’horizons différents – se sont révélées catastrophiques, propres à générer de l’insatisfaction et, pire, de l’aigreur, isolant chacun, chacune dans son lieu d’enseignement.

 

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Devenir enseignant ne peut s’apprendre en une année. Il est indispensable que les étudiants choisissant la voie du professorat soient confrontés à la réalité du terrain dès le début de leurs études, par des stages d’observation et de pratique en binôme avec le professeur titulaire qui les accueille.

Il faudrait également une formation assez poussée en psychologie de l’enfant et de l’adolescent afin d’éviter la confrontation et de désamorcer les situations de crise qui peuvent être très déstabilisantes en début de carrière.

 

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Il faut promouvoir le travail en équipe entre enseignants.

En tant qu’enseignant d’une matière professionnelle en BTS, il me semble que le travail en équipe entre enseignants est un facteur très positif pour la réussite des élèves : détection et remédiation du décrochage, pédagogie par projet, amélioration des pratiques par échange d’expérience, stimulation réciproque…

Pourtant, bien que cet avis soit partagé par la plupart des collègues, le passage à l’acte est difficile et après avoir beaucoup donné et essayé, je baisse un peu les bras aujourd’hui car l’essentiel se fait sur la base du volontariat qui n’est pas toujours au rendez-vous.

Pour que ce travail en équipe se généralise, il faut l’institutionnaliser : formation, moyens spécifiquement prévus (notamment temps et locaux), obligations concrètes, suivi et reconnaissance du travail effectué.

 

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Tous les enfants (élèves) ont droit à la réussite. Et nous tous éducateurs (parents et enseignants) avons le devoir de les aider à l’obtenir. La priorité des priorités n’est pas d’accumuler des connaissances mais de s’approprier des savoir-faire.

Chercher une solution nouvelle après avoir examiné les causes de l’échec scolaire, voilà ce que j’ai voulu quand j’enseignais.

J’ai observé les enfants qui fréquentent nos classes et j’ai pu dresser trois catégories :

- ceux qui appartiennent à un milieu familial intellectuellement riche et où on a le souci de l’éducation : ils s’expriment facilement dans un langage clair et presque correct ;

- ceux qui ont des parents peu instruits mais préoccupés d’éducation : ils manifestent une volonté qui leur permet de réaliser rapidement des progrès et d’améliorer leur langage ;

- ceux qui ne reçoivent aucun apport culturel dans leur entourage : livrés à eux-mêmes, ils ne trouvent aucune correspondance entre la famille et l’école. Leur niveau de langage est faible et ils viennent en classe sans motivation.

Deux grandes lacunes sont à combler pour les deux dernières catégories :

- un langage rudimentaire, approximatif, pauvre, entaché des défauts de la langue d’origine (argot, langue régionale ou nationale);

- aucune habitude du langage abstrait, du « maniement » des idées.

C’est donc des remèdes à ces deux faiblesses qu’il faut apporter.

Pour cela et je crois que c’est là l’essentiel il faut changer de méthode, suivre Alain qui ne voyait de progrès pour les élèves que dans la création.

Alors tournons-nous vers une pédagogie active, bannissons toute passivité, abandonnons ces exercices inutiles où l’élève est seulement invité à souligner, faire des croix ou des flèches
Une phrase créée vaut mieux qu’un exercice copié dans un livre.

Tournons-nous délibérément vers l’expression personnelle, orale et écrite.

 

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Je viens d’être admise sur la liste complémentaire du Centre d’Etudes et de Recherches pour la Petite Enfance.

Je crois aux valeurs de l’école et au  travail que doit fournir un enseignant. Le système sera juste et efficace si tous les moyens sont mis en œuvre pour les obtenir : humains et matériels ; ainsi que la formation.

Un professeur, qui travaille des dizaines d’heures par semaine à droit au respect. Le travail est passionnant, la justice et l’efficacité doit venir de chaque citoyen, il est impératif que tout le monde accepte ce statut de fonctionnaire d’état de professeur. Mais avant tout, c’est au professeur de créer cette justice et cette efficacité.

Autrement dit, il s’agit de revaloriser les « ZEP », de revaloriser les RASED (le personnel doit augmenter), de créer de nouvelles structures éducatives pour les quartiers défavorisés, de rouvrir, d’ouvrir des écoles et d’assurer la formation des professeurs. Etre efficace et juste, c’est former un citoyen responsable et respectueux de son prochain.

 

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Depuis vingt ans, les missions confiées à l’école se multiplient et se diversifient ; cette surcharge est l’une des causes du malaise des enseignants et des résultats décevants de l’institution. Pour « refonder » l’école, ne faudrait-il pas commencer par redéfinir précisément ces missions et les conditions qui permettront de les remplir ?

 

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Je souhaite voir l’utilisation d’outils de formation à distance qui, en complément de la formation en présentiel, permettent de donner les meilleures ressources aux personnels, de les mettre en activité sur des sujets. Je souhaite voir une formation qui ne soit plus descendante mais collaborative.

Alors que la grande part des personnels de l’éducation nationale est une grande utilisatrice des outils internet et informatique, l’institution a beaucoup de mal à prendre au sérieux ces moyens, ce qui n’est pas forcément le cas chez nos voisins européens. La tentation est forte d’attendre une véritable révolution dans la culture de notre grande maison.

 

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Le concours de recrutement actuel ne prend pas en compte la pratique dans l’évaluation aux concours et c’est bien dommage car bon nombre de candidats obtiennent le concours grâce à leurs connaissances universitaires et sont, devant leurs élèves, incapables de transmettre leur savoir !!!

 

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J’ai connu l’époque où la formation continue existait encore. Mais les stages proposés étaient décevants. On apprenait à appliquer une réforme qui tomberait vite aux oubliettes : mathématiques modernes, études surveillées. Par contre, quand j’ai voulu participer à une formation sur la dyslexie, tôlé général, ces stages étaient réservés aux maîtres spécialisés. Nous, les maîtres lambdas n’avions pas besoin de nous former sur la dyslexie. Pensez donc, nous n’avions pas besoin de savoir la détecter ni de connaître les outils pour aider les enfants qui en souffrent. J’avais repéré aussi certains enfants qui avaient d’étranges difficultés, qui arrivaient dans ma classe précédés d’une réputation de paresseux. Ils s’obstinaient à sauter des pages sur leurs cahiers, à ne pas apprendre leurs tables de multiplication. Jusqu’au jour où j’ai dû m’excuser auprès d’un enfant que j’accusais de ne pas étudier les fameuses tables. Je me suis rendue compte qu’il les connaissait parfaitement mais ne pouvait absolument pas remplir le tableau où il devait les restituer. Ce fut ma découverte de ce trouble, ce problème technique que je pressentais, dont je ne connus le nom que bien plus tard, la dyspraxie. Bien des années ont passé, mais force est de constater que sur le terrain, ce trouble est encore méconnu de nombreux collègues. Si elle ne prend pas en compte les troubles neurologiques des élèves, l’École les abîme et en fin de compte, plus les années passent, plus l’élève sera en difficulté, plus il sera difficile et coûteux de l’aider, sans parler des répercussions psychologiques désastreuses. Il ne doit plus y avoir quelques maîtres spécialisés qui s’occupent de l’enfant en difficulté une demi-heure par semaine mais tous les maîtres doivent être spécialisés à l’heure où on intègre des enfants à profils particuliers. Le maître « de base » doit pouvoir s’adapter à tous les types d’élèves mais ça passe par une formation de maître spécialisé pour tous.

 

  1. contributions des internautes