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Extraits des contributions au débat déposées par les internautes – 11 septembre 2012

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11 septembre 2012

 Les contributions au débat déposées par les internautes sont systématiquement lues et leur contenu est transmis aux groupes de travail concernés. Nous publierons chaque semaine des extraits de ces contributions.

 

Jeune professeur de sciences physiques (24 ans), je pense que la réussite de tous les élèves est possible. En effet, lors de mon année dans le 93, par le biais de démarches scientifiques ou d’investigation, j’ai pu constater que des élèves n’ayant pas validé d’items « théoriques » ont pu valider les items « pratiques ». Et même, ont pu aider les autres élèves à les valider.

Par ce coup de maestria, l’élève qui d’habitude est plutôt perturbateur se retrouve « explicateur » et donc maître de sa propre formation. Les élèves qui demandent le plus d’attention sont souvent les plus perturbateurs. De cette manière, ils ont, non pas l’attention du professeur, mais l’attention de leurs camarades (et c’est ce qu’ils recherchent le plus souvent lors de leur « spectacle »). Ce phénomène génère (souvent) une meilleure cohésion dans la classe car l’élève « en difficulté » se sent utile.

Lors de parties théoriques difficiles pour lui, il est aidé par ses camarades ; à l’inverse lors de parties pratiques qu’il maîtrise plus vite que les autres, il pourra expliquer aux autres à son tour. Ce qui crée, je pense, un équilibre dans la classe et permet d’intégrer un ou des élèves en difficulté.

Pour mettre en œuvre cela, le professeur doit être très vigilant aux progrès du ou des élèves en difficulté et ainsi promouvoir ses progrès devant la classe entière.

Pour conclure, je dirai que la meilleure des motivations pour un élève est de voir que son professeur est fier ou content de lui (il faut bien sûr le lui dire…). C’est en tout cas ce que j’ai pu observer cette année en Seine-Saint-Denis.

 

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Maman de deux enfants (entrés au lycée et au CP cette année), je ne comprends pas pourquoi nous nous obstinons à continuer un rythme scolaire de quatre journées, avec si peu de place aux activités artistiques et sportives. En dehors du temps scolaire, c’est le marathon pour les activités. Pourquoi ne pas s’inspirer de modèles qui fonctionnent : enseignement scolaire le matin et large choix de disciplines artistiques (du théâtre, l’apprentissage réel d’un instrument, sculpture, graphisme) et non plus des balbutiements qui, bien souvent, détournent les élèves au lieu de les captiver. Plus de place au sport également. Tout le monde ne peut être doué en sciences ou autre mais permettre à certains d’être valorisés  limiterait l’échec scolaire et la sensation d’être nul à l’École. Enfin, concernant l’apprentissage des langues étrangères, de grâce, il faut revoir…  Sous peine pour nos enfants de rester les bons Français qui ne maîtrisent que le français, et encore ! Pourquoi les Scandinaves, par exemple, sont-ils bilingues aussi jeunes ? Allons voir ailleurs ce qui se passe et n’hésitons pas à adopter ce qui porte ses fruits !

 

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Une remarque sur la question des rythmes scolaires : je suis mère de trois enfants, je travaille, je pratique la garde alternée avec le père dont j’ai divorcé, et je vis avec un autre homme qui ne voit ses enfants qu’un week-end sur deux.

Je pense qu’effectivement les journées et les rythmes d’apprentissage sont parfois trop lourds ; les programmes sont trop chargés, c’est certain. Cependant,  modifier les rythmes nécessiterait la mise en place de systèmes de garde, ou d’autres activités, afin que les enfants ne soient pas « dans la nature » une partie de l’après-midi.

Avoir des vacances moins longues et plus fréquentes me paraît être aussi une bonne solution.
Pour finir, le retour à la semaine de quatre jours et demi a été évoqué, attention avec le samedi matin : il faut penser aux parents séparés en garde non alternée, qui peuvent retrouver leurs enfants dès le vendredi soir et non seulement le samedi midi. Une soirée de plus et un vrai week-end, c’est appréciable quand on ne voit ses enfants que quatre jours par mois !

Merci à vous pour cet appel à contributions.

 

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Lors de la rentrée, la plupart des enfants sont pleins de bonne volonté, puis, premières leçons, premiers devoirs « à la maison », et là, patatras… Parce que la TV est allumée, parce que les petits jouent à côté, parce que maman est débordée, parce qu’il n’y a personne à la maison, le travail est mal fait, ou pas fait. S’en suivent, sanctions, mauvaises notes… La bonne volonté flanche.

Ma conviction profonde, découlant de mon expérience d’enseignante (en mathématiques) est que, pour une égalité des chances, tout le travail devrait être effectué en classe, au moins jusqu’à la fin de 5ème, en préparant les élèves au travail personnel.

Un élève se décourage vite mais s’il commence à progresser, s’il est suivi, encouragé, si le professeur a confiance en lui, le lui dit, le suit, l’aide, alors l’envie de réussir arrive et l’élève s’épanouit.
Sans doute faut-il repenser l’organisation de ses cours, mais pour un professeur, rien n’est plus passionnant que d’aider chaque élève à trouver la voie de SA réussite.

 

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1) En ce qui concerne la réussite scolaire pour tous, plusieurs risques selon moi existent actuellement :
- la confusion entre communication et signification : la manipulation des écrans électroniques n’est pas une fin en soi, mais un apprentissage au service de la pensée, de la réflexion ;
- la confusion entre individualisation et personnalisation des apprentissages : l’éducation à la coopération dans le travail s’avère nécessaire dans une société du chacun pour soi ;

- la performance comme seul indicateur de réussite, qui souvent angoisse l’élève et sa famille, avec le couperet des notes et de l’orientation par l’échec.

 
 2) Il m’apparaît comme important que l’École se fonde sur la coopération dans le travail, sur la mise en œuvre de projets et de situations de questionnement et de recherche, sur l’apprentissage du « travailler ensemble ». Cela passe par la réaffirmation de la valeur humaniste du savoir, par un  rapport coopérateur entre les élèves, comme condition de la réussite, non seulement dans les apprentissages, mais aussi en tant que futur citoyen du monde. 

 
3) Plusieurs domaines essentiels qui seraient au cœur de l’apprendre : les sciences et les mathématiques, les arts, la réflexion éthique, morale et philosophique. Apprendre à penser, apprendre à signifier et à savoir prendre en compte la pensée d’autrui. Là encore, une réflexion éthique, critique serait nécessaire à l’École en ce qui concerne la « magie » de l’information délivrée en un clic, que bien des élèves confondent avec la construction des idées et des savoirs. 

 

 

4) Enfin, il me semble que la pédagogie ne peut être considérée comme du seul ressort de chacun. Les méthodes et les pratiques ne sont jamais neutres, elles contiennent une conception du savoir et de l’apprenant, conception souvent implicite. Les élèves ont besoin de sens, de clarté, de repères sur la valeur des savoirs ; savoirs qu’ils doivent s’approprier en les vivant par démarches. D’où la revalorisation, selon moi nécessaire, du pédagogique.

 

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Pour tous les chefs d’établissement, dont j’ai l’honneur de faire partie, je crois pouvoir dire que la véritable évolution du système éducatif passe par une redéfinition des missions, services et obligations des personnels enseignants.

Car les changements de pratiques désormais souhaitées ne pourront pas s’ancrer durablement sans l’abandon de la référence du temps d’enseignement dans la comptabilité du temps d’exercice professionnel dans l’établissement.

Il convient, en effet, de comprendre qu’une présence accrue des personnels dégagerait des marges appréciables pour fixer des temps d’élaboration collective, des moments de prises en charge de groupes, la participation à des instances relégitimées – et au premier chef un véritable conseil pédagogique – et des temps d’enseignement qui ne soient plus des successions stériles d’heures de cours mais de véritables séquences interdisciplinaires de durée et de composition variables…

La construction des emplois du temps, cet étonnant anachronisme, en serait grandement simplifié.
On en profiterait également pour en finir avec cette aberration qui consiste à solliciter le volontariat des enseignants pour appliquer des politiques publiques (cf. tutorat au lycée, accompagnement éducatif…, mais aussi prise en charge des stagiaires, un comble !).

Un service composé d’un mix d’enseignement, d’un temps au service de l’établissement (x demi-journées) et de temps institutionnel pourrait par exemple constituer une piste de travail prometteuse. Il existe déjà des EPLE qui fonctionnent de la sorte ; sans doute faudrait-il se saisir de leur expérience.

Pour atteindre cet objectif de redéfinition des missions, l’abrogation du décret de 1950 et de ses produits dérivés est donc indispensable pour aérer l’organisation du temps des élèves et permettre la mise en place de réponses pédagogiques adaptées à leurs besoins. Tourner autour de ce non-dit sans vouloir s’en saisir est à l’évidence voué à l’échec. Car tout le monde le sait, c’est là LE principal obstacle à un véritable changement dans le second degré.

Ce débat semble malheureusement peu pris en compte dans ce qu’on peut lire dans les différents médias qui rapportent l’avancée du processus de « refondation ». Les membres des équipes ministérielles en perçoivent bien évidemment les risques d’orage sur la météo des salles des profs. Mais à esquiver cette problématique pourtant centrale dans les enjeux du système éducatif, on en restera à une politique simplement clientéliste faites d’effets d’annonce aux vertus, certes anesthésiantes, mais peu en phase avec les urgences du moment.
Du courage donc !

 

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Bonjour,

 
Je voudrais m’exprimer sur l’intérêt et le rôle de l’évaluation pratiquée à l’école.

J’ai une fille de 9 ans qui a vécu depuis son CP des périodes très critiques, notamment en lien avec la notation et les contrôles à l’école. Ceci notamment parce qu’elle est dyslexique et que la lecture et tout travail écrit la met automatiquement en difficulté.

En tant que parent j’ai pu constater, dès les permiers mois du CP, l’énorme pression que constitue le mode actuel d’évaluation et, en lien avec cela, le poids des programmes à appliquer intégralement !

Depuis le CP et malgré un changement d’école, nous voyons chaque année les évaluations apporter à notre fille leur lot de désillusions, ce qui influe très fortement sur sa motivation. Ses efforts ne lui apportent que peu de reconnaissance.

Cette situation est d’autant plus désolante pour notre fille qui a un bon potentiel verbal. En effet, malgré son bon niveau de vocabulaire, sa bonne expression orale et sa culture générale (reconnus par tous les enseignants) ses résultats via l’évaluation ne sont pas encourageants du tout.

J’aimerais souligner l’importance d’une meilleure information et sensibilisation des enseignants aux différents problèmes des enfants qu’ils soient neurologiques, psychologiques ou comportementaux.

Je voudrais que l’École soit capable de souligner le potentiel des enfants avant que de souligner leurs manquements en rouge !

J’aimerais ne plus entendre un enseignant me dire en fin d’année scolaire :

« La dyslexie, je ne sais pas ce que c’est ! »

Il règne encore dans les écoles, un diktat de l’ « effort ». L’effort dont le corollaire serait le résultat obtenu aux évaluations. Ainsi l’échec serait le pur produit du manque d’effort de l’élève !

L’ignorance ou la sous-estimation des difficultés de l’enfant est, à mon sens,  prédictive de l’échec scolaire. Car l’enfant incompris dans son fonctionnement et ses points faibles ne peut pas lutter ; il a perdu d’avance !

 

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Bonjour,

 
Je suis éducateur en prévention spécialisée (éduc’ de rue) et je suis souvent frappé par l’échec de la rencontre entre adolescent et adulte au collège. Ce lieu dans lequel les jeunes passent la plupart de leur temps ne dispose d’aucun espace de discussion et de partage avec les adultes.  Les professeurs semblent peu accessibles aux jeunes. Il est parfois surprenant de se rendre compte de ce qu’ils peuvent nous livrer sur les problèmes qu’ils rencontrent alors que nous les connaissons à peine et qu’ils passent toutes leurs journées au contact d’adultes avec lesquels ils ne parlent pas.

Il me semble que montrer de l’intérêt aux jeunes, à leurs vies et à leurs préoccupations serait le premier facteur de lien et éviterait certainement des gestes d’agressivité de la part des jeunes et des expulsions parfois prématurées de la part des collèges.

Cet objectif nécessiterait par contre une formation différente des enseignants et demanderait plus de temps de présence que les 18 heures actuelles.

Merci en tout cas pour ce site très bien fait. J’espère sincèrement que cette démarche débouchera sur une nouvelle vision de ce que peut être l’École.

 

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J’enseigne dans un collège et j’anime depuis 5 ans un projet de classes couleurs en 6e et 5e, ce qui nous a valu la visite de Canal+. Les gains en résultats positifs sont déjà très importants. Mais il manque des profs formés pour étendre le projet à tout un niveau. Dommage !

Ce qui doit changer pour « refonder » le collège et c’est très urgent !

Mettre les élèves au cœur des processus d’apprentissages et garder seulement l’essentiel des contenus démentiels des programmes actuels, ces programmes cumulant, avec la mise en place du socle commun, des objectifs de connaissance anciens et des objectifs nouveaux de compétences transversales. On a voulu faire du neuf avec du vieux et ça ne marche pas !

Recentrer l’enseignement sur des pratiques didactiques d’individualisation des apprentissages, c’est-à-dire passer plus de temps pour vérifier l’acquisition et la consolidation véritables des acquis (mettre les élèves en face de situations nouvelles et ne pas se contenter de faire des exercices d’application). On pourrait ainsi construire les nouvelles compétences sur du « dur » au lieu de se lancer dans une course éperdue derrière des programmes que, de toute façon, on ne peut jamais finir vu les charges nouvelles de travail (13/18 Questions de justice, visite du TGI, sécurité routière, stages des élèves, voyage à l’étranger …). Faire mal son travail équivaut à ne rien faire et c’est très grave pour l’avenir de nos élèves.

Si cette pédagogie différenciée est bien mise en pratique dans le cadre des enseignements disciplinaires et transdisciplinaires, elle se chargera des élèves en difficulté qui n’auront plus besoin de soutien ou de remédiation. On libérera du temps pour s’occuper des élèves en échec scolaire qui en ont bien besoin, la méthode aujourd’hui étant de les exclure du collège pour les « refiler » à un autre collège qui en fera autant !

Je pratique depuis plusieurs années le travail en sous-groupes de pairs. C’est un puissant levier pour transformer une ambiance de classe (la « classe-ruche » bourdonnante), et pour remotiver des élèves décrocheurs. Dans cette configuration de travail, la classe devient une vraie « Samaritaine » où comme le disait la publicité « il se passe toujours quelque chose de nouveau », et le nouveau, les élèves adorent !

Voilà donc les principales remarques que je voulais communiquer à la commission de refondation de l’École. Elles tirent leur authenticité du fait qu’elles sont issues de  ma longue expérience du terrain scolaire. Espérons que ce terrain va devenir beaucoup plus fertile et que de belles récoltes pourront être moissonnées !     

 

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Je suis directeur de SEGPA. Je sais que depuis quelques années de moins en moins d’élèves sont orientés en SEGPA. Pourtant, je pense que la SEGPA, de par ses personnels formés en enseignement général et en enseignement professionnel pour la prise en charge de ces élèves en difficulté(s) obtient de bons résultats et aide à la remotivation de beaucoup d’adolescents qui  auraient peut-être abandonné. Je ne pense pas qu’un adolescent ayant des difficultés puisse mieux réussir en collège qu’en SEGPA. Les commissions départementales d’orientation vers les enseignements adaptés du second degré (CDOEASD) demandent qu’un élève ait redoublé pour pouvoir venir en SEGPA. D’autre part, d’autres textes disent que le redoublement n’est pas utile. Des élèves, parfois en grande difficulté donc, ne redoublent plus et vont donc en 6e ordinaire. Il n’est plus rare que des parents appellent pour demander l’orientation de leur enfant, qui ne suit pas, qui est démotivé, en SEGPA. Je crois qu’il serait bien de tenir compte des élèves qui n’ont certes pas redoublé mais sont en échec scolaire depuis parfois le CP. Sinon, ils doivent encore redoubler la 6e avant de pouvoir venir en SEGPA. Après avis de l’orientation de la CDOEASD d’un élève en SEGPA, les parents peuvent refuser cette orientation. Je connais des parents qui auraient aimé pouvoir refuser l’orientation de leur enfant en 6e de collège mais cela ne semble pas possible. Pour moi, il vaut mieux qu’un élève réussisse en SEGPA que d’être parfois en échec durant quatre ans en collège. Un élève qui réussit, qui progresse, c’est un élève qui n’abandonne pas.

 

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Pour refonder l’École, il faut refonder sa façon d’enseigner. Elle est actuellement construite pour les 30 % des élèves qui y réussissent bien mais est un immense gâchis pour les autres. 
La pédagogie actuelle est trop élitiste, basée sur la sélection des meilleurs. Elle favorise seulement certaines formes d’intelligence et diminue l’estime de soi qu’ont ceux qui sont différents.
La pédagogie doit être positive c’est-à-dire valoriser les réussites et les progressions.

Elle doit d’abord comprendre comment fonctionne intellectuellement chaque élève pour valoriser ses formes d’intelligence et les développer.  Elle doit donc être plus personnalisée.

Elle doit être plus active à l’instar des TPE ou des enseignements d’exploration.
Elle doit d’abord s’appuyer sur des sujets, des thèmes, des préoccupations… contemporains que rencontrent les jeunes, la société, pour ensuite les recadrer dans des règles, des textes, des connaissances plus générales.

Elle doit donner du sens, créer des liens, être transversale. Elle doit permettre aux jeunes de trouver le sens de leurs actions, la motivation profonde qui leur permettra de s’impliquer positivement dans la société et dans l’intérêt général. 

Elle doit amener les élèves à s’intéresser au monde qui les entoure et dans lequel ils auront à évoluer professionnellement et personnellement. 

Au pays de Freinet et de la Révolution française, comment a-t-on pu mettre en place une autre pédagogie qui rend nos élèves malheureux et leurs parents stressés ?

C’est là, la véritable révolution culturelle  qui permettra de refonder l’École.

 

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Je suis enseignant en CLIS. Je me rends compte chaque année que beaucoup de collègues ne connaissent pas les structures de l’enseignement spécialisé. Ils se trouvent rapidement en difficultés et esseulés quand ils sont en présence d’élèves en situation de handicap. Cela leur fait peur, ce qui est plutôt naturel car cela engendre beaucoup de difficultés dans leur quotidien et dans la gestion de leur classe.

Il manque aux enseignants une réelle formation dans ce domaine ! La possibilité d’échanger et d’analyser sur des situations difficiles est nécessaire. Travailler avec des AVS dans sa classe n’est pas toujours évident, surtout quand ces personnes pleines de bonne volonté, ne sont pas formées ou leurs contrats non-renouvelés après plusieurs années d’accompagnement d’un enfant ou d’un groupe d’enfants. Le travail des AVS ne semble pas reconnu et valorisé à leurs justes efforts et engagement.

Dans ce métier, tous les enseignants sont un jour confrontés à des difficultés face au handicap ou à la très grande difficulté scolaire. Le temps de travail pour appréhender au mieux ces difficultés et mieux aider les élèves à apprendre malgré leur handicap, les recherches personnelles ou les discussions avec d’autres personnes pour comprendre et adapter ses pratiques, pour rencontrer les intervenants extérieurs qui agissent autour de ces élèves, ne semble pas être réellement pris en compte par l’institution.

Certes, les enseignants sont sous-payés (et on ne cracherait pas sur une augmentation), mais il semble autour de moi que la priorité serait d’avoir plus de temps de concertation, des collègues spécialisés du RASED présents sur des secteurs moins élargis, des classes moins chargées ; en bref, des conditions de travail plus agréables.

 

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Alors que des conseils généraux ont dotés les élèves des collèges de PC ont peut s’interroger sur la raison du peu de développement de l’utilisation du numérique à l’École, par exemple :
- pour remplacer les manuels scolaires par des cours et exercices numérisés (produits par les meilleurs enseignants rédacteurs de manuels et « animés » par les professionnels dont notre pays regorge), d’où une réduction des coûts et une bonne action pour la planète ;

- pour évaluer fréquemment  les progrès des élèves, et à moindre coût (le concours de médecine n’est-t-il pas basé essentiellement  sur un quiz ?), d’où un meilleur suivi des résultats et des performances des enseignants (et de leurs besoins en formation) ;

 - pour permettre aux élèves d’interagir sur chaque cours en listant leurs points d’incompréhension ou leurs suggestions de clarification ou d’enrichissement…

Les enseignants (et les élèves) sont à mon sens très à l’aise aujourd’hui avec l’informatique.

 

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Pendant mes années collège, de 1968 à 1972, une expérimentation a été menée pour contribuer à la réussite scolaire pour tous. J’étais élève, mais je me souviens de certains éléments importants : en français et maths, nous étions répartis en fonction de notre niveau scolaire et les effectifs et les horaires d’enseignements étaient différents. Les élèves performants étaient nombreux dans une classe, avec un horaire allégé. Les élèves en difficulté étaient en petit groupe (15 environ) avec un enseignant et bénéficiaient d’heures complémentaires. Un même élève pouvait être dans des niveaux différents en français et en maths. Le reste de matières était enseigné dans des groupes classes hétérogènes. Je me suis toujours interrogée sur la raison pour laquelle je n’avais plus jamais entendu parler de cette organisation, qui semblait donner des bons résultats, sans être plus coûteuse en personnel.

 

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L’École forme les citoyens de demain, or les défis à relever sont : changer de modèle énergétique (transports, chauffage,  électricité…), stopper la perte de biodiversité, ralentir et s’adapter au changement climatique… Notre École n’apporte pas vraiment les éléments qui permettront à la France de rester longtemps un pays avancé. Il faut, dès aujourd’hui, éduquer notre population, faire évoluer nos modes de vie, manières de consommer, de produire…

Certes l’éducation au développement durable est active dans certains établissements, mais il doit sortir de la marge, et être au cœur de notre enseignement, au quotidien. Réduire les gaspillages, produire mieux, plus localement, utiliser les ressources renouvelables, être plus solidaires (national et international), donner du temps à la famille, aux individus pour se rencontrer, consommer moins mais mieux… Les défis à relever sont nombreux et les solutions multiformes, en fonction des territoires, des populations…

Le changement doit être dans nos programmes d’enseignement (ça a déjà commencé en SVT et en géographie), les exemples choisis, la gestion des établissements, avec l’aide des élèves et de leur famille – projets sur l’établissement, la commune –. Nous sommes TOUS concernés : IGEN, IA (écriture des programmes, orientation + formation), enseignants, élèves et familles, afin d’amener leur impulsion et leurs compétences, gestionnaires, personnels ATOS…
Ce travail doit être organisé, sur une base d’un coordonnateur développement durable pour 1000 élèves, POUR faire descendre l’information, organiser l’éducation au développement durable + projets, gestes, indicateurs et assurer leur suivi, + faire remonter les idées intelligentes à mutualiser – académie, MEN –. En accompagnant et soutenant tous les acteurs cités, les solutions durables existantes et les nouvelles idées seront généralisées. Les élèves en seront les promoteurs dans leur environnement… 

PS : Les économies réalisées devraient permettre assez facilement de financer le coût de leur travail (aucun chiffre mais une solide expérience personnelle).

  1. contributions des internautes