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3 questions à François Momboisse

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4 septembre 2012

François Momboisse est depuis 2002 Président de la Fevad (fédération du e-commerce et de la vente à distance). Âgé de 55 ans, il est diplômé de l’École Polytechnique et MBA de l’INSEAD.

Il passe les 18 premières années de sa carrière dans des sociétés anglo-saxonnes: Procter & Gamble de 1981 à 1992, puis Benckiser de 1992 à 2000, où il sera Directeur Général Belgique puis Président Directeur Général France. En 2001, il rejoint la Fnac où il restera 12 ans, successivement Directeur Général de Fnac Eveil & Jeux, Directeur de Fnacmusic, Directeur du développement de fnac.com, France puis International, et enfin Directeur des Relations Institutionnelles.

 

Vous avez accepté de présider le groupe de travail « Un système éducatif juste et efficace » : qu’est-ce qui a motivé votre décision ?

 

J’avais travaillé il y a six mois au sein du Conseil national du Numérique à un rapport (http://www.cnnumerique.fr/avis10/) sur le numérique à l’école, dans lequel nous avions vu un enjeu majeur pour l’égalité des chances. Quand l’occasion s’est donc présentée de passer de la rédaction d’un rapport à des recommandations plus concrètes, j’ai été intéressé. Et quand le « numérique » a été englobé dans la problématique plus large d’ « un système éducatif juste et efficace », j’ai pensé que c’était cohérent et je ne pouvais plus refuser.

Je suis très choqué par le fait que près d’un élève sur cinq est en difficulté de lecture et de calcul à l’entrée en 6e : il me semble qu’au-delà du monde de l’éducation, c’est la société française toute entière qui est concernée par ce chiffre dramatique, et nous devons tout faire pour qu’il baisse.

 

Vous venez du monde de l’entreprise. Comment se passe le travail avec un groupe majoritairement composé d’acteurs du monde de l’éducation ?

 

Pour l’instant très bien! Il est vrai que les acteurs du monde de l’éducation, tout comme ceux du monde de l’entreprise, ont leur langage propre (dont une forte propension à l’usage d’acronymes..) auquel je dois m’habituer. Mais ce milieu ne m’est pas tout à fait étranger, puisque je suis issu d’une famille d’enseignants.

Et surtout, au-delà de leur appartenance au monde de l’éducation, ce qui réunit les acteurs du groupe, c’est leur passion commune pour le sujet, et leur motivation pour formuler des propositions qui améliorent l’existant, pour que notre système éducatif soit demain plus juste et plus efficace qu’aujourd’hui.

 

Quelle importance accordez-vous à l’utilisation du numérique à l’École ? Quel va être le rôle de votre rapport ? Pensez-vous que notre pays est en retard sur ce plan ?

 

Je pense d’abord que le numérique est une véritable révolution, qui est en train de bouleverser toute notre société dans des proportions que personne n’est capable d’imaginer. On avait parlé il y a 10 ans de « nouvelle économie » à propos du numérique, limitant la nouveauté à la seule économie. Aujourd’hui, on parle d’une révolution mondiale de la transmission du savoir, semblable à ce qu’ont apporté l’écriture puis l’imprimerie.

Il est donc évident que l’École, lieu de transmission du savoir, va être affectée par ce bouleversement, et d’ailleurs elle l’est déjà : d’abord les élèves, et de plus en plus jeunes, baignent dans un monde numérique ; et puis surtout le numérique est déjà utilisé en pratique dans bien des écoles en France.

Le rôle du rapport va donc être d’essayer de répondre à deux questions : comment former les enfants à l’utilisation du numérique, qui sera une partie intégrante de leur vie d’adulte ? et comment utiliser au mieux les technologies numériques pour améliorer la pédagogie, pour rendre notre système éducatif plus efficace ?

Si nous nous comparons à nos voisins, nous retrouvons en gros le même phénomène que pour les autres indicateurs numériques, la France vient juste après les pays scandinaves, le Bénélux et la Grande-Bretagne, qui utilisent beaucoup plus le numérique que nous, que ce soit dans la vie quotidienne ou à l’école. Et un zoom par type d’établissement montre que c’est surtout dans le 1er degré que nous souffrons de retard. Mais, comme je l’ai dit, les innombrables expériences où des enseignants utilisent aujourd’hui le numérique pour échanger, discuter, expérimenter, améliorer leurs pratiques pédagogiques, me rendent très confiant sur notre capacité à mettre le numérique au service de notre ambition pour l’École.

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