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3 questions à Catherine Moisan

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25 septembre 2012

Inspectrice générale de l’éducation nationale et co-rapporteur des deux rapports sur le suivi de la réforme des lycées, Catherine Moisan a dirigé les affaires scolaires de la Ville et du Département de Paris de 2001 à 2009 et a fait partie du cabinet de plusieurs ministres de l’éducation nationale, dont Alain Savary et Lionel Jospin. Dans le cadre de la concertation, elle est rapporteur de l’atelier « le lycée de la réussite ».

 

 

1 – Le lycée propose-t-il, dans son fonctionnement actuel, des parcours cohérents favorisant la réussite de tous les élèves ?

 

Le lycée, ou plutôt les lycées, proposent aujourd’hui des filières (voies et séries) qui ne sont pas des parcours. Ces filières sont hiérarchisées et les changements de série ou de voie s’effectuent par des passerelles qui « descendent » cette hiérarchie. Si le taux de passage de seconde générale et technologique dans la voie professionnelle est de 4%, il est maintenant quasi nul dans l’autre sens. La prégnance de cette hiérarchie a deux conséquences.

Tout d’abord, elle provoque un gâchis de talents en ne prenant pas en compte plusieurs formes d’excellence. Notre système est en noir et blanc, il serait temps de passer à la couleur !

Ensuite, elle accentue les disparités sociales et les inégalités d’accès à la réussite.

 

 

2 – Que pensez-vous du déséquilibre existant, au sein de la voie générale, au profit de la série scientifique ?

 

Il faudrait d’abord cesser de raisonner au sein de trois voies nettement séparées : professionnelle, technologique et générale. Il s’agit plutôt de deux voies : l’une professionnelle dont la finalité est l’insertion sans fermer la possibilité des poursuites d’études, l’autre générale et technologique avec une finalité de poursuite d’études dans l’enseignement supérieur.

Au sein de cette voie, la série S est effectivement dominante, un tiers des élèves de seconde passent en première S. C’est la série des « bons élèves », celle qui « ouvre toutes les portes », et de nombreux bacheliers S ne poursuivent pas des études scientifiques. Or, nous avons besoin de scientifiques et c’est par une politique volontariste de revalorisation de l’image des séries STL et STI2D que nous y arriverons. Accéder à des connaissances et des compétences scientifiques peut se faire par une approche technologique. Là encore, nous gâchons des talents.

 

 

3 – Quelles sont les pistes pour améliorer l’articulation du lycée avec l’enseignement supérieur, et notamment pour que les élèves issus des voies technologique et professionnelle y trouvent davantage leur place ?

 

De nombreuses expériences de collaboration entre des lycées et des institutions d’enseignement supérieur existent déjà, notamment les « cordées de la réussite ». Mais ces initiatives sont parfois réservées à un trop petit nombre de lycéens. Elle concernent majoritairement le « post bac » scolaire (BTS, CPGE) ou les grandes écoles, elles sont beaucoup plus rares avec les universités.

La première priorité doit donc concerner les universités où l’adaptation à des études moins encadrées qu’au lycée et basées sur le travail personnel et autonome est souvent difficile pour les nouveaux bacheliers.

L’enseignement supérieur (y compris scolaire) a une forte responsabilité dans la hiérarchisation des séries. La solution des quotas est difficile à mettre en place. Il faut sans doute commencer par clarifier et rendre lisible les finalités des séries et cesser par exemple de considérer que les séries technologiques et la voie professionnelle ont la même finalité, ou que les finalités des séries générales et technologiques sont différentes en terme de poursuite d’études.

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